Warning: array_shift() expects parameter 1 to be array, boolean given in /htdocs/public/www/config/ecran_securite.php on line 283 Cézallier: le patrimoine de la vallée de la Sianne en Auvergne (Cantal/Haute-Loire)
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Patrimoine Les Activités
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Les mines

La richesse du sous-sol de la valle de la Sianne a suscit de nombreuses recherches minires d’Antimoine et d’argent au 19me et au 20me sicle dont on trouve encore de nombreuses traces de mines exploites et de galeries de recherches.
Ces petites mines locales ont permis un bref dveloppement conomique de la rgion. De nombreux journaliers et paysans ont travaill rgulirement ou occasionnellement dans l’une des mines la grande poque de l’antimoine dans les pays de Blesle et de Massiac.

19 ET 20me SIECLES
Les traces de l’pope minire toujours prsentes
Les traces de l’pope minire toujours prsentes

Pendant plus de 60 ans, des paysans devenus mineurs ont creus le sous-sol de la valle de la Sianne pour extraire de l’antimoine et autres minerais argentifres et aurifres. Des industriels de la mtallurgie minire ont exploit des concessions ou des recherches ont t autorises par le Service des Mines. Les anciennes mines de la valle de la Sianne font dsormais partie intgrante du patrimoine archologique.

A la fin du 19me sicle et dans le premier quart du XXme, les activits extractives et mtallurgiques dans la valle de la Sianne jusqu’au bord des estives ont provoqu le creusement de kilomtres de galeries et de nombreux puits. Ces travaux ont laiss des cavits et des haldes impressionnantes. Des ateliers ont t monts sur place pour le traitement des minerais (lavage, concassage, broyage...) et leur mtallurgie (four de grillage, fonte, affinage..). Des usines-fonderies se sont implantes non loin de l au Babory de Blesle. Alors que l’activit minire a disparu depuis 70 ans dans ce territoire d’Auvergne, les rseaux souterrains et les btiments qui ont rsist au temps sont aujourd’hui les tmoins des recherches acharnes de l’Antimoine et le dmarrage d’exploitations qui ont marqu les paysages. Dans un contexte gologique pourtant favorable l’activit minire aurait pu assurer un dveloppement territorial et conomique de cette petite valle isole de Haute-Auvergne. Mais la production insuffisante, les rsultats financiers prcaires et les mthodes d’extraction encore trop artisanales ont empch le dveloppement escompt. La crise conomique et les guerres en Europe ont achev le rve industriel.

Une exploitation minire massive mais brve

Cette histoire minire de courte dure a nanmoins transform le visage du pays et particip l’pope de l’Antimoine du district Brioude-Massiac, qui fut parmi les plus dynamique de France.

Cet hritage culturel et social est dcouvrir. Il s’est en effet dilu au fil des dcennies. A l’abandon des exploitations, la nature a repris ses droits. Le temps a fait son oeuvre, effac presque tous les repres matriels et accentu le processus d’oubli dans la mmoire collective du territoire. Nos fiches descriptives abondamment documentes et illustres de documents d’archives visent a restitues cette priode de l’histoire locale, celle qui a concern un bon nombre de familles du pays qui ont eu des aeuls paysans-mineurs.

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Les recherches effectues par l’Association Czallier valle de la Sianne ont fait l’objet d’une restitution indite travers une exposition en 2006. Elle est toujours disponible.

Stockage du minerai d’Antimoine (Usine-fonderie, Blesle)

INVENTAIRE
Les travaux miniers dans la valle de la Sianne
Les travaux miniers dans la valle de la Sianne

Une dizaine de sites ont t reconnus dans la valle de la Sianne entre 1850 et 1920. Des travaux de recherches y furent effectus souvent par des particuliers propritaires des terrains dans l’espoir de dcouvrir des filons. Ces travaux tmoignent de la fivre de l’antimoine dans cette partie recule du Czallier et de ses abords..

COMMUNE D’AURIAC-L’EGLISE

- Hameau du Bouchet : Une petite galerie de recherche est la hauteur de l’embranchement de la route allant au hameau du Bouchet. La galerie est situe entre la route d’Auriac-l’Eglise au hameau de Serre et le ruisseau de l’glise. Brve recherche, car les minraux taient en fait trs rares (Mispickel, Pyrite, Stibine).

- Lieu-dit Chadeire : De trs vagues recherches pour l’antimoine ont t effectues aux environs de 1907. La petite galerie se situe en bordure de la dpartementale du fond de valle, mi-chemin entre les hameaux de Chazelles et de Terret.

- Hameau de Riol : Au dessus de la route et 200 mtres avant les premires maisons d’Auriac-l’Eglise, une galerie tmoigne d’une trs brves recherche pour l’antimoine en 1907 (quelques traces de stibine seulement). Au dessus du hameau de Riol, au milieu des anciennes Palhs, les entres de plusieurs galeries de recherches sont aujourd’hui boules.

- Hameau de la Rochette : Une petite galerie est situe en bordure du chemin (l’ancienne route Auriac-Massiac ) o de trs petits travaux de recherche ont t effectus en 1914-1915, avec une tentative de reprise sans rsultat en 1930 (traces de stibine).

COMMUNE DE LAURIE

- Lieu-dit de Soupirargues : A mi-chemin entre les hameaux d’Anliac et de Lussaud, au fond du vallon, des petits travaux de recherche ont eu lieu le long du chemin qui borde le ruisseau de Lussaud (blende et pyrites trs abondantes).

COMMUNE DE VEZE

- Pont de Vze : Dans le grand virage en pingle cheveu, prs du seul pont o la dpartementale franchit la Sianne, un chemin forestier longe des effleurements. Sur la rive gauche sous le confluent du ruisseau de la Gazze, des travaux de recherche ont t effectus pour le compte du prospecteur Chassagne et les frres Lumire, les inventeur du cinmatographe. La concession a t vite abandonne en raison de la raret du minerai. Deux galeries sont proximit immdiate de la Sianne (chalcopyrite, mispickel).

- Tranche de Moudet : En descendant du hameau de Moudet sur le chemin vers la Sianne, une brve recherche insignifiante a eu lieu la fin du 19me sicle (Mispikel trs abondant).

- Affleurement de Chanusclade : Recherche qui s’est rvle sans grand intrt la fin du 19me sicle (Mispikel). L’affleurement identifi se situe 500 mtres sous la ferme de Chanusclade au bord du plateau qui domine le ravin de la Gazze.

- L’indice de Fondeviale : -En dessous du Chailoru, la pointe basaltique en forme de volcan, des recherches ont rvl du Mispikel trs abondant et du pyrite. Sans suite.

QUATRE SITES D’EXPLOITATION SUITE AUX RECHERCHES DANS LA VALLEE DE LA SIANNE

Trois sites dans la valle de la Sianne ont fait de l’objet de travaux miniers importants : Conche (commune de Feydit-Chanet, aujourd’hui rattache Allanche), Fournial et le Bostberty (commune de Moldes) et Terret (commune de Blesle).

COMMUNE DE FEYDIT-CHANET

- Conche-Bas :  sur la rive droite de la Sianne, le site d’exploitation d’antimoine (stibine massive) est situ la base de la zone boise. Les travaux miniers ont dbut vers 1893 pour se terminer en 1918 pour une production estime 800 tonnes. Entre de la galerie principale et halde encore visibles aujourd’hui.

COMMUNE DE MOLEDES

- Fournial : des travaux miniers ont eu lieu de 1912 1939 (Blende et pyrite abondants et galne trs abondante). Entres de galeries maonnes et haldes encore bien visibles sur ce site assurment le plus important de la valle de la Sianne

- Le Bosberty : Situe l’extrmit de la commune de Moldes cette mine dont il ne reste que l’imposante chemine et les dblais a eu une courte activit. Elle fut travaille vers 1840 pour un filon mipickel. Dans mmoire collective des gens du pays l’arsenic contenu dans le lavage du minerai rejet dans le ruisseau aurait contamin les champs et fait perdre du btail.

COMMUNE DE BLESLE

- Terret : le site a bnfici de recherches de minerais bien avant 1880. L’exploitation de la concession a dur une vingtaine d’annes (1881-1907) pour une production d’environ 800 tonnes. Galeries bouls, puits et nombreux restes des installations sont encore visibles.

VALLEE DE L’ALAGNON-MASSIAC

A ces quatre sites on peut ajouter la plus importante mine du secteur, Ouche, (1810-1967) dont les galeries et les imposantes installations taient situes ct valle de l’Allagnon. Les galeries se prolongeaient jusqu’au hameau de Chazelles dans la valle de la Sianne (commune d’Auriac-l’Eglise).

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Sources : Inventaire minralogique de la France, Cantal 15 (BRGM, 1971)

PROSPECTION
Travaux de reconnaissance et de recherches
Travaux de reconnaissance et de recherches

Les moyens d’investigation au 19me sicle taient assez sommaires. La plupart des travaux de recherche reprsentaient des sondages courts, peu coteux et mobiles, peu profonds. Ces petites galeries attaques la main et la dynamite ont t trs nombreuses dans la valle de la Sianne.

Dans le but de dcouvrir du minerai, il fallait commencer par une recherche systmatique de filons et mesurer la capacit des gisements. La reconnaissance des gisements dans la valle de la Sianne a eu lieu en fonction de diffrents facteurs : l’importance du gisement estim, la distance par rapport une laverie existante ou crer, la rgularit de la minralisation, les teneurs et qualit du minerai, l’allongement du filon exploitable, les rserves et les possibilits pour l’avenir.
La recherche de minerai tait donc un problme difficile et alatoire car les chercheurs la plupart amateurs taient en face d’une minralisation disperse irrgulirement dans des filons aveugles, de capacit modeste, base au dbut sur un choix a priori.

A la fin du 19me sicle, grande poque de l’Antimoine, beaucoup d’habitants des diffrentes communes de la valle furent pris par la fivre de la mine et devinrent des prospecteurs acharns. On sait mme que certains paysans sortaient spcialement aprs un orage pour mieux sentir le minerai d’Antimoine. Aussi, cette poque, les moindres affleurements, mme ceux situs dans des endroits isols ou d’accs difficiles (et il y en a beaucoup dans la valle de la Sianne), furent trs vite reconnus.
Une fois l’indice dcouvert, les paysans-prospecteurs, soit seuls pendant les priodes hivernales creuses pour les cultures, soit avec l’aide d’un chef mineur, entreprenaient des grattages superficiels ou de petits travaux miniers de reconnaissance peu profonds sur des terrains qui leur appartenaient. La loi minire franaise n’interdisait pas de faire des recherches, pourvu que ce ne soit pas l’intrieur d’un primtre concd. Le peu de minerai extrait tait vendu un fondeur.
Cette politique librale du Service des Mines avait pour but court terme d’encourager les recherches, mais a eu pour consquence de faire disparatre bon nombre d’indices affleurants estime-t-on aujourd’hui.

Mais ces recherches d’amateurs ne pouvaient dboucher sur des exploitations srieuses. Ces chercheurs de fortune abandonnaient trs rapidement leurs travaux ds qu’ils avaient crm la zone minralise reconnue en surface. L’Antimoine, en effet, a la particularit d’tre rpartie de faon capricieuse, irrgulire et surtout discontinue. Il tait donc impossible ces ouvriers, dpourvus la fois de connaissances thoriques, pratiques et de moyens financiers, de poursuivre plus avant. On considre aujourd’hui devant les vestiges de ces petits travaux qu’ils ont pour la plupart t effectus de faon maladroite mais que l’abandon rapide des travaux ne signifiait pas forcement l’puisement des possibilits des filons.

Quand des travaux ont pris de l’ampleur, notamment sur certains sites de la valle de la Sianne, une concession tait accorde. Les premiers exploitants n’avaient le plus souvent que des connaissances minires rudimentaires, tout au plus un solide sens du filon, mais qui ne suffisait pas forcment rsoudre les problmes. Ce manque de technicit aura t souvent la cause d’checs.

A ces carences humaines s’ajoutaient des carences matrielles sur le plan technique et financier. Les mthodes de recherches taient rduites des tranches ou des galeries dont le percement s’effectuait la massette. L’exhaure tait aussi un gros problme en l’absence de pompe.

Le transport du minerai s’effectuait dans des conditions prcaires, sur des chariots attels des boeufs, par des chemins difficiles jusqu’ la fonderie parfois trop loigne du gisement. Pour pallier cet inconvnient, le minerai tait enrichi sur place ce qui explique les chiffres levs de teneurs relevs dans diffrents rapports spcialiss dans la premire moiti du xxme sicle. Le tout-venant dj slectionn l’abattage tait scheid la main sur le carreau de l’exploitation et parfois le refus du scheidage tait grill d’une faon lmentaire dans des pots d’argile cuite pour concentrer l’antimoine contenu.

La modicit des moyens financiers engags a toujours t un frein l’expansion des gisements et, parfois mme, une cause d’chec. A de trs rares exceptions prs, l’exploitation de l’Antimoine a gnralement revtu,sur le plan conomique et technique, un caractre artisanal. Mais pour mieux comprendre les travaux de cette poque, il faut surtout penser que les facteurs temps, rendement, rentabilit...n’intervenaient pas de la mme faon qu’aujourd’hui. C’tait l’activit artisanale type qui fonctionnait avec un effectif limit d’ouvriers.

La marche des travaux avait en gnral un caractre sporadique comme le montre les sites de la valle de la Sianne. Des arrts plus ou moins frquents taient occasionns par les venues d’eau, le manque de capitaux, le manque de personnel en priode de rcolte, la baisse du prix d’achat en fonderie.
Les efforts de mise en valeur des gisements taient affaiblis car isols, disperss, concurrentiels... dans un secteur o les filons taient de capacit modeste.
Sur les 200 filons reconnus dans le district Brioude-Massiac, seulement une trentaine ont t exploits en une centaine d’annes (1830-1930) pour une production d’environ 39.000 tonnes d’Antimoine.

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Sources : Thse de doctorat Jean-Jacques Perichaud, BRGM (1970),« Les gisements mtalliques du District d’antimoine de Brioude-Massiac ».

TECHNIQUES
Vocabulaire de l’exploitation des mines
Vocabulaire de l’exploitation des mines

Pour les non spcialistes de l’activit minire, voici quelques notions de vocabulaire employes dans les mines d’hier et d’aujourd’hui. En effet, les minralogistes comme les documents officiels ont les mmes expressions.

Les gisements des substances minrales que l’on peut exploiter, soit la surface de la terre, soit dans son sein, peuvent tre classs, d’aprs leur formation gologique et leur disposition gomtrique, en couches, filons et amas.

Une masse minrale est thoriquement comprise entre deux surfaces parallles ou sensiblement telles, appeles pontes. L’ponte infrieure, c’est--dire la roche sur laquelle repose la couche, est le mur, celle qui la surmonte est le toit.

La distance entre le mur et le toit constitue la puissance de la couche.

Dans un filon, l’ponte gomtriquement suprieure constitue le toit, celle infrieure est le mur ; contrairement ce qui a lieu dans une couche, le toit et le mur d’un filon sont contemporains. Les pontes du filon ne sont pas toujours bien nettes, car les liquides ou les gaz qui ont produit le filon ont souvent altr ces pontes. Elles sont parfois occupes par des matires argileuses provenant de leur frottement : les pontes du filon sont alors dsignes sous le nom de salbandes.

LA DIRECTION ET L’INCLINAISON

L’allure de la couche est caractrise par deux lments, la direction et l’inclinaison, que nous allons dfinir en supposant la couche plane.

La direction est la ligne d’intersection de la couche avec un plan horizontal. Le mme mot sert aussi mesurer l’angle de cette droite avec la mridienne ; cette mesure se fait avec la boussole.
La direction se compte quelquefois du nord au sud par l’est, et alors elle est mesure par un nombre compris entre 0 et 180°. Souvent aussi, elle est compte du nord l’est ou du nord l’ouest, et elle est mesure par un nombre compris entre 0 et 90°, avec la mention du sens o on la compte, par exemple : N 25° E, N 42° W.

L’inclinaison est la ligne de plus grande pente de la couche ou l’angle que cette droite fait avec sa projection horizontale et qui mesure l’angle didre du plan du gte avec celui de l’horizon ; cet angle qui se mesure au moyen du clinomtre s’appelle aussi plongement ou pendage.

Certaines couches ont subi des renversements de plus de 90°, leur toit gologique est devenu le mur gomtrique, et inversement.
Une galerie horizontale divise une couche en deux parties : l’amont pendage et l’aval-pendage.

LE FILON

Le mineur qui suit un filon et arrive un endroit o il se divise, doit suivre de prfrence la branche dont la direction s’loigne le moins de celle moyenne du filon, surtout quand cette branche est situe au mur. Lorsqu’on voit le filon s’parpiller, c’est souvent l’indice qu’on est prs de sa fin.

Les filons peuvent s’arrter une faille, si celle-ci est antrieure, ou tre rejets par elle quand elle est postrieure. En cas de remplissage utile de la faille, celle-ci devient un filon croiseur. Lorsque deux filons viennent se croiser, une plus grande richesse se manifeste leur intersection, ce qui peut s’expliquer aisment ; en effet, cette rgion a t plus disloque et, par suite, elle a t plus facilement traverse par les liquides ou les gaz et enrichie de dpts plus nombreux.

Certains filons se sont rouverts diverses priodes, ce qui complique leur tude. Un filon peut passer l’intrieur d’un autre filon. Les filons sont souvent accompagns de filons parallles et de filons perpendiculaires contemporains.
Quant la composition du filon, elle varie en direction et surtout en profondeur. L’affaiblissement de la minralisation en profondeur peut tre extrmement rapide.
Stot : partie de minerai que l’on laisse en place au cours d’une exploitation par galeries (par exemple entre deux niveaux) pour des raisons de scurit. On peut ventuellement les reprendre en fin d’exploitation.

TRAVAUX DE RECHERCHE

Trois cas gnraux peuvent se prsenter au dbut d’une exploration.

- Travers bancs : Si le gisement est dans le flanc d’un coteau et sensiblement parallle la valle, on l’attaque par une galerie place aussi bas que possible, mais nanmoins au dessus des plus hautes eaux connues ; on marche normalement la recherche du gte en profondeur, en montant en pente trs douce pour assurer l’coulement des eaux et faciliter la sortie des wagonnets.
Cette galerie, dite travers bancs, permet de bien mesurer la largeur du gte et de dcouvrir ceux qui lui sont parallles.

- Allongement ou direction : Le gte, tout en tant flanc de coteau, peut tre transversal la valle ; dans ce cas, on l’attaque en galerie, le plus bas possible, et on marche en suivant le gisement en direction, en tenant de prfrence cette galerie, dite d’allongement ou de direction, au mur qui restera plus stable que le toit lors de l’excution des travaux. Cette galerie a l’avantage de bien explorer le gte.

- Puits inclin : Si au contraire, la disposition du gisement est telle qu’on ne puisse pas trouver, dans le voisinage, de points assez bas pour l’attaquer horizontalement, on peut employer deux moyens : l’un consiste excuter une fendue ou descenderie, c’est--dire une galerie incline qui devient un puits inclin, quand le pendage est absolument raide ; l’autre consiste foncer un puits vertical qui recoupera le gte et ceux qui lui seraient parallles.

L’EXPLORATION DU GITE

Un fois le gte rejoint, on l’explore par des :

- galeries d’allongement situes divers niveaux

- montages les reliant entre eux et facilitant l’arage

- travers-bancs recherchant des gtes parallles

En suivant la couche ou le filon par une galerie de direction, on peut tomber dans une faille.
Les recherches par puits verticaux faible section constituent les sondages.

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Sources : d’aprs A. Badoureau et P. Grangier, Les mines, Paris, 1892.

MOLEDES/ANZAT-LE-LUGUET
Mine d’Arsenic du Bosberty (1)
Mine d’Arsenic du Bosberty  (1)

Le site minier du Bosberty dont la concession d’exploitation fut accorde en 1837 est situ aux extrmits des communes d’Anzat-le- Luguet (Puy-de-Dme) pour le lieu d’extraction dont il ne subsiste aujourd’hui plus aucune trace, et de Moldes (Cantal) pour la petite usine de traitement du minerai. Un site minier dsormais cach par une abondante vgtation.

Pour les spcialistes de l’archologie minire, le filon prsent sur le site du Bosberty contient particulirement du Mispickel, probablement mis en place la fin de l’re primaire (520-225 millions d’annes). On note galement la prsence d’un minral assez rare le Tungtne.
Oierre Dsir Baudin, ingnieur des mines de renom, prcise dans un rapport publi en 1844 que le gte du Bosberty possde un filon principal, mais qu’il y aurait eu dans le secteur trois petits filons annexes ayant fait l’objet de grattages, mais sans poursuite d’exploitation minire et une douzaine de filons reconnus. Le filon principal serait le mme que celui que l’on trouve sur la concession de Vze plus au sud, situe trois kilomtres de l.

Les vestiges de la mine sont difficiles trouver si l’on ne connat pas bien le pays. Le site est dsormais cach par la vgtation, ce qui n’tait pas le cas au premier tiers 19me sicle lors de la fivre minire qui s’est empare de la rgion.
Les premiers travaux de recherches au Bosberty remonteraient au dbut des annes 1830 selon les archives du BRGM (1). Une premire ordonnance royale institue l’exploitation de la concession le 15 mars 1837 pour une superficie d’environ 51 hectares Pierre Boudon, dj propritaire de la mine d’Antimoine « La Forge » situe sur la commune d’Anzat-le-Luguet. Celui-ci cdera ses droits au fondateur de la Socit minire de Bosberty, Henry-Jules Borie, ingnieur civil des mines demeurant au Puy-en-Velay. La constitution de cette socit s’est faite le 14 fvrier 1838.

Dans son tude sur la composante mtallo-minire du Bosberty, paru en 2005 dans l’Almanach de Brioude, Guy Pegre (1) apporte de prcieux renseignements sur le filon du Bosberty qui fut exploit flanc d’une ravine par quatre galeries tages diffrents niveaux. Le dveloppement des trois galeries infrieures reprsenterait 260 mtres au total.

« A l’poque de la mine du Bosberty, rien ne pouvait laisser vraiment prsager une exploitation prolonge. La seule faon de savoir si le sol renfermait bien les richesses qu’on comptait dcouvrir tait d’aller en explorer les profondeurs explique le chercheur. La progression s’effectuait alors «  vue », c’est--dire partir de galeries ouvertes en traage du filon. On tait dans l’impossibilit de reconnatre les structures minralises, leurs extensions en profondeurs ainsi que de comprendre la morphologie du gte, autrement qu’en effectuant des travaux miniers... ». Les entres de galeries sont dsormais boules, on ne peut plus vrifier la qualit du filon ni avoir des informations sur les travaux d’exploitation.
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1) BRGM, Archives du site rgional de Clermont-Ferrand
2) Une insolite composante mtallo-minire la grandeur de la Rvolution industrielle Bosberty dans le Pays de Blesle. Almanach de Brioude, 2005. Guy Pegre, ancien membre de l’Association pour le Contact et l’Information en Archologie Industrielle

ANZAT-LE-LUGUET/MOLEDES
Les deux sites de la mine du Bosberty (2)
Les deux sites de la mine du Bosberty (2)

Le site minier de 51 hectares du Bosberty tait compos de deux lieux distincts : le site d’extraction proprement dit situ dans un vallon 300 mtres au sud-ouest du hameau du Bosberty non loin des Brches de Giniol, et l’atelier de traitement du minerai construit dans le ravin du ruisseau du Barthonnet. Une exploitation minire qui n’eu qu’un intrt local dans un site sauvage difficilement accessible, loin des axes de communication et prs de 1200m d’altitude.

Du site d’extraction du minerai il ne subsiste qu’une petite halde de couleur jauntre et dnude, consquence plus de 150 ans aprs son dpt de la corrosivit des sels arsnicaux.
A quelques dizaines de mtres au-dessus du monticule de dchets miniers se trouve le puits de la mine qui donnait accs la galerie principale et au filon Graveyrou.
La concession d’origine qui date de 1837 aurait pu recevoir en 1842 un avis favorable d’extension si entre-temps la Socit Borie et Compagnie, ptitionnaire n’tait entre en liquidation. Ces difficults de gestion des concessionnaires se retrouvent dans toutes les mines du secteur. Aprs la frnsie pour les ressources minires, nombreuses socits minires ne furent que des miroirs aux alouettes. Il y eu beaucoup de banqueroutes. La mine du Bosberty connatra ce destin.

Le gisement n’tait pourtant pas si mauvais. Le gte minral tait form de Mispickel gangue quarteuze contenu dans un filon nord-sud de 25 30 centimtres d’paisseur, enclav dans le gneis. Quatre galeries rparties sur une hauteur totale d’une soixantaine de mtres y furent creuses. Les rapports des ingnieurs des mines de 1896 prcisent que dans la galerie principale le filon s’est montr trs riche. Un des obstacles l’exploitation rgulire de la concession fut en fait son exiguit car « l’irrgularit des gisements mtallifres en Auvergne est telle qu’une entreprise ne peut vivre qu’ condition de faire des recherches constantes de divers cts, sur divers filons...
Et concernant l’Arsenic la mine pouvait « tre parfaitement viable si les droits de douane sur l’acide arsnieux allemand taient maintenus... » Mais finalement ce sont les difficults de transport dans une rgion 1200 mtres d’altitude et 15 kilomtres de la voie ferre Blesle et les avis ngatifs d’extension de la concession qui ne dpassait pas 51 hectares qui mettront fin l’activit du site en 1851.
L’autre difficult de taille faut que dans cette rgion d’altitude, trs froide et enneige, priode de l’anne o les conditions d’existence taient si rudes les travaux de la mine et le fonctionnement de l’usine furent certainement quasiment impossible.

Rachete en 1898 aux Domaines par Monsieur Lassalle industriel de Montluon celui-ci repris les travaux qui occuprent en 1902 18 ouvriers. En 1914 monsieur Lassalle meurt insolvable. Ses hritiers renonceront la concession. Il faudra attendre 1960 pour que la concession du Bosberty soit dfinitivement annule.

Aujourd’hui sont encore visibles la halde et l’entre du puits principal autour duquel subsistent des lments mtalliques dont la lourde embase de fonte de l’ancien treuil.

L’atelier de traitement du minerai
En 1838 a t construit l’atelier de traitement dans le ravin sur la rive droite du ruisseau du Barthonnet, commune de Moldes. L’objectif de dpart tait de faire le maximum de travaux sur place avant l’expdition. Compltement arrts entre 1841 et 1845 le traitement du minerai reprendra mais transfr  Brassac-les-Mines.L’usine devint un simple atelier de bocardage.

L’tude des ruines laisse deviner le complexe d’exploitation construit en pierre et qui se composait d’un seul btiment d’une soixantaine de mtres carrs sur une dizaine de mtres de hauteur authentifi par une ancienne carte postale.. Le tout adoss l’imposante chemine. La fondation d’anciens btiments indiquent par ailleurs la prsence de constructions annexes pour la direction et les ouvriers.

L’impressionnante chemine 

La chemine reste l’lment le plus spectaculaire des lieux. On est surpris de dcouvrir en ce lieu insolite et d’accs difficile cette monumentale et impressionnant construction de 33 mtres de haut, le seul vestige dsormais visible de l’atelier de traitement du minerai. Cette chemine pans carrs et pyramidale est trs bien construite. Sa base est soigneusement compose de grosses pierres, des moellons extraites de roches gneissiques prleves dans le secteur, quarris en gros appareil, puis soigneusement ajusts sans joint de maonnerie. Cette vertigineuse construction comporte mi-hauteur un linteau de maonnerie qui renforce sa stabilit dans sa verticalit. 150 ans aprs sa construction malgr son flchissement amorc dans sa partie suprieure elle garde toute sa solidit et tonne encore en surplombant de plusieurs mtres la cime des arbres.

La fonderie
Isole dans la montagne du Czallier la concession impliquait une installation sur place pour le concassage du minerai et sa transformation. 

L’atelier de traitement du minerai arsenical a t implant 200 mtres du site d’extraction, sur un replat longeant le ruisseau du Barthonnet, l’endroit mme o fonctionnait antrieurement le petit moulin seigle ’le Moulin Venot ». 

Une conduite force, peut-tre celle de l’ancien moulin, amenait l’eau la fonderie et permettait d’actionner une roue palette pour le fonctionnement de la machine craser le minerai avant sa fonte (le bocard), et le soufflet des fours pour la fusion.
Cette fonderie totalement disparue comportait selon les archives deux fours pour le grillage et deux pour la purification qui provoquait la distillation de l’acide Arsnieux et sa transformation l’tat solide. C’est en tout cas ce que prsentait le livret publicitaire remis aux actionnaires de la mine en 1838.

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Sources :

- BRGM, Archives du site rgional de Clermont-Ferrand
- Une insolite composante mtallo-minire la grandeur de la Rvolution industrielle Bosberty dans le Pays de Blesle. Almanach de Brioude, 2005. Guy Pegre, ancien membre de l’Association pour le Contact et l’Information en Archologie Industrielle

ANZAT-LE-LUGUET/MOLEDES
Chronologie de la concession minire du Bosberty (3)
Chronologie de la concession minire du Bosberty (3)

Des premiers travaux de recherches en 1834 l’annulation de la concession en 1960, le site minier d’arsenic argentifre et aurifre du Bosberty connatra bien des difficults malgr ses importants filons et ses propritaires aventureux. Une histoire de plus de 125 ans au cœur du massif du Czallier.

1834 : premiers travaux de recherches suite la dcouverte de filons arsenifres dans le secteur du hameau du Bosberty aux limites des dpartements du Puy-de-Dme et du Cantal.
Durant trois ans, trois mille quintaux de minerais d’Arsenic seront extrait dmontrant une certaine rentabilit du gisement du Bosberty.

1837 : le 15 mars, Ordonnance Royale instituant la concession du Bosberty pour trois annes des quatre filons constats d’arsenic argentifre et aurifre.
Le filon principal et trois filons annexes dits de Graveyroux, de l’usine et de Vins-Haut. L’ordonnance fixe la superficie 51 hectares, accorde monsieur Pierre Boudon dj concessionnaire de la mine d’Antimoine de « La Forge » d’une importante tendue de 641 hectares sur la commune d’Anzat-le-Luguet et de Lubihac de 810 hectares en Haute-Loire.

1838 : le 14 fvrier Pierre Boudon cde ses droits d’exploitation la Socit des Mines du Bosberty constitue par monsieur Henri-Jules Borie, ingnieur civil des Mines qui inventera par la suite les toits terrasses des immeubles. Le sige de la Socit est 12 place de la Bourse Paris. Monsieur Borie tablit en mme temps une usine Brassac (Haute-Loire) pour le blanchissage de l’Arsenic.

1839 : construction d’un atelier de traitement du minerai et d’une chemine de 33 mtres de hauteur dans le vallon du ruisseau du Barthonnet sur la rive droite cadastre sur Moldes.

1840 : La Socit des Mines du Bosberty entre en liquidation. Les cranciers pillent les btiments de l’usine de traitement du minerai.

1841-1845 : plus aucune activit n’a lieu sur la concession

1842 : le concessionnaire constate l’insuffisance du minerai qui ne permet pas la rentabilit des travaux.

1844 : le Service des Mines aprs enqute fait tat de douze filons reconnus dans le secteur du Bosberty.

1845 : monsieur Ernest Brire entrepreneur de Neuilly reprend la concession minire et fait excuter quelques travaux de recherches. Il reprend galement l’usine mtallurgique de Brassac et la mine d’Espeluche.Les travaux ne dureront que quelques mois.

1851 : la concession est de nouveau ni explore ni inexploite.

1895 : les hritiers de monsieur Brire sont dchus de leur concession pour inexploitation continue de la mine du Bosberty.

1896 : le 30 juin, adjudication infructueuse de la concession du Bosberty la Prfecture du Puy-de-Dme malgr une importante publicit dans les journaux rgionaux du Cantal, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dme.

1898 : le 30 juillet monsieur Thodore Lassalle, industriel Montluon rachte pour deux cents francs aux Domaines la concession.

1900 : monsieur Thodore Lassalle demande une extension de la concession aprs avoir t mis en demeure par le Service des Mines de reprendre les travaux de dpilages au Bosberty.

1901 : le 31 mai, un arrt prfectoral met en demeure le propritaire de la mine de remettre en activit l’exploitation du site. Le 9 juin, monsieur Lassalle annonce qu’il a repris les travaux.

Un dcret du 19 dcembre institue au profit d’Auguste Lumire et Max de Lagrevol, la concession voisine de Mispickel de Vze situe sur le prolongement mridional du filon du Bosberty et par le fait mme rejette la demande d’extension de la concession du Bosberty faite par monsieur Lassalle malgr la note favorable de l’ingnieur des mines au projet d’extension de 405 hectares.

1902 : travaux de dpilages entrepris par la Socit Gnrale d’extraction de l’or pour laquelle monsieur Lassalle a amodi moyennant une redevance priodique. Les travaux consistent en une galerie d’avancement de 70mtres de longueur et d’un puits en fonage profond de 12 mtres. Les travaux occupent alors 18 ouvriers mineurs attests par une visite sur place d’un contrleur du Service des Mines. Le dpilage donnera 100 tonnes de minerais 4% de teneur.
Une note du ministre indique le 31 mars qu’il n’y a plus lieu de poursuivre une procdure de dchance.

1914 : monsieur Lassalle meurt insolvable. Ses hritiers renoncent la concession. Le tribunal de 1re Instance de Montluon dclare la concession vacante et nomme un curateur pour administrer la mine et assurer sa conservation.

1929 : le 19 janvier, arrt ministriel de dchance. Le 21 octobre, mise en adjudication publique la Prfecture du Puy-de-Dme Clermont-Ferrand. Sans acqureur.

1930 : la concession minire du Bosberty tombe dans l’oubli.

1960 : le 12 janvier la concession du Bosberty est dfinitivement annule. Fin d’une pope locale. Selon la loi minire en principe le site redevient libre la recherche. Depuis, le site attire rgulirement des amateurs de minraux.

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Sources : Archives du BRGM, Clermont-Ferrand


CHANET-FEYDIT/ALLANCHE
La mine de Conche au coeur de la valle de la Sianne (1)
La mine de Conche au coeur de la valle de la Sianne (1)

Sur la rive droite de la Sianne, le site d’exploitation de la mine d’antimoine (stibine massive) tait implant la base d’une zone boise. Les travaux de recherches ont dmarr en 1887. Dbut vers 1893 l’exploitation de la concession a pris fin dfinitivement en 1919 pour une production estime 800 tonnes. Galerie, carreau de la mine et halde sont encore visibles aujourd’hui.

Carreau de la mine. Seule photo connue du site minier (vers 1910)

Le sol de la mine d’antimoine de Conche en plein coeur de la valle de la Sianne tait form de gneiss partiellement recouvert de basalte, et profondment ravin du nord-ouest au sud-est par la rivire. Le filon de sulfure d’antimoine avait t reconnu sous le nom du « Pre Lachaise » entre la petite chapelle romane de Chanet et le hameau de Conche-bas par les travaux de recherches de monsieur Emmanuel Chatillon en 1887. Ce filon dclar important, enclav dans le gneiss contenait un remplissage de quartz et sulfure d’antimoine intimement mlangs, fournissant un minerai de basse et moyenne teneur estim en 1891 tre capable de donner 6 20% de mtal.

Des bandes verticales striles de roche divisaient parfois le filon en plusieurs veines au milieu desquelles se rencontraient d’assez nombreuses godes incrustes de sulfure d’antimoine cristallise en aiguille. L’paisseur des parties minralises tait en moyenne de quarante centimtres mais qui par endroits tait quatre fois suprieure. Bref un assez bon filon laissant prsager une belle exploitation pour le propritaire des usines d’antimoine de Blesle.
Les travaux avaient t ouverts flanc de cte sur le versant sud-ouest de la valle de la Sianne. Ils constituaient au dbut en quatre galeries de 65 425 mtres de longueur.
L’exploitation de la concession de Conche s’est situe une priode technique charnire. Dans le rapport de l’ingnieur des mines en 1891, celui-ci dclarait que le « gte de Conche entrait dans la catgorie des mines grosse production mais faible teneur de minerai exploitable ».

Un bornage particulirement minutieux
Le 20 avril 1893 lorsque le dcret institue officiellement la concession minire d’antimoine de Conches monsieur Emmanuel Chatillon un arrt du Sous-Prfet de Murat dat du 11 aot 1893 prcise alors que le concessionnaire doit dans un dlais de trois mois procder au bornage de la concession et indique prcisment certaines modalits d’excution.
Ainsi, une borne devra tre plante chacun des sommets du primtre ainsi qu’au point H situ l’angle sud-ouest de la chapelle de Chanet. Les bornes seront en pierre dure et auront un minimum une section de quatre dcimtres carrs et une hauteur de 0,80 mtres dont la moiti sera enterre. Elles porteront en lettre les noms de la concession ou la lettre initiale de ce nom. Les bornes seront plantes en prsence de l’ingnieur des mines aprs vrification de leur emplacement. Les maires de Chanet et de Moldes en seront informs.

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Sources : Archives BRGM, Clermont-Ferrand


CHANET-FEYDIT/ALLANCHE
Chonologie de la concession d’antimoine de Conche (2)
Chonologie de la concession d’antimoine de Conche (2)

Le site minier de Conche fut l’un des plus actifs de la valle de la Sianne malgr son implantation 19 kilomtres de la gare de Blesle et ses accs difficiles par le fond de valle. On doit les premires recherches l’industriel Emmanuel Chatillon en 1887. La concession connatra des priodes d’inactivit. L’acte de renonciation interviendra en 1926.

3 Novembre 1887 : monsieur Emmanuel Chatillon, industriel Brioude effectue des recherches minires et explore des terrains dans la valle de la Sianne. Il obtient l’autorisation de faire les fouilles Conche grce une convention avec les habitants du hameau de Combalut (commune d’Allanche) qui appartiennent les terrains communaux. Ce permis est confirm par la prfecture du Cantal.

26 avril 1889 :  l’occasion d’une demande d’un permis de vente, Monsieur Debicheret, ingnieur des mines, visite les travaux d’exploration du gte ninier de Conche.

28 novembre 1889 : visite du site par l’Ingnieur en chef des Mines. Il constate que les travaux sont ouverts flanc de coteau sur le versant ouest de la valle de la Sianne dans un bois communal qui dpend du territoire de la commune de Chanet.

26 novembre 1890 : monsieur Emmanuel Chatillon sollicite une concession de mine d’antimoine, de pyrites de fer arsnicales et cuivriques et autres minerais connexes sur le territoire des communes de Vze et Chanet. La concession embrasse une tendue superficielle de 51 hectares.

31 janvier 1891 : l’avis administratif de la prfecture du Cantal porte la demande de concession la connaissance du public.

18 mars 1891 : le Conseil Municipal de la commune de Chanet s’oppose la demande de concession prtextant que monsieur Emmanuel Chatillon aurait sans autorisation et sans versement d’aucune indemnit, extrait du minerai d’antimoine de plusieurs proprits publiques ou prives de la commune. Le Conseil craignant par ailleurs que la fume se dgageant d’une usine de traitement serait nuisible aux propritaires du voisinage.

25 mars 1891 : monsieur Jacques Monnier, propritaire au hameau de Conche-haut, dclare avoir cd monsieur Brugeyroux de Marmessac un droit de rechercher et d’exploiter les minerais contenus dans ses proprits, lesquelles sont englobes dans la demande de concession de monsieur Chatillon.

25 avril 1891 : monsieur Annet Brandon, propritaire au hameau de Fournial dclare qu’il a dcouvert et signal en prfecture en 1888 plusieurs mines de pyrites de fer d’argentifre et autres minerais dans ses proprits. Il demande que le primtre des gisements viss par monsieur Chatillon soit rduit du ct Est de manire ne pas englober ses proprits.

20 dcembre 1891 : l’ingnieur des mines, monsieur Debicheret, dans son rapport ne voit aucun obstacle a notifier monsieur Emmanuel Chatillon le droit d’exploitation et propose que la concession lui soit accorde sous le nom de Mine de Conche. Les diverses oppositions n’ayant donn aucune suite.

20 avril 1893 : institution par Dcret de la concession de Conche portant sur les communes de Chanet et Moldes au profit de monsieur Emmanuel Chatillon. Sa superficie est de 300 hectares.

26 dcembre 1893 : visite des travaux souterrains du contrleur des mines qui rapporte que le site comprend quatre galeries d’exploitation dbouchant flan de coteau :
- la galerie N°1 a une longueur de 110 mtres. Il s’agit d’un chantier qui dpile les affleurements. Deux ouvriers sont occups ce chantier. Ils produisent de 6 7 tonnes de minerai par mois.
- la galerie N°2 situe 15 mtres en contrebas et dont les dpilages sont termins est d’environ 100 mtres.
- la galerie N°3 est en direction et a une longueur de 200 mtres. On y accdait par une galerie en travers-blancs de 70mtres.
- la galerie N°4 est la plus longue avec 216 mtres au coeur d’un filon d’antimoine. Deux chantiers d’abattages existent dans la partie minralise du filon. On y travaille en deux postes. L’un occupe huit ouvriers et l’autre quatre. Ces deux chantiers fournissent en moyenne 23 tonnes de minerai par mois.

L’ingnieur des mines a t trs attentif aux conditions d’aration des diffrentes galeries. Il explique dans son rapport que l’entre de l’air se fait par le travers-blancs jusqu’au fond de la taille. Le chantier est ar par diffusion et retourne par une conduite en bois dans une chemine. En bas de la chemine fonctionne un feu coke (50kg par jour) pour faciliter l’arage de l’ensemble de la mine.
Le creusement de la quatrime galerie eu pour consquence de mettre sec une fontaine situe sur le chemin de Conche l’glise de Chanet. Un captage de l’eau ferrugineuse a t mis en place pour l’amene par un tuyau une nouvelle fontaine situe l’entre de la galerie. (source qui existe toujours).
L’ingnieur rapporte que les exploitants se donnent trois ou quatre ans pour terminer les dpilages. Pendant de temps ils se proposent de faire d’autres recherches.

La production moyenne du site de Conche est de 30 tonnes par mois de minerai, d’une teneur de 12 15%, traites sur place par sublimation.

1893 : grande poque de la mine qui emploie au total 20 ouvriers : 16 mineurs, 2 rouleurs, 1 trieur et 1 menuisier. Le salaire d’un mineur est de 9,70 francs par jour, 2,50 pour les rouleurs et le trieur.

1895 : les travaux miniers Conche sont abandonns

Novembre 1901 : les travaux miniers reprennent sur le site de Conche.

1903 : le site de Conche n’est plus exploit. Deux ouvriers seulement assurent l’entretien des installations. Situation qui perdura jusqu’en 1921.

11 avril 1905 : Monsieur Emmanuel Chatillon cde la mine de Conche la Minire e fonderie d’antimonio dont le sige est Gne (Italie).

1906-1913 : le gte de Conche a produit 756 tonnes de minerai 13% en teneur de SB.

Mai 1909 : reprise de l’exploitation de la mine de Conche dans une partie non explore jusque l. Mais l’extraction est insignifiante. La mine emploie seulement un matre mineur et huit ouvriers, dont deux manoeuvres

1909-1915 : la mine de Conche est inexploite

14 aot 1910 : la socit est autorise par Dcret runir les concessions de La Licoulne, Cistrires, Lubilhac (Haute-Loire), Anzat-le-Luguet (Puy-de-Dme), Ouche et Conche (Cantal) Luri-Castello (Corse).

1915-1918 : durant la premire guerre mondiale le gte de Conche produit 22 tonnes de minerai 18% en teneur de SB, ce qui est suprieur au deux autres mines en activit Lubilhac et Ouche.

1919 : la mine de Conche a cess dfinitivement toute activit.

Juin 1922 : un Dcret autorise la cession de la mine de Conche la Socit anonyme franaise Mines et fonderies d’antimoine.

12 juin 1924 : le Conseil d’Administration de la Socit et Fonderie d’Antimoine (Massiac) propritaire de la mine de Conche dcide de renoncer la concession.

20 mars 1925 : la Socit des Mines et Fonderies d’Antimoine (SAMFA) demande officiellement la renonciation de la concession pour les raisons suivantes : la mine de Conche est situe grande distance de l’usine de traitement (Blesle 19 kilomtres), la minralisation est peu puissante, continuer l’exploitation exige de crer des maisons pour les ouvriers. En clair la Socit estime que la concession de Conche n’est plus rentable conomiquement.

18 mai 1926 : l’ingnieur en chef des mines de l’arrondissement de Clermont-Ferrand, malgr l’avis de l’ingnieur Brizard, est d’avis que la renonciation la concession de Conche doit tre refuse estimant que l’inexploitabilit du gisement en l’tat actuel de la mtallurgie de l’antimoine n’est pas prouve.

6 dcembre 1926 : acte officiel de renonciation. La concession minire de Conche n’existe plus.

MOLEDES
La mine de plomb argentifre de Fournial (1)
La mine de plomb argentifre de Fournial (1)

La mine de plomb argentifre de Fournial est situe sur la commune de Moldes. Le filon appel « Le filon de Colombine » qui aurait t repr en 1880 par le meunier du moulin de Fournial affleure le flan nord de la valle de la Sianne. Depuis cette dcouverte le filon a fait l’objet de nombreux travaux de recherches et d’une priode d’exploitation d’une vingtaine d’annes. Il s’agissait d’un filon de quartz minralis en sulfures de plomb, de zinc et d’argent.

Comme la plupart des filons du secteur la puissance utilisable tait faible, de l’ordre de 20 centimtres. D’aprs les renseignements datant de l’poque des travaux Fournial, les teneurs en plomb et en zinc taient trs faibles, de l’ordre de 5%, la teneur en arsenic tant par contre trs leve. Quant au minerai argentifre celui-ci renfermait 500g d’argent la tonne et certaines zones allant jusqu’ 800g la tonne.

Le filon puis la concession de Fournial ont t exploits partir de 1911 pour des travaux de recherches puis d’extraction des minerais par plusieurs socit successivement, preuve de la difficult rencontre par les investisseurs pour rentabiliser le gte pourtant reconnu comme important : la Socit Anonyme de Recherche et d’Exploitation Aurifre, AREA (1912-1922), la Socit Auxiliaire de l’Entreprise (1927), la Compagnie des Mines et Mtallurgiques du Centre (1929).


Les premires installations de l’exploitation du minerai Fournial ont t dcrite par monsieur Bonneval Contrleur des mines en 1918 : « Prs des galeries crit-il dans son rapport, il a t tabli une petite usine de traitement qui comprend un four rverbre pour le grillage du minerai, un cubilot qui donne du plomb et des scories de zinc traites ensuite au water jacket. Les fumes du cubilot et du water jacket passent dans une chambre de condensation o elles sont recueillies au moyen de sac. Il existe en outre un moteur gaz pauvre, une dynamo pour le courant continu, un ventilateur soufflant pour le cubilot et le water jacket, un ventilateur aspirant pour la chemine d’appel, un concasseur, un broyeur et un moulin boulet... ». Toutes ces machines attestent du bon quipement ds l’origine de l’exploitation minire de Fournial.

En raison du manque de technique de sparation des diffrents lments du minerai le transport du minerai tout-venant tait un vrai problme et fort coteux. Alors que les procds anciens bass sur la gravit permettaient  grand-peine  rcuprer dans les concentrs 60 70% des mtaux contenus dans un minerai, le flottage bien excut rcuprait 95% de ces lments. Ce procd a radicalement transform les conditions conomiques de l’exploitation minire notamment pour des minerais pauvres d’Auvergne.
Un atelier de flottation avait donc t install vers 1927, cette technique nouvelle permettant d’assurer sur place le traitement mcanique des minerais en vue de leur enrichissement. Cette production avait aussi l’avantage de diminuer le transport de tonnages de concentrs de galne et de blende argentifre.
Les conditions de travail taient difficiles. Le roulage dans les galeries s’effectuait par berlines isoles et pousses la main. Plusieurs accidents ont eu lieu notamment en 1930 qui amneront le Service de Mines prendre de nouvelles mesures pour mieux sauvegarder la scurit et l’hygine des ouvriers.

Annes de prosprit

C’est en 1931 que la concession minire de Fournial a connu ses annes de prosprit. Une nouvelle usine-laverie avec son atelier de flottation est construite par des sous-traitants allemands en escalier sur le versant Est de la valle de la Sianne un peu l’cart de l’ancienne usine situe dans le ravin de la Colombine. L’effectif atteint 180 ouvriers mineurs, des gars du pays, mais aussi des Polonais. Pour hberger ses ouvriers l’entreprise amnage des logements et un dortoir dans les maisons du hameau de Fournial-bas. L’ancien moulin sert de cantine. Cette anne l, la production atteint le chiffre record de 2200 tonnes de minerais traits. Pour faire fonctionner l’usine est lance la construction par quatre ouvriers d’une ligne lectrique de 7 kilomtres pour relier Molompize la ligne Massiac-Saint-Flour. Mais cette embellie sera de courte dure. Pour finir, l’usine sera entirement dmonte pour tre rinstalle la mine de la Loubatire dans l’Aude.

Les haldes toujours visibles sur place sont abondantes alors qu’une partie a dj t emporte par la Sianne au fil du temps. Il subsiste nanmoins une plate-forme qui s’tire jusqu’en contrebas du mur de l’ancienne usine-laverie d’environ 200m de long sur 30 m de large et 3m de hauteur. Ces haldes sont trs riches en minerais (galne, blende, pyrite, sulfosels d’argent... ce qui peut encore occasionnellement polluer la rivire toute proche. Ces rsidus de lavage taient achemins par un plan inclin sur le ct de la laverie moderne.

La plus ancienne halde du site se situe dans le ravin du Mouguvay, prs des ruines de la premire usine, une halde ocre au niveau de la galerie Tesseidre longue de 100 mtres par 20m de large pour une hauteur de 4 mtres. Elle est encore riche en minerai pyriteux.

De l’poque hroque de Fournial il nous reste quelques rares photographies ralises par un amateur clair du hameau la Besseyre de Moldes avec son gros appareil soufflet sur trpied qui montrent les installations de la premire usine dans le ravin de la Colombine. Nous sont ainsi parvenues de prcieuses photos de paysans-mineurs devant la forge o l’on refaisait en permanence les pioches et piolets, les outils pour casser la roche.

Ces images restituent la composition des quipes d’hommes, des paysans du pays, casquette sur la tte, sabots aux pieds, lampes carbure la ceinture qui duraient un poste de huit heures. Ces documents d’archives montrent galement l’importance des traditions minires notamment lorsque le 28 juillet 1928 l’administration des mines de Fournial fait riger et bnir une statue de Notre-Dame des Miracles l’entre de la mine en prsence du Conseil d’Administration.

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Water jacket : four cuve, refroidi par une circulation d’eau dans une double paroi, utilis notamment dans la mtallurgie du cuivre et du nickel. Le water-jacket rpondait parfaitement aux quipements de traitement des minerais sur le gisement mme et il a t adopt d’une faon gnrale en quelques annes par toutes les mines de France.

Four rverbre : systme o la chaleur est rflchie (rverbre) par la vote du four. Dans ce type de four, le combustible est brl dans une chambre diffrente de celle des matires traites. Ainsi, on limite les interactions indsirables entre la combustion et les matires traiter.

Sources : J.J Perrichaud bulletin de la Socit Franaise de Minralogie, 1966
Archives du BRGM, Clermont-Ferrand et archives prives.

MOLEDES
Chronologie de la mine de Fournial (2)
Chronologie de la mine de Fournial (2)

Le site minier de plomb argentifre de Fournial aura t la plus importante exploitation mtallurgique de la valle de la Sianne. Reconnue riche en minerais la concession passera en plusieurs mains jusqu’ son dmantellement en 1939. Longues galeries, usine-laverie en tage imposante, production consquente, emploi de beaucoup d’ouvriers mineurs…la mine de Fournial restera une aventure industrielle unique dans cette valle de la Haute-Auvergne.

Paysans-mineurs devant l’entre d’une galerie dans le ravin du Mouguvay, Fournial vers 1920. (Photo collection ACVS)

26 novembre 1880 : Monsieur Brandon, meunier au hameau de Fournial-bas dclare la prfecture avoir dcouvert plusieurs filons d’antimoine dans sa proprit de Mougavay sur la commune de Moldes et demande l’autorisation de faire des recherches.

25 octobre 1911 : monsieur Gaston Vaussard sollicite un permis de recherches pour du minerai de Mispickel et de minerais connexes sur la commune de Moldes et s’inquite que d’autres explorateurs viennent faire des demandes identiques la sienne sur ses terrains.

Avril 1912 : la Socit anonyme de Recherches et d’Exploitations Aurifres (AREA) effectue Fournial des travaux de recherches sur un filon de blende et de galne. L’analyse portant sur du minerai tout venant rvle 15% de plomb et deux kilogrammes d’argent la tonne.

27 novembre 1912 : Alfred Hache, Prsident d’AREA demande une concession pour le site minier de Fournial.

4 juillet 1914 : la Socit AREA adresse une demande de permis de disposer des produits de ses recherches sur le gte de Fournial. Le travail de la mine a t suspendu la mobilisation gnrale. Durant toute la premire guerre mondiale les installations minires ne seront pas entretenues.

20 mai 1915 : AREA fait part au directeur des Mines de Clermont-Ferrand de son impatience et souhaite connatre l’tat d’instruction de sa demande de concession Fournial. L’administration lui indique qu’en raison des vnements lis la guerre toutes les demandes statuer sont en sursis.

1918-1920 : Aprs la guerre l’activit de la mine reste trs faible.

15 fvrier 1919 : AREA demande le renouvellement du permis de vente du minerai de Fournial.

1920 : reprise de l’instruction de la demande d’AREA sous le rgime de la nouvelle loi minire de septembre 1919/

1er juillet 1921 : la Socit AREA demande un sursis d’instruction de son dossier pour un an afin de faire la preuve de ses capacits financires actuellement insuffisantes pour justifier l’octroi d’une concession minire Fournial.

27 avril 1922 : la Socit AREA retire sa demande de concession. Elle est accepte par dcision ministrielle le 8 mai 1922.

3 fvrier 1927 : le liquidateur de la Socit AREA accepte une demande de monsieur Poorter qui se dclare ingnieur conseil et administrateur unique de la Socit Auxiliaire de l’Entreprise et qui souhaite reprendre les travaux de recherches Fournial. Les accords passs avec la Socit AREA et les propritaires des sols sont substitus monsieur Poorter.

1er juin 1927 : dbut de nouveaux travaux de recherches Fournial qui consistent en premier lieu au dblaiement et la remise en tat des galeries creuses durant la priode de la guerre par la Socit AREA, et en partie boules.

27 octobre 1927 : un arrt prfectoral accorde une autorisation de disposer du produit des recherches, valable jusqu’au 16 novembre 1927, la Socit Auxiliaire de l’Entreprise. L’autorisation ne concerne pas les travaux d’exploitation qui sont toujours bloqus.
Mars 1928 : la Socit Auxiliatrice de l’Entreprise fait apport de ses droits et de ses recherches la Socit des Mines d’Argent de la Colombine.

1928 : la concession de la mine de Fournial est tendue 1180 hectares.

7 fvrier 1929 : la mine de Fournial emploie 25 ouvriers dans les galeries et 10 au jour. Depuis la reprise des travaux 280m de galeries ont t creuses ou releves. Une ligne lectrique de 7 kilomtres a t installe pour amener l’nergie ncessaire aux travaux.

1929 : un rapport de l’Inspecteur des mines prcise que le stock tout venant est de 50 tonnes (concentr de plomb 38% 42%) et contenant jusqu’ 17 kilos d’argent la tonne de minerai. Il indique que 59 tonnes de plomb ont t vendues sur l’ensemble de l’anne.

19 novembre 1929 : les actionnaires dcident de changer le nom de la Socit exploitant le gte de Fournial en Compagnie des Mines et Mtallurgiques du Centre.

7 et 11 mars 1930 : deux accidents la mine Le premier est provoqu par la chute d’un gros morceau de bois. Un ouvrier est amput de la jambe droite. Le second est d l’explosion d’un culot repris au marteau perforateur. Un ouvrier perd la vue. Le Service des Mines arrte de nouvelles mesures pour mieux sauvegarder la scurit et l’hygine des ouvriers Fournial.

31 mai 1930 : la Compagnie des Mines et Mtallurgique du Centre obtient le permis d’exploitation du gte de Fournial. Le Conseil Municipal de Moldes autorise la Socit  rechercher et d’extraire des minerais sur les terrains communaux moyennant une redevance quelque soit le rsultat des travaux.
Le site emploie 30 ouvriers au fond et 7 au jour. Il atteindra 53 ouvriers en octobre.

1931 : le site de Fournial est au plus haut de son activit.
-Construction d’une nouvelle usine en tage qui remplace celle du ravin de la Colombine.
- L’effectif atteint 180 ouvriers dont de nombreux Polonais.
-L’entreprise amnage des logements et des dortoirs dans les maisons du hameau de Fournial-bas en contrebas de la mine.
- Le 9 septembre le Service des Mines autorise le dpilage des galeries Robert et Centrale 1 dans le but de permettre la production du tonnage ncessaire aux essais de la nouvelle usine de flottation.
- Le 18 octobre les essais de l’usine de flottation dmarrent. Les btiments en tage comprennent des appareils de concassage pouvant passer 100 de minerai par jour et l’atelier de flottation peut traiter 100 tonnes par jour.
- La production totale de l’anne 1931 est de 2200 tonnes.

1932 : construction d’un autre ateleir de flottation. L’effectif de la mine est redescendu 130 ouvriers.

1933 : la Compagnie des Mines et Mtallurgiques du Centre se propose de reprendre de nouveaux travaux de recherches autour de Fournial.

1939 : l’usine moderne tage est entirement dmonte pour tre rinstalle sur le site de la mine de zinc et de plomb de la Loubatire dans l’Aude.

ENQUETE
Etat des lieux sur l’ampleur de la mine de Fournial (3)
Etat des lieux sur l’ampleur de la mine de Fournial (3)

Une enqute met en vidence l’importance des travaux miniers effectus sur le site de Fournial au dbut du XXme sicle. Le rapport signale l’existence visible de six ouvrages dbouchant encore au jour, 80 ans aprs la fermeture du site : cinq galeries et une chemine d’aration. Une carte nous permet de visualiser la rpartition des galeries sur l’ensemble du site. Une mine d’information sur l’exploitation de la mine argentifre de Fournial

L’inventaire a t effectu en 2002 sur les anciens sites miniers du District de Massiac afin de mieux connatre les vestiges des anciens ouvrages et leurs risques ventuels. En effet, des poques diffrentes, les exploitants des concessions minires ont pu creuser des ouvrages souterrains sans pour autant reporter leur emplacement sur des cartes, ou du fait que des plans ont pu tre perdus. Les vestiges du site de Fournial importants.

Sources/BRGM/Godris

Ouvrage 1 Galerie centrale
C’est la galerie la plus visible et la mieux conserve situe immdiatement en contrebas de la route dpartementale. Elle forme une vote ronde en brique et parements en pierres cimentes. Elle donne accs un rseau de plusieurs centaines de mtres de galeries et descenderies. La galerie est innonde en permanence sur 20 centimtres de hauteur. L’exhaure est de couleur rouille. L’eau est ferrugineuse avec un dbit de 4 5 litres seconde.
Les haldes sont abondantes mais une partie a dj t amplement emporte par la Sianne. Il en subsiste une plate-forme qui s’tire depuis l’entre de la galerie jusqu’en contrebas de l’ancienne laverie. Elle fait environ 200 mtres sur 30 de surface sur une hauteur de trois mtres, au bord mme de la Sianne.
Au niveau de la laverie, cette halde est recouverte de graviers et de boues provenant du concassage et du lavage gravimtrique du minerai.

Ouvrage 2 la poudrire
Elle est situe sur la rive gauche du ruisseau de Mouguvay qui passe devant l’ancien bureau de la mine aujourd’hui transform en maison d’habitation.
Cette entre est situe sur une halde importante, l’entre est bante et donne accs un travers-banc de 10 mtres qui dbouche dans un traage. Selon les plans de 1933, il s’agirait de deux courtes recoupes droite et gauche du travers-banc, l’ensemble formant un T.

Ouvrage 3 La galerie Tesseidre
Vue de l’entre de la galerie Tesseidre avec le remblai de terre et de dblai pouss devant.
Une tranche de 10 mtres de long donne accs un front de taille en roche saine de 4 mtres de haut la base duquel dmarre un travers-banc dservant plusieurs centaines de mtres de traages et descenderies.

Ouvrage 4 La galerie Marguerite
Situe au fond du vallon de Mouguvay ce travers-banc donnait accs un rseau de 150 mtres de traages. Il ne subsiste de l’ancienne entre, masque totalement, qu’une tranche d’accs de cinq mtres de long dont le fond est obstru par un effondrement de terre vgtale.

Ouvrage 5 chemine de jour
La chemine qui remontait au jour venait d’aprs les anciens plans d’un sous-niveau de dpilage intermdiaire entre la galerie Tesseidre et la surface. Sa dimension observable encore aujourd’hui une section de 1,5m par 2m mais elle se rtrcit un mtre de diamtre en aval. Elle est -demi obstrue huit mtres de profondeur par des troncs de htres jets dedans en guise de protection.

Ouvrage 6 Galerie Robert ou Cinsous
Il s’agissait d’un traage de 335 mtres de long. Son entre en berge gauche du ruisseau de Mouguvay est aujourd’hui totalement masque par des coules de terre vgtale, de boue. De cette galerie sort nanmoins une exhaure de couleur ocre d’un dbit d’environ cinq litre seconde, une eau dangereuse pour la consommation humaine et l’irrigation.

Ouvrage 7 La galerie Henri
Il s’agit d’un traage de 393 mtres de longueur, dont l’entre est aujourd’hui totalement effondre et masque dans les terrains bouleux de la berge droite du ruisseau du Mouguvay. On ne devine plus son existence que par la prsence d’un lambeau de halde ocre, trs riche en minerai pyriteux.

Ouvrage 8 La galerie Amde
Il s’agit d’un traage de 153 de long dont l’entre subsiste encore. Elle est toutefois presque entirement masque par des coules de terre vgtale et de roche altre.

Ouvrage 9 La galerie Moldes
Cette ancienne galerie en position de traage de six mtres de longueur n’est plus visible aujourd’hui.

Ouvrage 10 La galerie du Communal
C’est la seule galerie situe en bas du versant de la rive droite de la Sianne. On y accdait partir du pont du moulin de Fournial. Il s’agissait de deux petites attaques de galeries implantes dans une cassure. La principale galerie tait longue d’environ 80 mtres. D’aprs les anciens plans elle se trouvait 35 mtres au-dessus de la rivire. La galerie qui reste aujourd’hui visible est bouche par un effondrement du toit deux mtre de l’entre.

Ouvrage 11 Anciens ateliers et bureaux.
L’ancien bureau au bord de la piste a t ramnag
Des anciens ateliers de stockage ou de concassage il ne subsiste que les ruines de deux murs.
La halde du niveau Tesseidre en rive droit du ruisseau est longue de 100 mtres pour une largueur de 2omtres et haute de 4 mtres.
Sur cet emplacement se situait la premire usine de traitement du minerai installe disent les archives dans le ravin de la Colombine. Il n’en subsiste rien. L’ensemble des installations a t transfr en 1931 dans la nouvelle laverie.

Ouvrage 12 la laverie moderne
Le mur de pierre qui longe la dpartementale est le vestige visible le plus important du site minier de Fournial, autant dire peu de chose.
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Etude ralise par la Socit Goderis la demande de la Direction Rgionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) de la Rgion Auvergne. Rapport BRGM/RP652699-FR, consultable au Service ressources minrales du BRGM, 3 avenue Claude-Guillemin, 45060 Orlans. Accs rserv.


MOLEDES
1931 : une usine moderne sur le site de Fournial (4)
1931 : une usine moderne sur le site de Fournial (4)

1931, La mine de Fournial est l’apoge de son activit. L’effectif de l’exploitation atteint 180 ouvriers, dont beaucoup d’trangers, notamment des Polonais. Une imposante laverie moderne de minerais installe par des sous-traitants allemands remplace l’ensemble des anciennes installations du ravin de la Colombine.

Complexe minier impressionnant au coeur de la valle de la Sianne

La nouvelle usine s’talait toute en hauteur sur quatre tages dans la pente, en escalier. On y traitait le minerai et lavait les poussires. L’eau arrivait par une conduite arienne depuis le haut de l’usine. Sur un ct, un plan inclin permettait l’acheminement des rsidus du lavage jusqu’ la grande halde de l’autre cte de la route et formant un replat devant les entres votes des principales galeries du site d’extraction.

En 1939 la laverie sera entirement dmonte pour tre rinstalle sur le site de la mine de zinc et de plomb de la Loubatire dans l’Aude.

On peut encore remarquer en parcourant le site, qui reste dangereux sur le versant de la montagne, des cuves, des bassins en ciment, des rigoles ou l’on procdait au lavement du minerai, des btis machines. Dans la pente de la cte, ce qui correspondait aux diffrents tages de l’ancienne usine existent toujours les socles en bton qui portaient les concasseurs. Le mur de base qui constituait le flanc aval de l’ancienne laverie, bti directement le long de la dpartementale est le seul vestige visible des constructions riges en 1931. Le mur de pierre de taille une longueur de 35 mtres et une hauteur de cinq mtres.
On imagine difficilement aujourd’hui l’intense activit qui rgnait dans cette laverie ultra moderne avant la seconde guerre mondiale.

L’usine en cours de dmontage en 1939

MOLEDES
Dernier inventaire la mine de Fournial en 1965 (5)
Dernier inventaire  la mine de Fournial en 1965 (5)

En 1965, le BRGM a effectu une visite sur le site minier de Fournial dans le cadre de l’inventaire des minraux des gtes franais. Les tudes minralogiques et mtallographiques effectues par les ingnieurs ont mis en vidence la prsence Fournial de nombreux minraux dont certains sont des rarets minralogiques.

Lors de l’inventaire, parmi les espces minralogiques rpertories Fournial certaines sont des rarets minralogiques qui n’ont t dtermines que dans quelques rares gisements mondiaux. Ce fut par exemple la premire fois qu’tait signal en France de la canfieldite et de l’argyrodite, minraux connus seulement en Bolivie et Freiberg dans la Saxe.

Selon l’tude de 1965 la pyrargyrite est nettement le plus abondant des minraux d’argent dcouverts Fournial et elle est parfois visible l’oeil nu. L’examen la loupe permis d’en observer dans presque tous les chantillons riches en galne... » . Par ailleurs, les prlvements plus systmatiques, effectus sur les anciennes haldes de la mine, ont permis aux chercheurs de mettre en vidence une minralisation stano-argentifre exceptionnelle. 
Ces recherches attestent que le site de Fournial avait un vrai intrt conomique.

Lors de l’inventaire, parmi les espces minralogiques rpertories Fournial certaines sont des rarets minralogiques qui n’ont t dtermines que dans quelques rares gisements mondiaux. Ce fut par exemple la premire fois qu’tait signal en France de la canfieldite et de l’argyrodite, minraux connus seulement en Bolivie et Freiberg dans la Saxe.

Selon l’tude de 1965 la pyrargyrite est nettement le plus abondant des minraux d’argent dcouverts Fournial et elle est parfois visible l’oeil nu. L’examen la loupe permis d’en observer dans presque tous les chantillons riches en galne... » . Par ailleurs, les prlvements plus systmatiques, effectus sur les anciennes haldes de la mine, ont permis aux chercheurs de mettre en vidence une minralisation stano-argentifre exceptionnelle. 
Ces recherches attestent que le site de Fournial avait un vrai intrt conomique.


VEZE
La concession minire des frres Lumire (1)
La concession minire des frres Lumire  (1)

Sur la rive gauche de la Sianne, sous le confluent du ruisseau de la Gazze, des travaux de recherche ont t effectus pour le compte du prospecteur Chassagne et les frres Lumire, les inventeurs du cinmatographe.La concession a t vite abandonne en raison de la raret du minerai. Deux galeries sont proximit immdiate de la Sianne.


Auguste Lumire, l’inventeur du cinma, concessionnaire de la mine du Pont de Vze. L’information fait toujours sensation lorsqu’on voque le petit site minier du Pont de Vze, situ tout au fond des gorges isoles de la valle de la Sianne.
Pourquoi le clbre inventeur du cinmatographe souhait-il exploiter un site minier dans cette rgion ? Auguste Lumire, industriel Vze ? Cette rvlation a en effet de quoi surprendre. Pourquoi donc le filon de Mispickel et de fer aurifre et argentifre pouvait-il bien tre utile au dveloppement de ses inventions ?
En fait, Auguste Lumire avait normment besoin de sels d’argent utiliss comme support photographique. Il produisait chaque anne plusieurs centaines de milliers de plaques sches. Il esprait que sa concession de Vze lui fournirait ces substances essentielles pour ses activits en plein essor. Mais il renona rapidement l’exploitation du gte de Vze fort dcevant.

La mine des frres Lumire dsormais sous la vgtation au fond des gorges de la Sianne

VEZE
Chronologie de la concession des frres Lumire (2)
Chronologie de la concession des frres Lumire (2)

La concession de Vze couvrait une superficie de 382 hectares octroye par dcret du 19 dcembre 1901 au bnfice de Louis Lumire et Max Lagrvol, pour une exploitation d’or, d’argent et de substances connexes. L’affaire passa ensuite dans les mains de la Socit Minire et Mtallurgique d’Auzon. Les frres Lumire reconnaitront n’avoir jamais entrepris d’exploitation rationnelle du gte. La concession a t renonce le 10 dcembre 1919.

- 2 aot 1898 et 4 novembre 1898 : les premires recherches de Mispickel dans le secteur du pont de Vze font l ’objet de deux dclarations au Service des Mines.

- 7 dcembre 1899 : le Service des mines vient vrifier sur le site de Vze la ralit des travaux de recherches.

- 29 mars 1900 : monsieur Thodore Lassalle, directeur de mines Montluon, dclare des recherches de Mspickel sur la commune de Vze.

- 30 octobre 1900 : monsieur Jean-Baptiste Bonnet, cultivateur Fondevialle sur la commune de Moldes, fait des dclarations de recherches sur la commune de Vze, mais sans demander de constat officiel.

- 14 mai 1900 : messieurs Auguste Lumire et Max de Lagrevol introduisent une demande de concession.

- 6 aot 1900 : monsieur Lassalle fait opposition la demande d’Auguste Lumire et prsente lui-mme une demande partiellement concurrente en extension de sa concession de la mine du Bosberty sur le mme filon.

- 5 novembre 1900 : Durant la priode d’instruction de la demande de concession, Auguste Lumire et Max Lagrvol sollicitent une autorisation officielle de vente des produits des recherches minires.

- 11 fvrier 1901 : Une dcision ministrielle autorise la vente des produits miniers.

- 10 avril 1901 : le rapport de l’Ingnieur des Mines, monsieur Solente, constate que les travaux sur le gte de Vze consistent essentiellement en quatre galeries.

- 19 dcembre 1901 : dcret octroyant Auguste Lumire la concession minire de Vze reprsentant une tendue superficielle de 382 hectares et rejette par le fait la demande concurrente de monsieur Lassalle.

- 30 juin 1901 : les travaux miniers dans le primtre concd cessent.

- 24 fvrier 1902 : les propritaires de la concession remettent un rapport l’administration des Mines ralis par un ingnieur conseil qui dcrit les dispositions prendre pour assurer la mise en valeur du gte de Vze. Les galeries d’tudes ont reprsent au total plus de 350 mtres.

- Septembre 1905 : la mine est amodie la Compagnie minire et mtallurgique d’Auzon qui effectue un certain nombre de travaux miniers avec environ 20 ouvriers.. Une reprise phmre durant six mois pour une production de 300 tonnes de minerais 15% au maximum et arrt cause des difficults de transport.

1907 : Aucun nouveau travail important ne se poursuit sur le gte de Vze. L’on se borne l’entretien des travaux existants.

- 1914 : les concessionnaires n’assurent pendant la premire guerre aucune activit sur le site de Vze.

- 22 mai 1918 : un rapport de monsieur Gautier, contrleur des mines, aprs une visite des vestiges des travaux existant encore sur la concession de Vze indique l’tat d’avancement des dtriorations des galeries, des dangers d’boulement et des risques potentiels des galeries accessibles par la population du secteur et des dangers que cela reprsente.

- 20 juin 1918 : Auguste Lumire et Max de Lagrevol font une demande de renonciation la concession la prfecture du Cantal. Ils indiquent qu’ils n’ont jamais entrepris une exploitation rationnelle de la concession. La demande est rejete.

- 18 fvrier 1919 : l’ingnieur en chef des mines constate que la concession de Vze t en fait inexploite depuis son institution et que tous les travaux miniers ont eu lieu avant l’acceptation de la concession. Il mets en cause la ngligence coupable des concessionnaires et propose l’administration des mines de poursuivre la dchance de ces concessionnaires si, aprs une mise en demeure ils s’obstinent rester inactifs.

- 10 dcembre 1919 : Renoncement officiel de la concession.

Photos : archives BRGM Clermont-Ferrand


VEZE
Etat des lieux des galeries de la mine des frres Lumire (3)
Etat des lieux des galeries de la mine des frres Lumire (3)

Au site minier ayant appartenu aux frres Lumire de srieuses recherches avaient t faites et les produits envisags de l’exploitation avaient attir les clbres inventeurs du cinma. La dernire tude sur le terrain fait toujours apparatre sur le site cinq galeries dbouchant au jour, sites d’hibernation des chauves-souris.

Les anciennes galeries du gte minier du Pont de Vze furent ouvertes sur le filon principal dit "filon de Vze ou de Chassagne". Il y avait aussi dans cette concession accorde aux frres Lumire d’autres minralisations de mme type connues sous le nom de filon de Moudet, filonnets de Vze et filonnets du Pont de Vze, mais elles n’ont jamais fait l’objet d’ouvrages miniers autres que des fouilles superficielles.
Dans la partie Est de la concession, le filon dit de Fontdevialle a fait l’objet seulement d’une reconnaissance par une galerie de traage.

L’tude mene en 2004 pour le compte du BRGM identifie cinq galeries dbouchant au jour sur l’ensemble de la concession dans le secteur du Pont de Vze, le seul endroit de la valle o la dpartementale passe au-dessus de la Sianne. Les haldes du site sont d’un volume trs faible et relativement peu riches en lments minraliss. Les amateurs de minraux ne retrouveront rien d’intressant pour leurs collections.
A la fin du 20me sicle, il tait encore possible d’accder au site partir du pont. On remontait la rivire par un sentier muletier et l’on franchissait par une passerelle rudimentaire de rondins juste en face de la galerie de base de la mine des frres Lumire. Cette passerelle a t emporte par la grande tempte de 2000 qui a abattu de nombreux arbres aux alentours rendant le secteur toujours inaccessible.

- Galerie de Chassagne (principale)
Cette ancienne galerie de 120 mtres de long est implante deux mtres au-dessus du niveau de la Sianne. L’entre bante se voit de loin. La galerie est inonde l’entre par 20 centimtres d’eau et de boue. Il en sort en permanence une exhaure de couleur orang d’un dbit d’environ un litre seconde. Cette eau qui se jette dans la Sianne est probablement hautement polluante, tant riche en arsenic. (Site d’hibernation des chauves-souris)
 
- Galerie deChassagne (B)
Ancienne galerie d’environ 80m de long en traage dans le filon. Eboulis en cours. (Site d’hibernation des chauves-souris)

- Galerie de Chassagne (C)
Cette ancienne galerie de trs faible longueur (huit mtres) et ouverte au jour laisse apparatre la roche et le minutieux travail des mineurs. Trs basse et trs dangereuse.

- Galerie de Gazze (A)
Cette ancienne galerie implante en berge gauche du ruisseau de Gazze suivait un filon de traage sur 90 mtres. Elle ne se signale plus aujourd’hui que par une petite halde indure, riche en fragment ocre de minerai arsnieux et pyriteux. (Site d’hibernation des chauves-souris)

- Galerie de la Gazze (B)
Cette galerie s’ouvre en rive droite du ruisseau de Gazze. Il s’agissait ici d’un travers-banc de 12 mtres de long donnant accs au bout de trois mtres un traage se dveloppant sur 22 mtres gauche (sud) et 35 mtres droite (nord).
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Sources : Etude ralise par la Socit Goderis la demande de la Direction Rgionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement (DRIRE) de la Rgion Auvergne. Rapport BRGM/RP652699-FR, consultable au Service ressources minrales du BRGM, 3 avenue Claude-Guillemin, 45060 Orlans. Accs rserv.


BLESLE
La mine d’antimoine de Terret
La mine d’antimoine de Terret

Les premires recherches sur le site de Terret situ sur la commune de Blesle aux extrmes limites des dpartements de la Haute-Loire et du Cantal, ont t effectues bien avant 1880. Cependant les travaux importants se situent dans la priode de 1881-1907. Des travaux effectus sur le filon d’antimoine il ne reste plus que les ruines des btiments et un important tas de dblais o s’imposent encore aujourd’hui les vieux fours de grillage et de concentration du minerai.

L’usine rgule qui a fonctionn jusqu’en 1907

La minralisation du gte de Terret s’est en fait exclusivement limite de la stibine. On estime que le site minier de Terret considr comme un filon secondaire a produit 250 tonnes de minerais durant son activit.

Sur les recherches faites Terret, le Service des Mines a fait trois tudes trs dtaills, les 9 juillet 1900, le 25 mai 1905 et le 30 avril 1906. On apprend ainsi que les rapports entre les trois propritaires, monsieur Truchot, industriel Langeac, Jean Chassagne, matre mineur Chazelles hameau de la commune d’Auriac-l’Eglise, et Marcel Pays de Blesle d’une part, et la grande compagnie la Socit Franco-Italienne (SAMFA) ayant une emprise importante dans le district, furent compliqus. Toujours est-il que le Service des Mines n’accorda jamais la concession pour le gte de Terret, bien que la visite sur les travaux de recherches par l’ingnieur des Mines le 1er juillet 1907 devait servir de point de dpart la demande officielle de concession. Aprs cette visite il estima mme que l’ensemble des travaux de Terret et sur Auriac-l’Eglise un peu plus loin dans la valle pouvant former la mme concession taient considrables. La demande des ptitionnaires pouvait donc tre accueillie favorablement. Ce ne fut pas le cas. .
En effet, 29 mai 1907, monsieur Truchot, industriel Langeac, avait demand l’autorisation au Prfet du Cantal de disposer du minerai d’antimoine provenant de ses recherches sur le territoire de la commune d’Auriac et sollicit auprs du Prfet de la Haute-Loire un permis de vente pour des travaux nouveaux excuts Terret. Un premier permis de vente de minerais avait t accord par arrt prfectoral le 29 mai 1906.

Les recherches entreprises occupaient en 1906 quelques 10 ouvriers non compris ceux construisant cette mme anne les fours pour le traitement du minerai provenant exclusivement des travaux de Terret.

Un site pourtant assez riche

Les diverses observations du site de Terret indiquees dans les divers rapports de l’poque rvlent l’ampleur des travaux entrepris Terret pour la recherche de l’antimoine. On apprend ainsi, qu’un puits de 22 mtres de profondeur situ sur le bord du chemin de Blesle Auriac-l’Eglise a t remis en tat permettant du fond de ce puits le creusement dans le filon d’une galerie de 120 mtres de longueur dans une partie minralise d’paisseur moyenne. A partir de cette galerie, deux autres colonnes d’une vingtaine de mtres ont t creuses mais la traverse s’est avre strile. Une petite usine rgule fonctionna plusieurs annes.
Au niveau du chemin, dans la galerie principale, un puits intrieur a t approfondi afin d’arer les travaux du fond. D’anciens travaux de la fin du 19me sicle, situs au-dessus de la galerie principale ne furent pas repris car ils reprsentaient un cot trop important. On prfra donc percer une galerie de roulage gauche de la galerie principale.
En 1907, l’ingnieur des mines estimait environ 40 tonnes de minerais 25% de teneur sur les travaux de Terret.
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Sources : archives BRGM, Clermont-Ferrand

MASSIAC
La longue exploitation de la mine d’Ouche (Chronologie)
La longue exploitation de la mine d’Ouche (Chronologie)

On ne peut pas ignorer la mine d’Ouche qui a employ bien des hommes de la valle de la Sianne. La concession d’Ouche tait trs tendue et englobait plus de 338 hectares jusqu’aux hameaux de Chazelle et Chantejail sur le bassin versant de la Sianne d’une part et jusqu’aux hameaux de Bussac et Chabannes (Massiac).

DATES CLES DE LA CONCESSION D’OUCHE

- 1760 environ : La comtesse de Brion fait exploiter artisanalement une mine Ouche (Source : Dictionnaire statistique du Cantal, dition 1868)

-  1786 : Deux personnes, les sieurs Thomas et Tixier - sollicitent une demande d’exploitation de l’antimoine Ouche.

- 1810 : Les gtes d’Ouche font l’objet d’une demande de concession par messieur Jean d’Auzt-Berthier et Etienne Paulhac.

- 1826 : Aprs un rapport d’un ingnieur des mines, monsieur Baudin, une concession minire est accorde sur une surface de 170 hectares.

- 1838-1851 : Exploitation d’un filon recoup par un travers-blanc et construction proche du site d’un four liquidation.

- 1869-1872 : Reprise des travaux miniers et fonctionnement attest de fours liquidation prs du hameau d’Ouche, sur le bord de l’Alagnon

- 1881 : Madame veuve Ravoux et les hritiers Brugeyroux louent la mine pour dix ans au Comptoir des mines d’Antimoine d’Auvergne, connue sous le nom de Socit anglaise.

- 1882 : Un rapport de monsieur de Bchevel indique que la mine d’Ouche emploie 67 ouvriers.

- 1888-1895 : Monsieur Emmanuel Chatillon loue la mine pour dix ans et engage une exploitation rationnelle du gte.

- 1895 : Monsieur Giraud, fondeur Brioude devient propritaire de la mine et poursuit activement son exploitation.

- 1897 : Il y a 27 ouvriers sur le site d’Ouche.

- 1905 : Monsieur Chatillon et son associ monsieur Semonsu, ingnieur, cdent la mine la socit italienne « Minire et fonderie d’antimonio » qui dveloppe l’industrie de l’antimoine dans le district de Massiac-Brioude. Elle construit l’importante usine prs de la gare de Massiac.

- 1908 : Il y a 60 ouvriers Ouche. L’usine de grillage est remise en tat.

- 1909 : La demande d’extension de la concession dpose en 1907 est accorde pour 388 hectares.

- 1910 : La production d’antimoine 8% est de 150 200 tonnes par mois.

- 1912 : L’usine hydro-lectrique de Massiac fournit le courant la mine d’Ouche.

- 1914 : Toute activit cesse Ouche

- 1915 : Timide reprise de l’activit

- 1916-1920 : La production du site est en baisse constante. Le minerai provient essentiellement de grattages et de rcupration dans les anciens travaux.

-  1921 : Le docteur Benedetto de Benedetti cede tous les biens de la Minire et fonderie d’antimonio la Socit anonyme franaise Mines et fonderies d’antimoine (MFA) dont le sige est Massiac dans le quartier de la Ribeyre.

- 1925-1931 : La mine connat une exploitation moyenne en chute constante.

- 1935 : LA Socit Franco-Italienne dpose une demande de renonciation pour toutes ses concessions, dont Ouche.

- 1936 : La demande de renonciation est accepte le 12 janvier.

-  1937-1945 : La mine d’Ouche est abandonne.

- 1945 : La socit des Mines de Dze reprend en main la destine de la mine.

- 1946-1948 : La socit des Mines de Dze construit une laverie par flottation. Des prisonniers allemands sont employs la mine.

- 1948-1953 : Priode d’activit maximum avec 150 ouvriers (plus une centaine de prisonniers Allemands).

- 1953 : La chute des cours de l’antimoine. La socit dpose le bilan le 25 juin et ferme la mine avec de nombreuses dettes.

- 1955 : Grce un prt du Fond national de production, la mine est rouverte.

- 1956 : Malgr un permis d’exploitation accord pour trois ans, tout travail cesse la mine en novembre.

- 1957 : Dpt de bilan le 15 mai.

- 1958 : Essai de reprise, mais la demande de renouvellement du permis d’exploitation est rejete. Toute activit cesse.

- 1961-1967 : Reprise des travaux sur une partie de la concession par la socit Matra (environ 40 60 ouvriers).

- 1967 : La socit Matra qui esprait alimenter la laverie d’Ouche avec le minerai d’autres gtes du secteur connait un chec. Tout travail cesse dfinitivement le 14 juillet. La mine est abandonne et noye.

- 1968 : C’est le dbut de la lente dgradation des installations sous la pression des attaques du temps et des pilleurs. Aucune perspective de reprise ni de projet de sauvegarde du patrimoine industriel et minier ne sont envisags. La mine d’Ouche ne fait plus dsormais partie que de la mmoire. On estime 8.500 tonnes la production totale d’Antimoine Ouche.

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Sources : Archives Jacques Geffroy, (Ingnieur gologue, CEA)
Jean-Jacques Perrichaud Thse de doctorat, 1971,
OSTI Massiac,


BRIOUDE-BLESLE-MASSIAC
Le triangle de l’antimoine
Le triangle de l’antimoine

En 1850 commenait en Auvergne la grande poque de l’antimoine. Des petits exploitants aux grandes compagnies minires, le secteur compris entre Brioude, Blesle et Massiac connatra partir de 1870 une vritable fivre de la mine.

La vritable histoire de l’antimoine commena timidement au XVIIme sicle et s’est poursuivit modestement jusqu’au milieu du XIXme. L’usage en tait alors limit aux fards, la poterie, l’imprimerie et la confection de fausse monnaie. Vers 1640 des exploitations sont signales non loin de la valle de la Sianne la Fage et dans le ravin du Dahu , situe sur les communes de Lubilhac et Massiac, elles se poursuivront timidement jusqu’en 1789. C’est vers 1726 que commencrent les premires fouilles sur le grand filon de La Bessade qui ne se prsentait alors que comme une maigre formation renfermant surtout des oxydes et il faudra encore attendre 160 ans avant que ne commence sa vritable mise en valeur qui durera prs de cinquante annes.

Au dbut du XIXme sicle, l’impulsion est donne par le premier grand chercheur de filons Jean Berthier. En effet, ds 1830, il est le seul propritaire des trois premires concessions pour antimoine du district : la concession de la Licoulne situe sur les communes d’Ally, de Villeneuve d’Allier, de Mercoeur (Haute-Loire) et de la Chapelle-Laurent (Cantal), la concession d’Ouche sur les communes de Massiac, Blesle et Auriac) et celles d’Anzat-le-Luguet (Puy-de-Dme) et de Leyvaux (Cantal) non loin de Laurie et Moldes.

Mais c’est en 1850 que commence chez nous la grande poque de l’antimoine. Notre rgion connatra partir de 1870 une vritable fivre de la mine.
Les grands matres de la situation l’poque taient aussi les propritaires de fonderies qui, en fonction de leur prix de revient et de leurs ambitions dcidaient du prix d’achat du minerai sur place sans prendre les risques d’une exploitation toujours alatoire ni les charges souvent lourdes du transport.
Emmanuel Chatillon restera l’un de ces hommes qui ont marqu l’exploitation de l’antimoine dans la rgion, notamment Blesle.
Ce fut ensuite, partir du dbut du XXme sicle la priode des grandes compagnies : Socit Anonyme des Mines et Fonderies d’Antimoine et la Socit Brioude-Auvergne qui se partagrent les plus importants gisements. Elles ne survivront pas la crise conomique de 1930.

Carte extraite du Bulletin du BRGM 1971


LA FRANCO ITALIENNE
Les usines et fonderies de Massiac
Les usines et fonderies de Massiac

Tout un quartier de la ville de Massiac tait dvolu l’antimoine au dbut du XXme sicle. Des usines qui ont marqu la vie conomique et sociale de la cit. Constitue en date du 30 janvier 1921 pour une dure de cinquante ans, la Socit des Mines et des Fonderies d’Antimoine avait son sige social dans le quartier de la Ribeyre avec les apports de la Socit et Fonderie d’Antimonio ayant son sige Gnes en Italie.

La fonderie implante Massiac comprenait un four oxyd d’une capacit de consommation de 10 12 tonnes de minerais 25% par jour et d’un four rgule d’une capacit de production de 4,5 5 tonnes par jour. Cette usine tait complte par une gnratrice vapeur et l’usine gnratrice de Courcelles sur l’Allagnon.

La Franaise des Mines et des Fonderies d’Antimoine exploitera l’usine de Massiac jusqu’ la crise conomique de 1936. Plusieurs tentatives de relance de l’exploitation minire se succderont, sans grand succs. De 1945 (300 salaris en intgrant les prisonniers de guerre) 1978 (25 salaris), les effectifs ne cesseront de dcrotre. La reconversion du quartier de la Ribeyre, suite la liquidation de la fonderie franco-italienne, s’amorcera ds les annes 30 dans les domaines du bois et du gaz ( oxygne liquide).

Une Socit importante

Le capital social de la nouvelle socit fonde en 1921 tait fix la somme de 1.500.00 de francs et reprsent par 3.000 actions de 500 francs chacune. Sur ces 3.000 actions, 2.400 furent entirement attribues la Socit Minire E Fonderie d’Antimonio. Les 600 actions restantes furent ouvertes la souscription en numraire en un seul versement.Le premier Conseil d’Administration tait compos de 5 membres : Messieurs Lopold Mabilleau, Camille Poitou, Frdric Danguy, Ernest de Lassalle, tous de Paris et enfin monsieur Benedetto de Benedetti, demeurant Gnes, de nationalit italienne.

Les proprits minires de la socit comprenaient huit sites d’exploitation dans le district :

- les terrains du quartier de la Ribeyre d’une superficie d’environ quatre hectares avec toutes les constructions existantes.

- la proprit de Courcelles situe au lieu dit de Courcelles et le Champs Fourgoux, dpendances de Massiac d’une superficie de trente ares environ, avec notamment l’usine hydro-lectrique qui s’y trouvait installe et tous les droits d’exploitation de la force lectrique.
 
- La concession de la mine d’Ouche situe sur les communes de Massiac, Auriac-l’Eglise et Blesle, d’une superficie totale de 388 hectares environ, concde par dcret royal du 5 janvier 1820, et par dcret prsidentiel du 27 novembre 1909, avec tous les constructions difies sur les terrains comprenant les btiments d’habitation, usines, hangars, ateliers, fours...
 
- La concession de la Licoulne situe sur les communes d’Ally, de Villeneuve d’Allier, de Mercoeur (Haute-Loire) et de la Chapelle-Laurent (Cantal), concde par dcret royal du 17 novembre 1817, d’une superficie de 1500 hectares avec tous les btiments existants.
 
- La concession de Cistrires situe sur les communes de Lubilhac, Saint-Beauzire et Saint-Just (Haute-Loire), accorde par dcret prsidentiel du 8 fvrier 1901, d’une superficie de 657 hectares

- La concession de de Dahut dans la valle du mme nom, situe sur les communes de Lubilhac et Massiac, d’une superficie de 810 hectares accorde par un dcret royal du 28 aot 1836 et toutes les constructions difies sur la concession.

- La concession de Conche d’une superficie de 300 hectares situe sur la commune de Chanet et de Moldes, accorde par dcret prsidentiel du 20 avril 1893.
 
- La concession d’Anzat-le Luguet situe sur les territoires des communes d’Anzat-le-Luguet (Puy-de-Dme) et de Leyvaux (Cantal) d’une superficie de 641 hectares, accorde par dcret royal du 10 janvier 1821.
 
- La concession de Terret situe sur la commune de Blesle comprenant les btiments et les constructions difies sur les terrains situs sur les communes d’Auriac, Blesle et Massiac.


LES FONDERIES D’ANTIMOINE
Basse et Chatillon et leurs fonderies au Babory de Blesle
Basse et Chatillon et leurs fonderies au Babory de Blesle

La mtallurgie de l’Antimoine et ses deux usines-fonderies au Babory ont marqu durant plus d’un sicle ce quartier excentr du centre de Blesle au cœur du district minier Brioude-Massiac, majeur en Auvergne. Deux usines concurrentes Basse-Vitalis et Chatillon, implantes au confluent de la valle de la Sianne et de l’Allagnon ont reprsent le plus important centre de traitement de l’Antimoine en France.

1881 : cration d’un atelier de traitement de l’’antimoine par la Emmanuel Basse-Vitalis, sur une partie des terres du moulin d’Antoine Gardy, l’ouest du bief. Premire anne de production.

1886 : Le moulin du Babory cesse toute activit. Il est lou avec ses terrains non vendus Emmanuel Basse  l’industriel de l’Antimoine Brioude, Emmanuel Chatillon qui installe proximit immdiate de la ligne de chemin de fer une fonderie en directe concurrence avec la fonderie Basse-Vitalis. L’entreprise prend le nom de « Fonderie d’Antimoine d’Auvergne ».

1888 : Emmanuel Chatillon loue la mine d’Ouche et le 16 avril fait breveter un procd rvolutionnaire de traitement de minerais pauvres, les plus nombreux dans la rgion d’Auvergne. Sa dcouverte amnera une vritable rvolution dans la mtallurgie de l’Antimoine et permet la reprise de l’exploitation de mines peu prs dlaisses.

1892 : les Annales des Mines publient une tude sur l’ ntimoine qui fait l’loge des inventions d’Emmanuel Chatillon.

1894 :  l’Exposition de Lyon Emmanuel Chatillon obtient la Mdaille d’or dans la classe « Mtallurgie », seule rcompense accorde ce jour l’industrie de l’Antimoine.

1898 : construction par Emmanuel Chatillon de sa premire usine d’antimoine aprs tre devenu propritaire du moulin d’Antoine Gardy et de ses terres.

1900 : l’Exposition universelle de Paris prsente les travaux et les produits d’Emmanuel Chatillon en Auvergne. Il obtient plusieurs prix et une vraie reconnaissance scientifique et industrielle.

1902 : Emmanuel Chatillon, le 7 janvier il obtient le brevet pour son nouveau procd de traitement des minerais d’Antimoine.

1905 : pour se procurer des capitaux Emmanuel Chatillon vend le 11 avril la plupart de ses concessions minires (Conches, Ouche, Licoune et Lubilhac) la Socit e Fonderie d’Antimonio, base Massiac
La fonderie d’Emmanuel Basse connat de graves difficults lors de la guerre russo-japonaise.
L’installation est pourtant de bon niveau avec deux fours oxyde du systme dit « Auvergne » capable de griller 16 tonnes de minerais par jour, un four de rduction de l’oxyde pouvant produire au maximum quatre tonnes de mtal par jour, des moteurs gaz pauvre et double gazogne, un boryeur, un blutoir pour oxyde marchand et diffrents accessoires de fabrication de l’antimoine.

1907 : Emmanuel Chatillon achte l’usine Basse-Vitalis qui n’a pas rsist la dgradation de la situation de ses clients trangers notamment en Russie. Emmanuel Chatillon et fait construire une nouvelle usine au Babory entre les deux premiers sites et riger une chemine de trente mtres.

1912 : tentative de constitution par Emmanuel Basse d’une Socit anonyme la « Compagnie des Mines d’Antimoine de France » Echec par manque de souscripteur.

1914 : trois fils d’Emmamuel Basse sont tus la guerre

1915 : la lourde preuve familiale et les mauvaises affaires conduisent Emmanuel Basse au suicide.

1919 : dcs Brioude d’Emmanuel Chatillon, l’ge de 76 ans.

1920 : la veuve d’Emmanuel Chatillon vend le 15 mars son neveu Edouard Flix Chatillon, industriel Brioude, l’usine du Babory et le fonds de commerce de la fonderie d’Antimoine.

1925 : Edouard Flix Chatillon et son gendre Andr Baud prennent la direction de la Fonderie d’Antimoine. Ne trouvant plus de minerais en Auvergne, l’usine s’approvisionne sur le march tranger (Chine, Bolivie, Turquie, Mexique, Grce, Indochine et Maroc).

1937 : vente de la proprit et du domaine du chteau de La Fage, ancienne rsidence familiale d’Emmanuel Basse Saint-Etienne-sur-Blesle.

1939-1945 : l’usine Chatillon du Babory fait des recherches de minerais la mine de Freycenet sur la commune d’Ally. 80 ouvriers passeront la mine leur vitant le Service de Travail Obligatoire (STO) en Allemagne.

1945 : Andr Baud concoit et construit un four pour fabriquer un oxyde d’antimoine trs pur et trs blanc « le Pigmantinox.

1947-1958 : la fonderie traite presque exclusivement du minerai concentr par flottation la mine d’Ouche remise en exploitation par la Compagnie Franaise des Mines de Dze.

1954 : l’usine du Babory ferme

1957 : en septembre, des essais de reprise ont lieu dans un petit complexe industriel reconstruit au Babory. Les essais cessent dfinitivement en octobre 1958.

1958 : Andr Baud vend aux frres Migeot Chauny (Aisne) les derniers concurrents de la Fonderie d’Antimoine d’Auvergne, le Pigmantinox.

1959 : les terrains librs par la fermeture et la dmolition du complexe industriel du Babory sont vendus aux tablissements Laporte de Blesle.

1980 : destruction totale de l’ancienne usine d’Antimoine du Babory. Fin de toute activit minire et mtallurgique de l’Antimoine en Auvergne.

METALLURGIE DE L’ANTIMOINE
Emmanuel Chatillon et son usine au Babory de Blesle (2)
Emmanuel Chatillon et son usine au Babory de Blesle (2)

Emmanuel Chatillon, industriel et inventeur Auvergnat, donna un grand dveloppement l’exploitation des mines en suivant des mthodes rgulires d’exploration. Il possdait diverses concessions dans le district de Brioude-Massiac. Il fut notamment le propritaire de la mine de Conche au cœur de la valle de la Sianne et industriel du traitement du minerai d’antimoine au Babory de Blesle.

Frapp de l’abondance des minerais pauvres et de l’impossibilit de les exploiter avec les procds industriels de l’poque, Emmanuel Chatillon s’est attach rsoudre le problme du traitement pratique et conomique des minerais.
Le 16 avril 1888 il fit breveter un procd permettant de traiter les minerais pauvres, trs nombreux notamment dans la valle de la Sianne. Cette dcouverte amena une vritable rvolution dans la mtallurgie de l’antimoine et permit notamment de reprendre avec succs l’extraction des minerais d’Auvergne.

En 1886, il vint s’installer au Babory de Blesle proximit de la gare et de la nationale. Jusqu’alors, il possdait une fonderie derrire la gare de Brioude, quelque 30 kilomtres de l.
En s’implantant au Babory, lieu o la Sianne se jette dans l’Alagnon, Emmanuel Chatillon venait concurrencer un autre exploitant d’antimoine et fondeur de Saint-Etienne-sur-Blesle, Emmanuel Basse Vitalis. Les deux usines cohabiteront de nombreuses annes.

Emmanuel Chatillon d’abord locataire des lieux ne deviendra propritaire des installations minires qu’en 1898. En 1905, il vend une bonne partie de ses biens, dont la mine de Conche, pour se procurer les capitaux ncessaires la reconstruction de l’usine du Babory en 1907.

Emmanuel Chatillon dcdera le 22 dcembre 1919. Aprs sa mort l’usine du Babory sera vendue par sa femme en 1920 son neveu Edouard Flix Chatillon qui exploitera l’usine avec son gendre.

L’usine d’antimoine de Blesle fermera ses portes en 1954. A la fin des annes 50, les terrains librs par la dmolition des usines d’antimoine seront vendus aux tablissements Laporte de Blesle.

METALLURGIE DE L’ANTIMOINE
Emmanuel Basse, industriel de l’antimoine Blesle
Emmanuel Basse, industriel de l’antimoine  Blesle

Le Babory, ce territoire de la commune de Blesle situ entre le cours de l’Allagnon et la voie de chemin de fer Paris-Bziers avait la particularit d’avoir deux usines de traitement du minerai d’antimoine. Si Emmanuel Chatillon fut le plus connu, un autre industriel a lui aussi marqu les lieux et la production mtallurgique de l’antimoine en Auvergne, Emmanuel Basse. Il ne reste que peu de souvenir de lui sauf sa marque VB pour Vitalis-Basse.

Il y avait donc deux usines d’antimoine au Babory de Blesle situes de part et d’autre du bief et relies par une solide passerelle en bois. Il y avait celle que les gens appelaient « l’usine Basse » et l’autre celle de monsieur Chatillon. Les anciennes cartes postales du dbut du XXme sicle montrent une totale occupation du site du Babory par ces deux usines et leurs hautes chemines.

« Je me souviens raconte Claude Baud, que l’usine Basse occupait les terrains actuels des matriaux Laporte-Bigmat et du garage Roche que mon grand-pre Edouard Chatillon avait obtenu sur adjudication en 1922-1923. Il l’avait rachete avec un industriel de la rcupration monsieur Baurgard un parisien du 20me arrondissement. Celui-ci avait stock trs tt un important tonnage de pneumatiques, chambres air et mme chenilles de vhicules rsidus de la guerre de 14-18. C’tait en prvision d’une grosse pnurie de caoutchouc qui en fait n’a jamais eu lieu. Ce stock norme, compltement dcompos ne sera vacu totalement qu’en 1978.

L’usine Basse idalement situe au confluent de la valle de la Sianne et de l’Allagnon, comprenait des hangars charpente en bois, une chemine en brique d’une quinzaine de mtres de hauteur, une maison d’un tage en bordure de la route nationale avec un logement, des bureaux, un petit laboratoire et le plus tonnant un fenil au premier tage o l’on conservait du foin (le btiment existe toujours).
Par ailleurs, il y avait aussi entre la route nationale et la rivire un norme dpt de mchefer provenant des dchets d’incinration de l’usine sur lequel fut amnag comme souvent un terrain de tennis (aujourd’hui derrire la station de carburant).

Emmanuel Basse est n le 15 mars 1852 Ambert dans le Puy-de-Dme dans une famille de ngociant. Il a fait ses tudes chez les Jsuites Saint-Etienne, puis la facult de Droit de Clermont-Ferrand. Il pouse en 1879 Lontine Vitalis fille de Lon Vitalis, un important fabricant de tissus pour l’arme et les collectivits, bas Lodve. Ils habiteront quatre ans dans une maison de famille Clermont-Ferrand.
Intress comme beaucoup d’hommes de la bourgeoisie  la mtallurgie minire de l’antimoine et ses belles perspectives en Auvergne, il prospecte et met en exploitation des filons dj dcouverts Pressac, la Chireze, Marmeissat et le Cheylat. Il installe une usine de traitement du minerai sur les terrains achets au meunier Antoine Gardy. La premire anne de production de son usine est date selon les archives du BRGM de 1881.
En 1883 il achet au Comte de Mourges le chteau de La Fage sur les hauteurs de la commune de Saint-Etienne-sur-Blesle, au coeur des exploitations du bassin minier Brioude-Massiac. Emmanuel Basse durant cette fin de sicle aura neuf enfants, trois filles et six garons.

Une deuxime usine au Babory

L’Antimoine tait devenu depuis la guerre de 1870 un matriau stratgique car il entrait hauteur de prs de 25% dans les alliages base de cuivre ou de plomb composant les ceintures d’obus et les centaines de billes dans le coeur de ces obus.
En 1886 Emmanuel Chatillon industriel de la mtallurgie de l’Antimoine Brioude la rputation dj bien ancre dans la rgion et au niveau national dcide de s’installer au mme endroit, au Babory de Blesle. Il loue Antoine Gardy ce qui lui reste comme terrain droite du bief, le barrage et le bief lui-mme, l’htel dans lequel il installe des bureaux, un logement et un laboratoire d’analyse. Ces terrains taient ceux non vendus Emmanuel Basse quelques annes plus tt. Emmanuel Chatillon dmarrera donc juste en face l’usine Basse une petite exploitation pour y tester ses inventions et ses brevets. Pendant 20 ans les deux Emmanuel confirmeront en parallle leurs activits propres.
A partir de 1905 les affaires d’Emmanuel Basse connaissent quelques difficults notamment cause de ses clients trangers comme la Russie en pleine Rvolution et d’autres emprunteurs malveillants. Lors de la guerre russo-japonaise de 1904-1905 Emmanuel Basse refuse de revenir sur un contrat de livraison, pour une question de principe, malgr les importantes hausses des cours de l’Antimoine, ce qui accrt les difficults de son entreprise Blesloise face ses concurents.

C’est alors qu’Emmanuel Chatillon dcide de vendre la Socit Franco-Italienne « Miniere e Fonderie d’Antimonio » son usine de Brioude et ses concessions minires d’Ouche, de la Licoune, de la Bessade, de Conche dans la valle de la Sianne, et du Da. Avec cet afflux de capitaux estim 580000 francs or de l’poque l’industriel concurrent de Basse achte l’ancien meunier Gardy tous les terrains dont il tait locataire. Il peut alors agrandir son usine, installer deux centrales lectriques sur le bief et construire un embranchement priv raccord la voie de chemin de fer. Il fait aussi difier par Nol Desfemmes maon sur la commune de Blesle, une chemine de plus de trente mtres de hauteur inaugure en 1907.

Un coup dur pour l’usine Basse qui voit un concurrent beaucoup plus performant au Babory mme. Utilisant comme Emmanuel Basse des minerais pauvres communs en Auvergne, avec souvent 7 8% seulement de sulfure d’Antimoine, Emmanuel Chatillon dispose d’une technique trs performante qu’il a invent et brevet concernant le grillage de ces minerais dans deux fours appels « Cubilots » qui produisent un oxyde trs abondant retenu dans les gaz de la combustion par des filtres. Il installe aussi quatre fours fusion sole. Alors commence pour Emmanuel Basse une dizaine d’annes trs douloureuses pour ses affaires aggraves par ses problmes de sant dus au diabte.

En 1912, il projette de constituer une socit anonyme dite « Commpagnie des Mines d’Antimoine de France », dont le sige social serait Lille, au capital de 2 600 000 francs ralis par 26 actions de 100 francs. Emanuel Basse et son pouse Lontine apporteraient les concessions des mines du Cheylat et de Pressac ainsi que la Fonderie du Babory. En contrepartie ils recevraient part deux 1 000 000 de francs et 6000 actions. Mais la situation conomique est tendue en France et les guerres Balkaniques contribuent entretenir un climat de guerre en Europe. Ce projet n’aboutit pas par manque de souscripteurs. Juste avant la premire guerre mondiale Emmanuel Basse est oblig de cder son concurrent direct son entreprise du Babory.

Survient la dclaration de guerre l’Allemagne en 1914, les fils Basse sont mobiliss. Commence alors pour la famille de l’industriel de terribles preuves. Le soldat Marcel Basse, 22 ans est tu le 24 aot 1914 Oret en Belgique puis le sergent Gabriel Basse, 29 ans le 27 septembre Tracy dans le Val-de-l’Oise.
Marqu par la mort de ses deux fils, les difficults d’exploitation de ses mines et de sa fonderie, le manque de main-d’oeuvre Emmanuel Basse met fin ses jours en 1915 dans son bureau. Il sera inhum Ambert. Un troisime fils, le Sous-lieutenant Lon Basse, observateur, sera tu en combat arien le 19 septembre 1917 au-dessus de Gury dans l’Oise. Joseph Basse, prisonnier sera libr la fin de l’anne 1918.

Le chteau de La Fage et le domaine seront achets sur adjudication en 1937.


Sources : Tmoignage de monsieur Claude Baud, 2014,


Les deux fonderies Basse-Vitalis (gauche) et Chatillon (droite)

LUMIERES DE LA MINE
S’clairer pour travailler dans les galeries
S’clairer pour travailler dans les galeries

Comme dans tous les sites miniers, s’clairer pour travailler fut toujours problmatique. Selon les poques, plusieurs types d’clairages ont accompagn le labeur des ouvriers. Dans la valle de la Sianne trois lampes ont t utilises : la coupelle, la lampe l’huile, la lampe carbure.

Dans la nuit des galeries d’exploitation ou de recherches, le travail des mineurs tait rendu plus difficile par l’obscurit car il n’y avait pour tout clairage que des lampes feu nu fonctionnant avec du suif ou de l’huile de noix.
Pendant longtemps, on a utilis la petite lampe classique constitue d’une coupelle en tle emboutie ou tame, munie d’une potence pour l’accrocher.
Par la suite, ces lampes s’amliorrent en recouvrant le rservoir d’huile. Mais cela ne changeait rien l’intensit lumineuse qui permettait l’clairage sur un mtre au grand maximum.

Vers 1900, la lumire artificielle, toujours feu nu, s’est perfectionne avec la lampe carbure de calcium qui au contact de l’eau crait un gaz combustible l’odeur soufre caractristique : actylne.
Moins fumante, aisment transportable par le mineur ou le chercheur d’Antimoine, la nouvelle lampe permettait une autonomie de fonctionnement durant un poste de travail de huit heures.
Le procd peu cher et trs sr, considr comme un clairage moderne, fut utilis massivement partir des annes 1910 dans les mines non-grisouteuses, comme celles de l’Antimoine.


BASSIN DE LA SIANNE
L’antimoine, minerai traditionnel
L’antimoine, minerai traditionnel

C’est la suite de la fermeture de la mine d’Ouche en aot 1967 que la France a cess toute production d’antimoine.
La production d’antimoine franaise cumule depuis 1837 a t value 115.000 tonnes, dont 35.000 tonnes pour le district Brioude-Massiac. Explications techniques de ce mtal omniprsent dans la valle de la Sianne.

L’antimoine est un mtal connu depuis la haute antiquit. Sa dcouverte est estime 1600 avant notre re. Pour le dsigner, les scientifiques utilisent le symbole Sb qui vient du latin stibium, du grec "anthos",qui veut dire fleur, en raison de l’aspect de ptales de fleurs de ses sulfures. De couleur blanc d’tain, l’antimoine se prsente seulement sous la forme de traces associes de la stibine.
Ce mineral peut contenir un peu de fer, de l’argent ou de l’arsenic.
L’activit chimique de l’antimoine est moins importante que celle de l’arsenic. Il n’est pas attaqu par l’oxygne de l’air temprature normale. L’antimoine est peu soluble en milieu neutre et ne peut se maintenir que dans des conditions acides.
Enfin, les minraux renfermant de l’antimoine sont relativement nombreux et se subdivisent en trois grands groupes :

- les sulfures
- les sulfosels
- les oxyds

LES USAGES DE L’ANTIMOINE

L’antimoine mtal l’tat pur n’a pratiquement jamais eu aucun usage. C’est la sulfure d’antimoine, la stibine qui fut utilise de tout temps pour la prparation des fards. Ce n’est seulement que depuis le milieu du 19me sicle que l’industrie a employ l’antimoine partir de trois produits de base : le rgule du commerce, les oxydes d’antimoine en poudre, le sulfure fondu.
Sans tre un produit de premire importance, l’antimoine concernait plusieurs branches industrielles. En ce dbut du XXIme sicle, les applications de l’antimoine et de ses alliages comprennent son utilisation comme lment d’alliage pour durcir d’autres mtaux, comme matriau pour les roulements et dans les piles. L’antimoine de haute puret est utilis dans l’industrie semi-conducteur.

- Le rgule du commerce
C’est l’antimoine mtal qui tait utilis pour la confection de divers alliages avec le plomb auquel il apportait sa duret, alliage blanc. La proportion d’antimoine tait de l’ordre de 8 10% pour les alliages pauvres, de 15 25% pour les alliages antifriction utiliss dans l’industrie mcanique. Ce rgule est encore utilis aujourd’hui dans l’imprimerie, dans la fabrication des plaques d’accumulateur et dans certaines soudures et dans la fabrication de poteries.

- Les oxydes d’antimoine en poudre
Ces oxydes taient principalement utiliss en verrerie pour purifier les verres, dans l’industrie des matires plastiques pour ignifuger les produits, dans l’industrie du caoutchouc pour le rendre plus lastique (vulcanisation). On l’employait galement dans la fabrication des encres, dans certains produits pharmaceutiques, pour la ralisation de certaines peintures blanches, la coloration d’maux et de cramiques, enfin, pour la charge des soies dans l’industrie textile.

- Le sulfure fondu
C’tait l’usage le moins rpandu car d’un commerce moins important. Il tait en effet utilis surtout par les artificiers dans l’industrie pyrotechnique, pour la fabrication de certaines allumettes et certaines peintures destines l’maillerie.

PRINCIPES DE FABRICATION

L’oxyde d’antimoine est obtenu par grillage volatilisant, en mlangeant le minerai du coke dans des cubilats fonctionnant avec une aspiration force (invention de Monsieur Emmanuel Chatillon (usine de Blesle).
L’oxyde violatil tait rcupr dans des tubes froids et prcipit en une poussire blanche. Les minerais oxyds non volatils taient traits au water-jacket par fusion rductrice avec un fondant ferreux. Le mtal 90% obtenu tait refondu au four rverbre.

Le rgule peut tre obtenu de deux faons :

- par un traitement direct et prcipitations par le fer (mthode anglaise), procd rserv aux minerais riches.

- par un traitement au grillage volatilisant, utilis dans le cas des minerais moins riches (c’tait le cas de notre rgion). L’oxyde d’antimoine obtenu tait rduit par du charbon de bois moulu. La raction assez basse temprature tait facilite par l’addition d’un peu de carbonate de soude.
Le rgule tait livr en pain de 20kg.

Le sulfure fondu s’obtenait en fondant la stibine dans un four rverbre servant la rduction de l’oxyde. On ne rcuprait que la coule de la partie infrieure, la partie suprieure tant constamment oxyde.

L’utilisation de l’antimoine ne s’est rellement dveloppe d’une faon industrielle qu’au 19me sicle la suite de l’invention de la machine vapeur et de son emploi dans le domaine des transports par chemin de fer.

La France fut le premier producteur mondial de 1890 1908. C’est la suite de la fermeture de la mine d’Ouche en aot 1967 que la France a cess toute production d’antimoine.
La production d’antimoine franaise cumule depuis 1837 a t value 115.000 tonnes, dont 35.000 tonnes pour le district Brioude-Massiac.

GEOLOGIE
Dates de formation des minraux
Dates de formation des minraux

Lorsqu’on aborde les vnements gologiques marquants qui ont provoqu la formation des minraux prsents dans le sous-sol de notre rgion, il convient de parler en millions d’annes. Une chronologie qui nous fait perdre la mesure du temps.

- Au cambro-ordovicien (545-250 millions d’annes) : formation d’une srie volcano-sdimentaire qui la fin du silurien (417 millions d’annes) sera pliss et mtamorphis et formation de granite.

- Dbut du carbonifre (354-290 millions d’annes : tectonisation. une partie du matriel granitique s’chappe vers la surface pour former les granites et microgranites intrusifs.

- Fin du carbonifre (290 millions d’annes) : nouveaux mouvements orognique. On assiste au mtamorphisme des roches souples, une fracturation des roches dures et un rajeunissement des granites intrusifs par un ultime apport magmatique. Ces vnements gologiques concentrent alors les lments mtalliques qui vont se dposer dans les fractures ouvertes la priphrie des plutons.

C’est le premier cycle de minralisation dans notre rgion caractris par deux lignes de minraux, la gangue exclusivement quartzeuse et les formations pithermales de stibine. L’ensemble de ces filons se forme dans des fractures d’orientation privilgies, recoupant des roches dures.

- Fin du Trias (250 millions d’annes) : et au dbut du Lias (205 millions d’annes) se met en place un second cycle de minralisation o les filons se forment aussi dans des fractures.

- Durant le Secondaire (250-65 millions d’annes) : le socle est pnplanis et se recouvre d’une cuirasse latriques.

- Fin de l’Eocne (65-24 millions d’annes) : tectonisation intense amenant la formation de puissants grabens. Le sol est lessiv.

- Oligocne (24 millions d’annes) : une nouvelle srie sdimentaire se dpose dans les bassins effondrs.

 - Durant le Pliocne (1,8 -millions d’annes) : se mettent en place les formations volcaniques qui, par une dernire stimulation de l’rosion, dessinent le relief actuel de la valle de la Sianne.

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