Warning: array_shift() expects parameter 1 to be array, boolean given in /htdocs/public/www/config/ecran_securite.php on line 283 Cézallier: le patrimoine de la vallée de la Sianne en Auvergne (Cantal/Haute-Loire)
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Patrimoine Les Activités
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Les Palhs

Malgr l’envahissement par la vgtation sauvage et l’extension de la fort par marcottage naturel, une observation prcise des palhs est rendue possible, principalement la sortie de l’hiver. Lorsque le soleil ne rencontre plus l’obstacle du feuillage, les palhs offrent l’œil nu leurs tages sinueux et leur couleur qui se dtachent sur le tapis dor des feuilles mortes.

PAYSAGES HUMANISES
Palhs : une valle se couvre de terrasses
Palhs : une valle se couvre de terrasses

Situe dans le Cantal et sur quelques kilomtres en Haute-Loire, la valle de la Sianne coince entre les deux plateaux de la Planze et du Czallier correspond ces territoires trs accidents appels les pays coups. La valle prsentait une terre peu propice aux activits humaines, mais toutes les poques les populations ont su tirer profit du sol et du climat. Les pentes ont t couvertes de terrasses pour la culture de la vigne.

Lorsque la population tait son maximum dans la partie la plus large de la valle de la Sianne, savoir autour du bourg d’Auriac (devenu par dcret Auriac-l’Eglise en Juillet 1918) toutes les entits paysagres ont t utilises pour une production agricole la plus rationnelle possible o chaque parcelle fut utilise. Cette appropriation de l’espace a laiss des traces sur le paysage. La pierre sche est le meilleur tmoin de cette activit humaine.

Abandonnes depuis le milieu du 20me sicle, les palhs, nom local en occitan donn pour parler des terrasses agricoles en pierres sches dans le Pays de Massiac, s’chelonnent de la dpartementale 20 qui serpente au fond de la valle de la Sianne et presque jusqu’ la crte des collines sur plus de 10 kilomtres, d’Auriac l’Eglise (Cantal) au Babory de Blesle (Haute-Loire). Les innombrables murettes dont certaines s’allongent sur plus de 100 mtres, frappent par l’impression d’unit, rsultat d’un travail parfaitement ordonnanc durant des dcennies.

Elles ont encore fire allure ces palhs. Lors de leur construction au 19me sicle, les paysans btisseurs de la Valle ont respect les courbes et les formes des terrains gagner, amnags des murets de diffrentes hauteurs en tenant compte des rochers, aligns des sparations dans le sens de la pente, prvus des chemins de traverse, construits des cabanes.
Ils ont ctoy les prospecteurs et les mineurs qui ont ouvert par endroit des bouches bantes pour la recherche de 

l’antimoine. Une dizaine de tunnels sont encore visibles au milieu des terrasses. Un autre aspect de la mmoire du travail en milieu rural.

Malgr l’envahissement par la vgtation sauvage et l’extension de la fort par marcottage naturel, une observation prcise des centaines de terrasses est rendue possible, principalement la sortie de l’hiver. Lorsque le soleil ne rencontre plus l’obstacle du feuillage, les palhs offrent l’oeil nu leurs tages sinueux et leur couleur due la pierre de basalte qui se dtachent sur le tapis dor des feuilles mortes.

CONQUETE DE LA TERRE
Terrasses agricoles par centaines
Terrasses agricoles par centaines

Sur le versant expos au soleil, l’abris du vent froid du nord, la Valle de la Sianne garde encore ses anciennes terrasses,les palhs. De La Croze (Auriac-l’Eglise) Blesle, elles divisent tout un flanc de pentes schisteuses autrefois couvertes de vigne.

Palhs face au bourg d’Auriac-l’Eglise (annes 60)

On imagine difficilement aujourd’hui les rudes travaux que les paysans btisseurs durent livrer pour diviser des hectares de ctes, lever muraille sur muraille, transporter les pierres, apporter la terre, les fumiers pour les engraisser.

La construction des pahls a entran des efforts considrables de la part des habitants des villages du fond de valle. Mais la main d’oeuvre tait importante. La Croze, Auriac, Riol et Chazelle bnficiaient alors d’une occupation maximum. Au recensement de 1836, la commune d’Auriac-l’Eglise comptait 1036 habitants et encore 712 en 1901. On pouvait donc occuper tous les bras disponibles pour mettre en valeur ces nouvelles terres, alors au comble du morcellement.

Abandonnes depuis le milieu du 20me sicle, les palhs s’chelonnent de la dpartementale et presque jusqu’ la crte des collines sur plus de 10 kilomtres.

Malgr l’envahissement par la vgtation sauvage et l’extension de la fort par marcottage naturel, une observation prcise des palhs est rendue possible, principalement la sortie de l’hiver. Lorsque le soleil ne rencontre plus l’obstacle du feuillage, les palhs offrent l’oeil nu leurs tages sinueux et leur couleur qui se dtachent sur le tapis dor des feuilles mortes.

Elles ont encore fire allure ces palhs. Lors de leur construction au 19me sicle, les paysans btisseurs de la Valle ont respect les courbes et les formes des terrains gagner, amnags des murets de diffrentes hauteurs en tenant compte des rochers, aligns des sparations dans le sens de la pente, prvus des chemins de traverse, construits des cabanes.
Ils ont ctoy les prospecteurs et les mineurs qui ont ouvert par endroit des bouches bantes pour la recherche de l’Antimoine. Une dizaine de tunnels sont encore visibles au milieu des terrasses.
Les innombrables murettes dont certaines s’allongent sur plus de 100 mtres, frappent par l’impression d’unit, rsultat d’un travail parfaitement ordonnanc.

Le principal objectif tait de gagner sur la montagne le maximum d’espace afin d’y dvelopper la culture de la vigne.

L’ART DU MUR
Des murets en pierre sche
Des murets en pierre sche

L’enterrassement de tout un versant de la Valle de la Sianne a donn des rsultats particulirement fonctionnels. Tout contribuait faire des palhs une russite architecturale rationnelle.

Les terrains cultivables obtenus taient pratiquement horizontaux, les terres n’taient pas entranes lors des orages. La terre retenue par les murets maintenait l’humidit et l’effet d’abri obtenu tait renforc par la restitution de la chaleur emmagasine pendant les chaudes heures d’ensoleillement. Tout contribuait faire des palhs une russite.

Les murets ne sont pas trs hauts, l,5Om 2m en moyenne, 0,50 m sur certains terrains en pente douce. Au plus bas des parcelles, les murailles sont d’une qualit d’excution suprieure. La largeur de la plate bande cultivable est lie en fonction de l’inclinaison de la pente : trois mtres prs du fond de valle plus de dix mtres vers les hauteurs.

Pour augmenter la solidit, les murets taient lgrement inclins vers l’intrieur. De nombreux murs taient surmonts de grosses pierres plates alignes verticalement les unes derrires les autres formant ainsi une sorte de garde-corps visuel matrialisant la limite du vide.


CIRCULER ET TRAVAILLER
Les accs aux terrasses
Les accs aux terrasses

Diffrents moyens d’accs aux terrasses correspondaient divers modes de transports. Il fallait en effet concilier avec l’conomie de la terre et les ctes abruptes : traverseiras, tranchadas, chareiras formaient un important rseau pour circuler de terrasses en terrasses..

Les traverseiras

Pour circuler sur le rseau organis des parcelles de palhs, des chemins longent les murs. Leurs fonctions sont galement de freiner l’eau de pluie, vitant ainsi que la terre soit entrane vers le bas des parcelles.

Les tranchadas

Les tranchadas taient essentielles dans la culture de vigne en terrasse. Si l’on voulait diriger l’eau vers le bas il tait impratif de construire des tranchadas. Le plus souvent il s’agissait d’une ligne droite suivant la pente, partant des plus hautes parcelles cultives pour aller jusqu’en bas. La largeur de ces fosss s’accentuait du haut vers le bas.

Le dsintrt progressif des palhas depuis un demi sicle a engendr la disparition de ces rseaux d’vacuation de l’eau. Avec eux, ce sont toutes les techniques de construction et les rgles d’utilisation qui disparaissent et rendent encore plus difficile la comprhension de l’utilisation des terrasses.
Nanmoins, plusieurs exemples sont encore visibles sur les parcelles des ctes du vignal La Croze et sur celles d’Auriac et de Riol.

Les tranchadas servaient aussi de limite entre deux parcelles. Les murs taient monts avec la pierre issue du fouillage du sol. Ces murs jouaient galement un rle de soutnement des palhas. En cas de travaux d’entretien, ce sont les utilisateurs des palhas riveraines du canal qui formaient une quipe de nettoyage. Au printemps, priode de labourage, la tranchada devait tre oprationnelle.

Les charreiras

Une chareira est un chemin assez large pour que les chars puissent circuler et qui monte rgulirement selon une ligne droite en diagonale avec peu de lacets pour viter les renversements des chars.. Dans les cotes de vigne, elle tait soutenue en aval par un mur ne dpassant pas du sol et en amont par un autre pour que la terre du palhas ne s’boule pas (exemple sur la cte de Ferrire entre le camping de Blesle et le hameau de Vazeille).

Ces chemins avaient aussi comme fonction de relier les villages. En traversant les groupements de vignes, les paysans vignerons du fond de valle en tiraient partie aussi.
Une charreira pouvait aussi tre creuse mme la roche. Dans ce cas elle ne dpassait gure les deux mtres de large permettant uniquement le passage d’un seul char (bel exemple sur la cte de la Devse la sortie du hameau de Chazelles).

Pour raparer les murets abims, ont faisait notamment appel dans le premier quart du XXme sicle Joseph Jumel, un habile artisan maon qui habitait Auriac-Bas. Il s’y rendait avec son petit matriel protg par le traditionnel tablier bleu larges poches ventrales, avec son cordeau et ses marteaux.

EMPIERREMENTS RUDIMENTAIRES
Les cabanes de vigne sur les terrasses
Les cabanes de vigne sur les terrasses

Sur de nombreuses terrasses les traces de cabanes biens construites ou de simples trous sont encore visibles. Elles racontent l’utilisation ardue de la terre par des gnrations de paysans-vignerons.

Dans le fond de la valle de la Sianne on observe encore de petites constructions situes aux pieds des terrasses autrefois exploites pour la vigne. Trois spcimens sont visibles depuis la route dpartementale. L’une est situe prs du hameau de Riol et a bnfici rcemment d’une restauration, l’autre en ruine est implante au hameau de La Croze. Ces deux maisonnettes sont sur le territoire de la commune d’Auriac-l’Eglise. Une autre maison de vigne est accole au rocher sur la base des anciens palhs de Ferrire-bas sur la commune de Blesle.
Le rez-de-chausse de ces cabanes de vignes en terrasse tait accessible par une porte expose au sud. L’tage, accessible par une chelle de meunier, tait habitable. Une cabane est galement toujours en place sur un palhs prs du ruisseau de l’glise
Inutilises depuis des dcennies, ces petites maisons, restent les tmoins de l’activit vinicole de la valle autrefois.

Les trous dans les murs des terrasses

Sur l’ensemble des palhs il existe aussi un autre systme d’abri trs rpandu ; les trous qui font partie de la masse des murs en pierre sche. Suivant la taille et la forme de ces trous, l’abri tait prvu pour les travailleurs, les outils ou encore pour abriter une source.
On trouve encore ces vestiges en grande quantit sur les palhas. Les trous situs dans la partie suprieure des terrasses ont une largeur moyenne d’un mtre sur autant de profondeur. Ils sont creuss le plus souvent dans la roche, vitant ainsi la construction d’un morceau de mur pour soutenir la terre.

La plupart de ces trous sont en ruine, mais on peut se faire une ide de la faon dont ils taient recouverts. La plus courante consistait poser de grandes dalles de pierre dans le sens de la largeur. L’autre technique qui semble avoir t la plus rpandue sur les palhas de la valle de la Sianne comprenait une charpente sommaire un pan, cale dans le mur de soutnement et recouverte de tuiles-canal. A l’intrieur le seul amnagement, quand il y en avait un, se rsumait une banquette (exemple visible Serre-bas).

La cabane rustique

On trouvait galement des cabanes plus 

grandes et mieux amnages, une forme intermdiaire entre le simple trou et la cabane maonne, mais toujours de faible hauteur. Un bel exemple subsiste sur le palhas de la Routisse prs du hameau de la Croze.

La cabane du palhs de la Routisse, sur le bord du bois des chvres prs a t construite par Jules Pelissier, paysan vigneron de La Croze la fin du 19me sicle. Adosse la roche de l’homme, elle est largement ouverte sur la terrasse. Elle possde une petite fentre offrant un aperu sur la dpartementale en contrebas. Au fond de la cabane, existe toujours une surprenante chemine o le pre Jules brulait les sarments de vigne. La couverture en lauze lui a permis d’arriver jusqu’ nous et de rsister au temps.

Les cabanons en bois

L o il n’y avait pas de cabane en pierre, la solution consistait implanter sur le palhs un cabanon en planches pour y stocker les outils et les objets de portage. On trouve encore ce type de cabanon sur le palhs du rocher de la rose (Lair) et sur le palhs de Chadeire prs de Chazelle.

ECONOMISER LA TERRE
Les escaliers d’accs aux terrasses
Les escaliers d’accs aux terrasses

Les escaliers permettaient l’accs aux terrasses. Ils sont encore nombreux sur les Palhs de la valle de la Sianne, preuve d’une extraordinaire rsistance au temps.


L’escalier juxtapos

La forme d’escalier la plus visible sur les palhs de la valle de la Sianne est celle qui n’est pas encastre mais juxtapose en avant du mur de soutnement. Pour sa construction deux mthodes taient envisageables. Un second monticule de pierres, long de deux mtres en avant du paret contenait l’escalier. Parfois, on s’aperoit que pour conomiser les pierres, donc du travail, le mur de soutnement tait partag en deux et une partie tait construite au devant de l’autre, sur environ deux mtres de long. Entre les deux, on plaait l’escalier.

L’escalier "rampe encastr"

L’escalier "rampe encastr" est le moins conomique en terre arable mais beaucoup plus robuste et confortable d’emploi. Il est constitu de marches poses sur la terre. Cet escalier est intgr la masse, d’ou son nom. Les marches font en moyenne 40 centimtres de long et 20 centimtres de haut. Ce type d’escalier est celui qui a le plus disparu sur les palhas de la valle de la Sianne, tant le moins rsistant au temps et l’usure.

L’escalier volant

L’escalier volant n’est qu’une succession de dalles faisant partie de la masse du mur. Elles dpassent en moyenne de 40 centimtres de la masse de la pierre. L’ensemble constitue un escalier. Souvent la hauteur du mur exige cinq marches, mais certains, aux dimensions impressionnantes peuvent en compter plus d’une dizaine. Ce type d’escalier est trs rpandu dans les palhs de la valle de l’Alagnon, un peu moins dans la valle de la Sianne.

L’inconvnient de ce systme d’accs aux terrasses,en est la fragilit, en particulier lorsque la roche employe, celle su sous-sol, est facilement friable.

Remplacer une dalle revenait alors dmonter le mur puis le reconstruire : un travail consquent.

L’autre aspect ngatif est la capacit d’quilibriste ncessaire son emploi, surtout lorsqu’on portait sur le dos une large hotte charge de raisin. Cette forme d’escalier n’est donc pas la plus confortable pour les paysans-vignerons, mais c’tait celle qui respectait le plus la culture elle-mme, car prenant le moins d’espace sur la terre cultivable.

TEMOIGNAGE
Sur les palhs du Vignal et de Chadeire
Sur les palhs du Vignal et de Chadeire

Robert et Marie Nicolas furent les derniers exploitants des palhas de la valle de la Sianne. Leurs petites vignes sur le ctes d’Auriac-bas et du hameau de Chazelle n’taient pas leur activit principale. Comme la plupart des propritaires des palhs, la vigne tait une activit complmentaire. Quelques souvenirs.
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Famille Nicolas aux vendanges de 1940 sur le palhs de Chadeire

« L’utilisation des palhs sur la commune d’Auriac-l’Eglise a cess dfinitivement en 1975 car leur exploitation tait devenue trop pnible et cause de la disparition des anciens qui avaient l’habitude de les utiliser. Les jeunes ont quitt le pays pour faire autre chose.
Les palhs en fait, ce n’tait pas rentable. Autrefois c’tait diffrent, il y avait tellement de monde dans les familles, 3 ou 4 garons par maison qui ne pouvaient pas aller travailler chez le voisin qui n’en avait pas besoin, alors ils grattaient la terre, faisaient des murs et mettaient la terre dessus, et s’occupaient des vignes...

Les terrasses nous demandaient normment d’entretien. Les murs, c’tait le principal, quand il pleuvait en automne ou qu’il gelait l’hiver les murs gonflaient, lors du dgle au printemps, la terre diminuait et les murs parfois tombaient. Aprs le travail sur les murs il fallait dchausser les pieds de vigne, les tailler, ramasser les sarments, puis planter les chalas, relever la vigne, attacher la vigne sur les chalas et enfin donner de bons coups de pioche.
En fait, une personne pouvait tre occupe en permanence sur les palhs. Au mois d’aot seulement on avait un peu de rpit. On n’entrait pas dans les vignes parce qu’elles fleurissaient.

Je me souviens bien des cpages sur les palhas, du seibel numro 1 surtout, du 156, aprs avec les nouveaux plans, il y avait du 5000, 7053, 18916... plein de numros. Pour moi ce sont surtout des vieux plants des seibel numro 1 qui taient les meilleurs.
Autour du 15 octobre en principe, les palhas s’animaient pour la vendange. 

On devait faire attention aux premire geles et c’tait bien juste des fois.

On sous-tirait notre vin au mois de mars, quand il tait clair 8 ou 9 degrs. Ma meilleure anne c’est lorsque j’ai produit 10 hectolitres de vin. Chez nous le systme des anciens tait en vigueur. On faisait fermenter le vin des palhas dans la cuve, 15 jours aprs avoir tir le vin, je mettais du cidre dans la cuve, parce que le cidre faisait fermenter le marc de raisin dedans une deuxime fois. En y mettant un peu de sucre on produisait une deuxime boisson qu’on buvait au printemps. Et quand on sortait le marc de la cuve on faisait de la gnole. Rien n’tait perdu.
Il y avait aussi le fumier monter « On montait le fumier avec une paire de btes, on mettait les sacs de fumier au pied de la vigne, on dchargeait puis on redescendait avec les btes, une paire de vaches ou des boeufs, et a passait dans le chemin avec un char.

Pour entretenir la terre en haut du talus on prenait la terre au fond et on la montait sous le mur du haut sans la changer de palhs. Quand tu pioches dans la pente, au bout de 4 ou 5 ans en haut il n’y en a plus de terre sous le mur, alors on la prenait en bas et on la jetait sous le mur du haut ». Remonter la terre reprsentait un travail trs pnible. Les anciens la montaient mme parfois du fond en haut de la palhs avec un seau, c’taient des durs...

On craignait les orages qui entranaient la terre vers le bas des palhas. Il y avait heureusement un systme de tranches qui empchait l’eau de rentrer dans les parcelles qui l’jectait sur le ct du terrain qui ne travaillait pas, si c’tait un bois ct il y avait une grande tranche en haut du terrain, ainsi l’eau ne descendait pas dans la vigne. On ne montait jamais d’eau dans les palhs, toujours l’arrosage naturel. Il y avait aussi des trous tanches qui permettaient de garder de l’eau.

Sur nos palhas il y avait des cabanes et des pigeonniers. Les cabanes c’tait pour les outils et pour se mettre l’abri en cas de mauvais temps, parce qu’il y avait des vignes qui taient loin des habitations, les pigeonniers permettaient d’avoir de l’engrais pour la vigne... ».

Propos recueillis en 1998

VIGNERONS ET PAYSANS
La culture de la vigne en terrasse
La culture de la vigne en terrasse

La culture de la vigne sur les palhs de la valle de la Sianne n’avaient rien qui ne la distingua de celles des autres vignobles. Mais, que d’alles et venues sur les parcelles afin que cette terre gagne sur la montagne, durement matrise produisent des fruits.


Grce ces murs, la mise en culture de terrains difficiles d’accs, mais admirablement bien exposs t rendu possible sur la commune d’Auriac l’Eglise. Une nouvelle activit conomique s’est intgr dans la valle. Les paysans se sont fait aussi vignerons. L’entretien des terrasses occupaient les paysans plusieurs semaines durant l’hiver : boulement, rfection des parets, relevage de la terre, sans compter l’entretien de la vigne, la coupe du bois.

Comme ailleurs, le paysan-vigneron devait dfoncer, dbuisser, enceper, tailler, monder, avant de voir son travail rcompenser par de beaux raisins.

En automne, labourage et enlevage des chalas, Fin fvrier dbut mars le vigneron taillait la vigne et la chavait, puis venait le dchaussage en cuvette effectu la pioche autour des souches.

De la mi-avril la mi-mai se faisait l’chasselage au moyen d’chalas, des pieux de pin ou de peuplier d’une longueur de l,SOm appoints aux deux bouts. Si la vigne chappait la gele blanche, avec la pentecte marque par le plerinage de Laurie, la vigne verdoyait en scurit.

A la mi-juin, les ceps taient couverts d’une abondante feuillaison. Avait lieu alors le binage superficiel et l’accolage des rameaux aux chalas au moyen de paille ou d’osier.

En juillet les sarments taient rogns la hauteur de l’chalas et l’on procdait prudemment au sulfatage.
Quand le soleil de l’t faisait grossir le raisin, les vignerons commenaient se proccuper de la rcolte et de l’approvisionnement en tonneaux. Les vendanges se faisaient durant 15 jours en Octobre.
On obtenait un petit vin rouge de 8 9 degrs. Les ceps utiliss taient notamment le bacot, le coudert, le muscat...

En 1951, il ne restait plus que 10 hectares de vigne sur la commune d’Auriac l’Eglise.


ALLEGORIE DE 1889
Vendange des palhs d’Auriac
Vendange des palhs d’Auriac

Le frre Mizoule qui enseigna 30 ans Auriac au 19me sicle se plaisait raconter la vie quotidienne par la posie. Sa vision des vendanges sur les palhs de la valle de la Sianne prend ici la forme d’une allgorie saisissante la mode d’un chantre rustique...mais c’tait il y a plus de 120 ans.

"Sur les riants coteaux qui longent la valle, la vigne, cette nuit, a senti la gele. Le pampre jaunissant, sous les feux du soleil, aux yeux du voyageur montre son grain vermeil. La grappe est mre point.

Sans plus longtemps attendre, le lendemain, des cris, des chants se font entendre. La vendange commence. Aussitt les enfants au milieu de la vigne accourent triomphants. Oh venez mes enfants, venez droit aux corbeilles, le raisin est meilleur que celui de nos treilles. Dans les ceps bien fournis, par l’effet du hasard, perdez-vous et courez du jeune homme au vieillard. Quand vous vendangeurs, allons, vite, l’ouvrage ! Bientt le verre la main, je serai de passage. Vous boirez un bon coup de ce vin gnreux, qui rend l’me contente et le corps vigoureux.

Ainsi le vigneron parle et commande en matre. Et la bande joyeuse lui de se soumettre. A l’oeuvre elle se met ; elle chante, elle rie, elle compte dj de ce jour le profit.

Mais au ciel le soleil monte et parcours l’espace. 

Pour diner, dit le chef, prparons une place, tenez, sous ce pcher asseyons-nous en rond. La 

servante est l-bas dans le ravin profond. "H ! ma mie, arrivez ! lui crie un domestique, pressez, hter le pas dans le sentier rustique.

Haletante, au coteau, monte pauvre Isabelle, mais les cris, les clameurs ne seront pas pour elle. Un garon fort galant, et de tous le moins las, la vaillante fille aide ranger les plats. Les mets ont pour rchaud la chaleur de la terre, pour nappe la verdure et pour table une pierre. A ce dner rustique, arrire les faons, chacun doit se servir comme au temps des moissons.

En ce grand jour de fte on ddaigne la soupe, un gigot bien roussi fait plaisir la troupe, l’odeur du riz, du chou, de tous les plats enfin, redouble et presse encore sa dvorante faim. Dans ces joyeux repas, que de bonnes lippes ! Quels fameux coups de dents ! Quelles franches lampes !. Le travail au grand air l’homme sait donner l’apptit que lui seul l’art d’aiguillonner. Il apprend chacun boire perdre haleine, le cidre de la gourde ou le vin tasse pleine.
« Tant mieux, tant mieux, mes gens, oh ! je ne vous plains rien, Je suis content de vous, buvez et mangez bien.

A ce copieux repas, pour reprendre l’ouvrage,
Oh buvez longs traits l’ardeur et le courage. »
Et le matre en gat, par des contes joyeux,
Fait clater les ris des jeunes et des vieux.

Mais l’heure qu’il est, tout barbouills de mres, les enfants dans la vigne, aux grappes les plus mres mordent belles dents. Avec le raisin noir ils colorent leurs doigts d’un jus fait sans pressoir.

Le matre, le premier de la bande se lve :"Debout, amis, debout, au repos faisons trve ! Allons, vite au travail ! fillettes et garons,gayez le coteau par vos douces chansons. Quant vous, hommes faits, vendangeurs intrpides, htez-vous, car, du jour les heures sont rapides,le beau temps, vous savez, s’achte au poids de l’or. De ma vigne, ce soir, enlevez le trsor. Aujourd’hui m’appartient ; demain n’est personne. Profitons de ce jour, c’est Dieu qui nous le donne. Pour n’avoir pas saisi ces utiles leons,
combien perdent, chaque an, vendanges et moissons.

Cependant le jour fuit, souriant la tche, enfants, femmes, vieillards travaillent sans relche. Corbeilles et paniers s’emplissent plaisir. Les grands boeufs du domaine, pas lents vont venir. Conduits par Petit-jean, dans les cuves fumeuses, ils s’en iront porter les grappes cummeuses. Dans ces vases dj bouillonne un noir levain. Bientt, sous le pressoir, fermentera le vin.

Oui, le vin, et qui ne l’a chant ! 0 ma lyre !A ton tour, exalte jamais, non sans dlire. Mais la force qu’il donne aux jeunes comme aux vieux. Force qui rend le corps et l’esprit plus joyeux.

0 toi, cher aux festins ! Virgile, Homre, Horace, ont dpeint ta vertu, tes plaisirs et ta grce.Pour moi, chantre rustique, pris d’une autre ardeur, en toi, je ne louerai que la mle vigueur. Qui nous fait triompher du danger qui nous presse, et qui donne aux vieillards sant, joie, allgresse. Par toi, le voyageur, un bton la main, parcourt, en te buvant, le reste du chemin. Le plerin encore, quand sa marche est trop lourde, s’arrte et prend courage en puisant sa gourde. Enfin le vieux soldat qu’ont ruin tant d’efforts, par toi se sent arm de l’audace des forts.

Mais c’est surtout le ciel, ce sont plutt les anges qui du vin consacr redisent les louanges, qui chantent les splendeurs de l’office au saint lieu, au moment o ce vin devient le sang d’un Dieu.

AURIAC-L’EGLISE
Reconstitution d’une cave des Palhs
Reconstitution d’une cave des Palhs

Depuis plus de 60 ans on ne produit plus de vin provenant ses palhs de la valle de la Sianne. En 2001, une cave phmre a t reconstitue dans une ancienne cave d’Auriac-Bas l’occasion de la Foire des Palhs du Pays de Massiac (Collection d’anciens outils Maryse Teulire).

PRATIQUES
Les outils des Palhs
Les outils des Palhs

Les outils des palhs peuvent tre classes selon leurs utilisations : la terre, la vigne et le raisin. Voici une liste d’outils non exhaustive, mais seulement les plus importants. Pour l’instant bien sr.

La terre
- lo bocau, il tait utilis en majorit pour piocher la terre, c’tait l’outil par excellence.
- le pic, sorte de pioche
- piochon, servait piocher la terre
- la houe et la houe taillant, ils taient utiliss pour le labour
- fourche dchausser, permettait d’arer la terre autour des ceps de vigne.

La vigne
- la hotte, en clissa (fines lamelles de bois) servait porter le raisin
- la pal injecter, servait injecter des produits de traitements directement dans le sol
- le scateur, servait couper les grappes lors de la vendange et tailler les pieds
- la serpe, servait se dbarrasser tous les vgtaux pouvant gner la pousse de la vigne
- le couteau greffer, servait greffer des plants de vignes
- sabot plante chalas, servait enfoncer les chalas par un simple mouvement de pied.

Le raisin
- le fouloir, servait fouler le raisin dans la bachola
- la bachola, tait le rcipient dans lequel le raisin tait cras
- lo broc et la dame jeanne, taient des rcipients pour contenir le vin
- le pressoir, tait utilis pour presser le raisin
- le coupe marc, tait utilis pour couper le marc une fois le raisin pass au pressoir.

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COLLECTION GEORGES ET MARYSE TEULLIERE




















LEXIQUE
Des mots et des murs
Des mots et des murs

Comme dans tout domaine o l’homme a transform la nature, de nombreux mots viennent donner le sens aux constructions, aux formes, aux objectifs recherchs. Pour les terrasses de culture, les "palhs" pour notre rgion, tous les mots ont leur importance. La plupart glissent lentement vers l’oubli.


Le mot terrasse, vocable « d’ingnieur », pass aujourd’hui dans le « franais courant » dsigne l’ensemble mur et banquette et tend voir son sens tendu au paysage dans son ensemble, « il n’est cependant utilis nulle part localement pour dsigner les terrasses de culture, ce qui permet d’ailleurs de l’employer sans aucune rticence, puisqu’il ne constitue pas la gnralisation abusive d’un terme local" selon les spcialistes.

Le mot palhs crit de cette faon est donc propre au pays de Massiac. En effet il existe plusieurs dizaines de mots en France dsignant les terrasses agricoles (acol, anglada, bancal, barra, chambada, couolo ou encore laissa, plo, restanco), le terme le plus proche est pailhat provenant du Puy-de-Dme.
Selon Christian Lassure le grand spcialiste en France de la pierre sche, « ce terme aurait dsign la terrasse de vigne. Le sens vritable de pailhat nous est fourni par le dictionnaire de Lachiver : la rubrique paillat (forme francise de palhat),on apprend que dans l’Allier "on appelait vignes en paillats, les vignes conduites en berceau bas". Un pailhat/paillat n’est donc rien d’autre qu’une vigne cultive sur un treillage en berceau. »

Les mots des murs

La planche est destine recevoir les cultures. On peut la caractriser par sa surface, sa largeur ou sa longueur et sa pente, ainsi que la rgularit de cette dernire.

Le mur a pour caractristiques principales sa hauteur, son matriau de construction, son fruit, son paisseur et son appareil. La longueur de l’ouvrage importe assez peu pour sa construction.

Le fruit du mur correspond l’angle form entre le mur et la verticale. Exprim en pourcentage, le fruit amliore la rsistance de l’ouvrage la pousse tout en limitant la masse du mur, et donc la quantit de pierres ncessaires sa construction. Mais il ne doit pas tre trop important, car cela diminuerait de beaucoup les surfaces de cultures. Gnralement il varie entre 5 25%.

Le drain permet d’vacuer l’eau qui s’infiltre dans la planche. Il est constitu d’un massif de pierres de petites dimensions. La dure de vie d’un mur doit beaucoup la qualit de son drain. En effet, en l’absence de drain, l’eau infiltre et non vacue ajoute une pression hydrostatique la pousse du sol, crant une contrainte insupportable pour le mur

La culture qui est l’origine de la construction de l’ensemble de terrasses est rarement celle qui est pratique aujourd’hui. Mais quelqu’elle soit la culture fait partie intgrante de la terrasse.

Le nom des pierres

Le vocabulaire des pierres est particulirement intressant pour le constructeur. Le fait de le connatre et de l’utiliser est une adhsion certains principes de construction.

Les pierres de fondation sont grandes, solides et plates.

Les pierres de parement sont de taille moyenne et doivent prsenter des faces suprieures et infrieures les plus plates possibles.

Les pierres de liaison ou boutisses assurent la cohsion du mur et celle du drain. Elles doivent tre grandes et assez longues pour traverser le mur partiellement ou en entier.

Les pierres de couronnement ou de couverture coiffent le mur et l’empche de se dgrader. Elles peuvent tre poss plat ou sur champ.

Les paneresses sont des pierres de grande taille dont le plus grand ct est plac en parement. Il s’agit de carreaux, situs en haut du mur, qui le protge des dgradations sommitales.

Les pierres de calages ou cales sont de petites dimensions et irrgulires. Elles servent combler les vides et caler les lits de pierres de plus grandes dimensions. Il ne faut pas les ngliger, car bien utilises elles amliorent la cohsion du mur. Leur bon ou mauvais usage est un indicateur du savoir faire et de la comptence du constructeur.

Les pierres de drain n’ont pas de caractristiques exiges. Elles peuvent tre constitues par les pierres impropres aux autres usages. Elles doivent cependant tre empiles en lits rguliers, agences et cales. Un bon drain prsente une progression dans la dimension allant des plus grossires au plus fines.

L’ABANDON D’UNE PRATIQUE
Consquences de la fin de l’exploitation des palhs
Consquences de la fin de l’exploitation des palhs

Plusieurs phnomnes ont eu raison de l’exploitation des terrases sur les ctes de la valle de la Sianne : la crise du phylloxra, les deux guerres mondiales et l’exode rural. Ces phnomnes ont entran l’abandon de certaines pratiques agricoles et une relle rpercussion sur le paysage.

L’abandon des palhas dans la valle de la Sianne s’est fait de deux manires de faon verticale et horizontale. En effet, la plupart des terrasses taient disposes non loin des villages rapprochant ainsi ceux du fond de valle entre eux, mais aussi ceux des plateaux. Les premires palhas tre dlaisses dans le premier tiers du 20me sicle furent donc en priorit les plus loignes des habitations avec comme consquence inluctable l’enfrichement de ces terres et une fermeture du paysage.

Cette fermeture du paysage par l’installation de la fort va entrainer un cloisonnement des villages du fond de valle et des villages de plateaux. Les chemins qui reliaient les villages entre eux travers les coteaux ont progressivement disparu depuis les annes 1960 dans une vgtation galopante due au manque de passage et l’abandon des servitudes communales en raison du manque de main d’oeuvre. Les nombreux chemins flanc de montagne disparaissent au profit de celui du fond de valle.

L’arrt des cultures sur les palhs du versant adret a entrain une colonisation arbustive, impossible autrefois lorsque toutes les terres taient cultives, des boisements de pins sylvestres et de chnes pubescents qui vont peu a peu coloniser les terre cultivables. Dans un premier temps se souviennent les anciens ce fut les plus mauvaises terres ou les plus loignes, puis au fil des annes l’ensemble des palhas.

Aujourd’hui plus aucune terrasse de la valle n’a rsist la pression forestire et l’abandon de la pratique de sylvo-pastoralisme. Le paysage s’est donc lentement ferm et les murs en pierres sches, dont la plupart sont encore debout ont disparu sous les arbres. Sous cette vgtation colonisatrice se cache dsormais les traces de l’occupation viticole d’un petit territoire de la Haute-Auvergne.

De cette particularit des trois cultures, seule les terres des plateaux ont pu profiter des progrs de la mcanisation du monde agricole. Les anciens chemins d’exploitation qui avaient la particularit de s’insrer troitement dans les mandres du parcellaire n’ont pas rsist aux largissements rendus ncessaire par les machines agricoles, notamment les tracteurs, ainsi qu’a la modification des pratiques agricoles.
Le fond de valle a vu l’levage gagner du terrain, la culture des crales disparatre au profit des plateaux aux parcelles beaucoup plus grandes. Les prairies de fauches vont dfinitivement s’installer aprs la coupe systmatique de tous les pommiers afin de permettre une culture de l’herbe pour les ruminants. La prime l’arrachage sera le coup de grce dans les annes 1960.

RATIONALISATION DE L’ESPACE
La valle de la Sianne, une terre nourricire
La valle de la Sianne, une terre nourricire

Admirablement bien expose et bnficiant d’une altitude moyenne entre 600 et 800 mtres, la populations ont tir partie de tous les espaces disponibles dans la valle de la Sianne pour assurer leur subsistance. Du fond de la valle aux plateaux, de nombreuses cultures ont t mises en oeuvre au cours des derniers sicles.

Offrant un alignement Ouest-Est parfait, l’adret de la valle de la Sianne est expos plein sud avec quelques variations Sud-Sud-Est et Sud-Sud-Ouest. Les parcelles sur l’adret ont donc t couvertes de terrasses sur lesquelles a t essentiellement cultive la vigne qui permettait d’obtenir un vin de 7 8 degrs et des arbres fruitiers. Les ceps utiliss taient notamment le bacot, le coudert, le muscat et le 4 et 5 mille. En 1951, il ne restait plus que 10ha de vignes sur la commune d’Auriac-l’Eglise. (2)

En fond de valle, on observait des vergers, des potagers, des champs de crales et des prairies, dont le parcelaire en lainires plus ou moins fines s’orientait transversalement la rivire de part et d’autre principalement sur la rive gauche. De ce fait, de nombreux ponts de tradition gallo-romaine ont t construits afin de pouvoir traverser la Sianne sans problme. (3)

Trois terroirs se sont ainsi ctoys au fil des sicles, mais largement transforms dsormais. Sur le versant adret le plus expos au soleil, sur des pentes entre 30 et 50% la vigne fut installe vers le milieu du 19me sicle comme en tmoignent les plans cadastraux de 1840. Retour ligne manuel
Cette culture fut installe sur les terrains les plus pentus et amnags en palhs. Insrs dans les rangs, quelques pchers taient plants en complments. Mais l’emplacement des arbres fruitiers taient trs prcis et prenait en compte un certains nombre d’exigences. Les pchers taient plants en milieu de vigne, les pruniers et les cerisiers taient disposs en bordure de palhs afin d’viter d’ombrager les ceps de vigne.

Outre la vigne, les palhas les plus proches des villages permettaient la culture du seigle jusque dans les annes 1920. La paille servait faire des paillassons ou des couvertures de ruches. Par contre, au dessus des palhs, quand la roche affleurait et que le sol devenait impossible travailler, des troupeaux de moutons paissaient les maigres terres et assuraient l’entretien de l’espace. Le fumier des moutons taient mis en sac car il ne coule pas et mont dos d’homme jusqu’aux pieds des vignes, de mme que le fumier des pigeons, la colombine.

Dans le fond de valle les terrains taient consacrs la production de fourrage et de pommes dans de grands prs-vergers. Les prs de la Vernde par exemple plants d’environ 200 pommiers en contrebas du hameau de la Croze donnait en moyenne 8 10 tonnes de pommes par an, de la canada, de la pomme d’enfer et du calville blanc. Du ct de Chazelle se trouvaient deux varits typiques de la valle de la Sianne le pachiru, appel ainsi car la pomme avait une pache, c’est--dire une joue rouge, et la pomme d’enfer, trs savoureuse et de longue conservation.

Ces prs taient irrigus par des rases partant de pilires sur la Sianne. Le sol du fond de valle compos d’une faible couche de terre arable surmontant un pais substrat de gravier a toujours t trs sensible la scheresse, d’o l’irrigation l’aide de rases. Ces techniques d’irrigation selon une codification d’usages locaux sont toujours utilises. Mais le fond de valle n’tait pas cultiv intensment. Les vergers taient disposs de faon trs espacs pour permettre le fauchage du foin.
Quant l’ubac, celui-ci comprenait des pacages, des prairies de fauche et des chtaigneraies dont le bois servait la fabrication des chalas. Aujourd’hui cet espace se couvre d’une abondante vgtation.


TERRES CULTIVABLES
L’enterrassement des versants ensoleils
L’enterrassement des versants ensoleils

Le principal objectif des terrasses tait de gagner sur la montagne le maximum d’espace afin d’y dvelopper la culture de la vigne malgr une zone de plantation entre 500 et 800 mtres d’altitude. A toutes les contraintes naturelles et climatiques les gnrations d’habitants ont trouv des solutions.

L’enterrassement de tout un versant de la Valle de la Sianne a donn des rsultats particulirement fonctionnels. Tout a contribu l’poque faire des palhs une russite architecturale rationnelle et une activit de subsistance tout a fait honorable.

Les terrains cultivables obtenus taient pratiquement horizontaux, les terres n’taient pas entranes lors des orages. La terre retenue par les murets maintenait l’humidit et l’effet d’abri obtenu tait renforc par la restitution de la chaleur emmagasine pendant les chaudes heures d’ensoleillement.

Les murets en pierres sches du 19me sicle, la plupart encore debout, ne sont pas trs hauts, l,5Om 2m en moyenne, 0,50 m sur certains terrains en pente douce. Au plus bas des parcelles, les murailles sont d’une qualit d’excution suprieure. La largueur de la plate bande cultivable est lie en fonction de l’inclinaison de la pente : trois mtres prs du fond de valle plus de dix mtres vers les hauteurs.

Pour augmenter la solidit, les murets taient lgrement inclins vers l’intrieur. De nombreux murs taient surmonts de grosses pierres plates alignes verticalement les unes derrires les autres formant ainsi une sorte de garde-corps visuel matrialisant la limite du vide.


PATRIMOINE

L’eau

Le pays

Les Activits

Le Bti

Le Sacr