Warning: array_shift() expects parameter 1 to be array, boolean given in /htdocs/public/www/config/ecran_securite.php on line 283 Cézallier: le patrimoine de la vallée de la Sianne en Auvergne (Cantal/Haute-Loire)
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Patrimoine Le Bâti
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Les toitures du Czallier cantalien

Dans le cantal, le toit des constructions d’habitation et des btiments utilitaires sont trs caractristiques. Les diffrents matriaux de couverture racontent la fois la tradition, le climat et les caractristiques gologiques et gographiques du dpartement. Ces matriaux employs pour couvrir les maisons dpendaient du sol et du sous-sol, de la vgtation auvergnate, de la richesse du pays, de la proximit des lieux d’extraction et des finances des propritaires.
La qualit de nos paysages et de nos villages du Czallier aujourd’hui tiennent cette originalit du bti et notamment des toitures issue du bon sens populaire et d’une heureuse utilisation des ressources locales.

CARTOGRAPHIE
Le sous-sol du Cantal, richesse pour nos toitures
Le sous-sol du Cantal, richesse pour nos toitures

Deux cartes ralises par le CAUE-Cantal dclinent les principales zones ou se trouvent les diffrents matriaux utiliss pour la construction du bti ancien cantalien. La richesse du sous-sol du Cantal a permis au cours des sicles la construction de toutes sortes de btiments.

Donnes gologiques et localisation gographique

La carte gologique du Cantal fait ressortir les principales zones o se trouvent les matriaux de base ayant servi la construction des murs des maisons mais aussi des couvertures.

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Carte rpertoriant par trois couleurs les zones de toitures en schiste, en tuile canal et les zones o les deux se mlangent

Il existe une nette opposition entre les toitures du versant Nord-Est du Massif cantalien (influences des Limagnes) et celles du versant Sud-Ouest (influences mridionnales).
Deux grands types de toitures fusionnent en priphrie sur les bords Nord-Ouest et Sud-Ouest du massif montagneux. C’est ce que font apparatre les cartes ralises par le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement (CAUE-Cantal)


MEMOIRE ET SAVOIR-FAIRE
Le vgtal et le minral pour les toitures
Le vgtal et le minral pour les toitures

Au fil des sicles pour couvrir leurs maisons, les populations rurales ont fait appel au vgtal et au minral : tuile, chaume, lauze, ardoise. Le savoir-faire des paysans et des professionnels nous ont laiss une belle occasion de dcouverte de l’une des plus belles facettes du patrimoine rural du nord Cantal.

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Le bti ancien de notre rgion est l’expression d’un mode de vie, l’affirmation d’une identit, le reflet d’une unit dans l’homognit de son architecture, et bien sr le rsultat de l’exprience sculaire d’un savoir-faire des populations rurales.

L’observation attentive des toitures rvle l’volution de l’histoire, des moeurs, des croyances, des activits conomiques, et des moyens de transports.
L’intervention des autorits administratives ou communales concernant certains matriaux auront eu des effets trs concrets, notamment pour les toits en chaume systmatiquement employs durant des sicles dans nos villages ruraux.

Les progrs techniques ont t galement dterminants dans l’volution des toitures, en ville comme la campagne. L’on a eu recours la lauze de schiste qui affleure proximit et deviendra une marque identitaire du bti cantalien. 

Les possibilits offertes par les tuiles modernes en terre cuite rouge viendront progressivement remodeler nos couvertures en tuiles canal et abaisser les pentes des charpentes.

L’ardoise de Corrze adopte dans le Cantal au 19me sicle transformera radicalement les couvertures avec l’arrive massive de couvreurs de la Corrze voisine fuyant la crise conomique et bnficiant du dveloppement du chemin de fer.
Aujourd’hui encore l’ardoise est trs prsente sur les toits cantaliens et confre au paysage et aux villages un charme particulier.

Le mtal avec le zinc viendra intgrer ces nouveaux toits notamment pour les fatages et les artiers..

Au centre de toutes ces volutions, la maison cantalienne gardera une certaine singularit en prservant pour tous les types de toitures l’art de la dcoration. Pierre leve, girouette, pi de fatage, croix de pierre maintiendront au fil des sicles des valeurs symboliques fortes.

Tous ces types de toitures sont encore prsents dans notre rgion. Les tableaux, gravures, et surtout les cartes postales du dbut du 20me sicle apportent dsormais des sources d’informations essentielles sur le bti d’autrefois et les types de couvertures.


EMPLOI DU VEGETAL
Le chaume, couverture de la maison paysanne (1)
Le chaume, couverture de la maison paysanne (1)

Le chaume fut la couverture la plus courante depuis les gaulois jusqu’au 19me sicle. Comme la population rurale vivait en autarcie, la paille, le roseau ou gent se trouvaient sur place et chacun pouvait couvrir et entretenir sa maison.


Au centre du bourg de Vze, 1902 (Collection ACVS)

Difficile d’imaginer aujourd’hui que la plupart des maisons paysannes de notre rgion taient couvertes en paille de seigle. Beaucoup de traces cependant dans le bti ancien du nord Cantal. : les pignons redent et les toits fortes pentes. En 1850 le chaume atteignait 50% des habitations du Cantal.

La frquence du chaume sur les toits tait due aussi aux difficults de transport et le cot lev des autres matriaux . Ce fut aussi un frein l’implantation de la lauze et et de la tuiles.Les craintes d’incendie ont aussi amen les municipalits interdire le chaume. Enfin, les cultures ont aussi chang, notamment la disparition progressive de la culture du seigle jusqu’ l’apparition des moissonneuses qui cassaient la paille, la rendant inutilisable pour la couverture des maisons.

Paysan-chaumier d’occasion
Les artisans chaumiers taient peu nombreux autrefois. Les paysans taient donc trs souvent chaumiers d’occasion. Le toit en chaume ne ncessitait pas forcment une main d’oeuvre professionnelle, les rparations et l’entretien gnral se faisaient par l’habitant...comme pour les constructions elles-mmes qui taient montes par les paysans en faisant appel aux voisins par l’change de services.

Le chaume une couverture vgtale traditionnelle

Avec le chaume, les anciens pratiquaient dj le dveloppement durable : 
-Paille de seigle : le chaume est la tige du seigle
-Produit renouvelable, insensible au gel, la grle et la neige.
-Rcolte : aprs la moisson la faucille ou la faux
-Gerbe ou kis 40cm (5kg)
-Gerbes de fatage : replies sur l’autre versant en alternance et souvent surpaisseur
-Pose : 10 kis au m2, souple et facile employer
-Poids au m2 : 25 35kg

-Epaisseur du chaume 30cm pour une parfaite tanchit. Il permet d’pouser la forme de la charpente et de rattraper l’irrgularit du toit en rglant l’paisseur du chaume
-Isolation thermique : le chaume ne transmet pas la chaleur du soleil l’intrieur de l’habitation. Il reprsente une couche d’air paisse
-Isolation acoustique : la pluie ne fait pas de bruit en tombant sur le toit

-Charpente : lgre donc conomique en bois
-Chevrons formant fermes : tous les mtres
-Liteaux chevills : tous les 25 30 cm
-Inclinaison de la pente de la charpente : 40 50 degrs pour viter la stagnation de l’eau et de la neige

Au bourg de Vze, vers 1910, la plupart des maisons sont couvertes en chaume comme le montre cette photo dite partir d’une plaque de verre

Dure d’un toit : 40 ans minimum (15 ans pour le gent)
Entretien : aprs 25 ans le chaume s’amenuise, il faut combler les vides et retrouver de l’paisseur par de nouvelles gerbes. Un toit en chaume tait rarement refait entirement, mais morceau par morceau.. et a se voyait au niveau de la couleur.

Le gent aussi...

Ressource vgtale abondante dans le Massif Central, le gent ne couvrait pas seulement quelques btiments usage d’habitation, mais tait aussi employ pour de petits difices ruraux utilitaires. La charpente lgre tait compose d’un treillis qui supportait un entrelacs de branches de gent d’environ un mtre de longueur. Les gents taient rcolts dbut octobre jusqu’ la fin avril lorsque la sve est absente.

CHAUMIERES
Les couvertures en paille de seigle (2)
Les couvertures en paille de seigle (2)

Il ne subsiste plus aucune toiture en chaume sur le territoire de la valle de la Sianne, mise part une rnovation rcente (1999) sur une btisse du hameau d’Escrouzet (Moldes). Difficile alors d’imaginer ce que reprsentait ce type de couverture vgtale dans nos diffrents villages. Pourtant, le chaume tait prsent partout.

Dernier tmoin de l’habitat paysan couvert en chaume dans la valle de la Sianne, la maison Esculier au hameau d’Escrouzet (Moldes)

Les plus anciennes maisons encore visibles aujourd’hui dans la valle de la Sianne portent encore les traces des couvertures en paille de seigle. La forte prsence de la tle ondule, les nombreux pignons redents, les toitures en forte pente, les couvertures mixtes lauzes et ardoises expliquent une prsence trs ancienne du chaume dans ce secteur du Czallier.

Mais le chaume tait-il le mode de couverture majoritaire des maisons dans nos bourgs et hameaux avant le dbut du 20me sicle ?. Diffrents textes anciens et les archives photographiques sont dsormais les seuls indicateurs de cette pratique ancestrale. 

Un texte dat de 1755 rapporte les observations de Louis Estandieu, contrleur des impts dit « du vingtime » qui prcise que la paroisse de Moldes tait alors compose de 90 maisons, basses pour la plupart, avec un rez-de-chausse bti en pierre sche et couvertes en paille.

Le rapport de l’inspecteur de cet impt, dont la mise en place fut effective le 1er janvier 1750 pour amortir les dettes de l’tat, prcise par ailleurs que les terres de Moldes n’taient pas de trs bonne qualit « on y recueille que du seigle et trs peu d’avoine ». La matire premire pour la couverture des maisons populaires tait donc sur place ?

La tradition orale rapporte aussi une information, notamment Vze : l’glise du village tait encore couverte en chaume au milieu du 19me sicle.

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AUTARCIE
Le chaume, un produit local avantageux (3)
Le chaume, un produit local avantageux (3)

Il n’est pas tonnant que les hameaux de la valle de la Sianne concentraient de nombreuses maisons paysannes couvertes en chaume car il reprsentait une ressource de proximit abondante et peu coteuse. Son utilisation bnficiait d’un vrai savoir-faire.

Pour la population locale l’utilisation du chaume pour couvrir les maisons reprsentait bien des avantages :

- disponibilit sur place du seigle : matire premire cultive en altitude, doublement utile la population comme crale constituant la base alimentaire et la grande quantit de paille pour faire des toits en chaume.

- rgularit des rcoltes : chaque anne la culture du seigle apportait son lot de matire vgtale pour la construction permettant d’entretenir l’tanchit des couvertures et de limiter les prises du vent. Changer entirement une couverture tait donc relativement facile en se procurant le chaume sur place.

-aspect conomique : maison populaire, la chaumire demandait moins de pierres car les murs taient bas. La hauteur se trouvait concentre sur la toiture, lgre et en chaume. Il tait donc intressant pour la population de concevoir un toit vgtalis avec un excellent rapport qualit prix.

- conomie de bois : la lgret du chaume, environ 25 kg au mtre carr, sa faible exigence en terme de rgularit permettait d’utilliser n’importe quel bois, mme tordu, pas de redressage de charpente. Ce qui donnait parfois de curieuses ondulations aux chaumires.

- qualit d’isolation : le chaume a toujours eu la rputation d’tre un bon isolant, gardant la fracheur en t, conservant la chaleur en hiver. Un matriaux parfait pour le climat du Czallier marqu par les trs basses tempratures hivernales et les chaudes journes d’t.

- pose possible par les petits paysans : on sait que peu de chaumiers professionnels existaient avant la fin du 19me sicle. La souplesse de la paille de seigle et sa facilit d’emploi offraient la possibilit de faire soi-mme le chaumier d’occasion pour l’entretien et les rparations notamment.


EPOQUE
Causes de la disparition du chaume dans le Czallier (4)
Causes de la disparition du chaume dans le Czallier (4)

Plusieurs facteurs expliquent la disparition progressive de l’utilisation du chaume pour couvrir les habitations paysannes dans le Czallier:nouvelles pratiques agricoles, nouveaux rglements administratifs, apparition de nouveaux matriaux...
Ds la fin du 19me sicle, les traditions et les savoir-faire voluent.

Comme partout dans le Cantal la disparition du chaume est li plusieurs facteurs :

-la disparition progressive de la culture du seigle partir de 1850

-la gnralisation du battage mcanique qui cassait les tiges de seigle les rendant impropre l’usage de la couverture des toitures

-la diminution des terres labourables au profit des herbages pour l’levage, comme en tmoignent les granges impressionnantes bties depuis la fin du 19me sicle

-les risques permanents d’incendies : le chaume brle facilement et le feu peut se transporter rapidement aux maisons voisines. C’est ce qui a failli arriver au hameau d’Allagnon dans la nuit du 1er aot 1910. Le quotidien « Courrier d’Auvergne » rapporte en effet que les « habitants d’Allagnon, (commune de Moldes), furent rveills vers 2 heures du matin par une grande lueur qui clairait le village. C’tait le moulin appartenant monsieur Verdier qui brlait. Bientt, la toiture de chaume s’effondra en faisant jaillir de nombreuses tincelles. Grce aux prompts secours et l’absence de vent, on pu prserver les maisons voisines ».

Cette crainte de l’incendie est encore prsente au dbut du 20me sicle puisque le Conseil municipal d’Auriac du 20 juillet 1905 croit bon de rappeler fermement le rglement sanitaire de la commune qui s’appuie sur la loi du 15 fvrier 1902 : « Les nouvelles couvertures et sous couvertures en paille des maisons, granges, curies, tables...sont interdites » sur le territoire de la commune. La disparition complte du chaume sur le territoire de la commune a donc plus de cent ans.

-la diffusion de matriaux modernes : malgr ses avantages, le chaume ne pouvait rivaliser avec les matriaux modernes ininflammables et sans entretien permanent. La lauze a d’abord t beaucoup utilise, mais elle obligeait refaire de solides charpentes. La tuile mcanique et l’ardoise bleue de la Corrze couvriront finalement de nombreuses maisons et btiments agricoles. 

-les raisons psychologiques : le clich de la douce chaumire o il faisait bon vivre ne rsista pas la ralit de la vie de nos campagnes. Car bien sr, le chaume couvrait surtout les maisons des couches populaires les moins favorises. Ds qu’elles purent utiliser d’autres matriaux elles le firent sans hsiter.

TRACES
Chaume : le tmoignage prcieux de la photographie (5)
Chaume : le tmoignage prcieux de la photographie (5)

La photographie offre un tmoignage visuel, dat, des anciens hameaux de la valle de la Sianne. Deux sources sont dsormais prcieuses pour visualiser l’tat du bti au cours du 20me sicle : la carte postale avant 1914 et un reportage de monsieur Alphonse Vinati en 1960. Voici quelques clichs qui montrent le chaume sur la maison paysanne dans la valle de la sianne

Le site de la tour de Colombine (Moldes) et son bti agricole couvert en chaume

Les premires cartes postales du 20me sicle restent en Auvergne comme partout en France un tmoignage saisissant. Ainsi, une carte postale (1912) du hameau d’Allagnon (Moldes), situ sur les bords de la Sianne, montre clairement un tiers des maisons couvertes en chaume.

Un autre clich dat de 1940 montre plusieurs granges couvertes en chaume au coeur du bourg de Vze. Sur autre carte postale d’Escrouzet (Moldes), au dbut des annes 60, plusieurs maisons du hameau sont couvertes en chaume.

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Hameau d’Escrouzet sur le bord de la Sianne

Annes 1960-1970 : dernires traces du chaume

Un tmoignage photographique direct porte notre connaissance une vision concrte de maisons de la valle de la Sianne portant le chaume.

Monsieur Alphonse Vinati, archologue-instituteur, effectua entre 1960 et 1970 un reprage de l’architecture vernaculaire dans la valle de la Sianne. De ce travail, il nous reste notamment des photographies indites sur des btiments d’habitation et des granges en chaume sur les communes de Moldes, Laurie, Vze.

Maison paysanne au hameau de La Besseyere, Moldes (1970, Collection ACVS)

Couverture mixte, chaume, lauze et tle. La paille va bientt disparatre. Ferme traditionnelle au hameau de La Besseyre, Moldes (1970, Collection ACVS)

Maion paysanne au hameau de Lussaud, Moldes (1970, Collection ACVS)

EN ATTENDANT MIEUX
Le gent, l’autre toiture vgtale
Le gent, l’autre toiture vgtale

Ressource vgtale abondante dans le Massif Central, le gent ne couvrait pas seulement quelques btiments usage d’habitation, il tait aussi employ pour de petits difices ruraux utilitaires. La charpente lgre tait compose d’un treillis qui supportait un entrelacs de branches de gent d’environ un mtre de longueur. Les gents taient rcolts dbut octobre jusqu’ la fin avril lorsque la sve tait absente.Dans la France mdivale le gent servait de couverture provisoire

Hutte couverte en gents dans une ferme de la valle de la Sianne (vers 1960, Collection ACVS)

Habitation rnove avec une couverture en gents (Cantal)

PUZZLE FACE AU CIEL
La lauze, carapace incorruptible (1)
La lauze, carapace incorruptible (1)

Couvrir un btiment d’habitation ou utilitaire rsultait des conditions climatiques et des ressources en matriaux. En Auvergne, la pierre de lave ne manquait pas. On l’utilisera donc abondamment. C’est pourquoi, encore aujourd’hui, les toits recouverts en lauzes font partie intgrante du patrimoine architectural et des paysages du Cantal.


Les vieilles toitures du Cantal montrent quel point les anciens matrisaient l’art de la construction. Ils avaient une extraordinaire habilet, n’hsitant pas utiliser des lauzes de grandes dimensions donnant l’impression au final d’avoir t moules les unes dans les autres. L’harmonie de l’agencement donnait la fois l’efficacit et la beaut aux toitures.

La lauze, un matriau pour dfier les sicles

Sous le terme gnral de lauze sont regroupes diffrent types de pierres : le schiste, le phonolite, le gneiss, le grs.
La lauze est une dalle obtenue par dlitage de la roche volcanique dispose selon un recouvrement dcroissant vers le fatage. Les carrires d’extraction affleuraient le sol. Trs nombreuses dans le Cantal elles se situaient proximit des villages pour viter les longs et lourds transports en charrette. Son emploi ne parait pas toutefois antrieur au 18me sicle.
La lauze tait accroche la volige appele douelle dans le Cantal par des chevilles ou directement sur les reins de votes maonnes particulirement sur les fours pain, les burons et les porcheries.

Taille pour une intgration parfaite

La lauze de schiste, la plus employe dans le nord Cantal, taille en caille ou en ogive, mesure gnralement de 15 60 cm et se distingue facilement sur les toitures par son irrgularit et son paisseur. La lauze rectangulaire d’un ct et arrondie de l’autre servait pour les rives et les noues.

Le recouvrement tait d’au moins 12 cm. Inusable et donc rcuprable, elle avait pour avantage d’offrir une grande rsistance aux intempries, aux incendies et une grande longvit.

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Maison paysanne au hameau d’Escrouzet, Moldes (annes 1960-1970, collection ACVS)

L’habilet du couvreur mise l’preuve

La largeur et l’paisseur des lauzes sont irrgulires. Le couvreur devait les choisir une une pour qu’elles se moulent bien les unes dans les autres, en mme temps que les joints se croisent correctement. Un vrai savoir-faire mis l’preuve pour chaque toit.

Restauration du four communal au hameau de Moudet (Entreprise Ricard)

APPARENCE ET FONCTIONNALITE
La grande harmonie du toit en lauze (2)
La grande harmonie du toit en lauze (2)

La lauze de schiste, la plus employe dans le nord Cantal, taille en caille ou en ogive, mesure gnralement de 15 60 cm et se distingue facilement sur les toitures par son irrgularit et son paisseur. La lauze rectangulaire d’un ct et arrondie de l’autre servait pour les rives et les noues. Au final des toitures solides et belles qui sont devenues l’un des patrimoines emblmatiques du Cantal.

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L’habitat des hommes et des btes couverts en lauze avait l’avantage d’offrir une grande rsistance aux intempries, aux incendies et une grande longvit. Le recouvrement tait d’au moins 12 cm. La largeur et l’paisseur des lauzes sont irrgulires.Le couvreur devait les choisir une une pour qu’elles se moulent bien les unes dans les autres, en mme temps que les joints se croisent correctement. Un vrai savoir-faire mis l’preuve pour chaque toit.

Inusable et donc rcuprable, la lauze domin de nombreux sicles tous les types d’habitats. 

Hameau de Lussaud (Commune de Laurie)


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FIXATION ET SOLIDITE
La technique du chevillage des lauzes (3)
La technique du chevillage des lauzes (3)

Une toiture en lauze ncessitait une charpente toute preuve pour supporter 10 200 kg au mtre carr, soit plus de 20 tonnes de matriaux pour une seule toiture.. La volige de 30mm d’paisseur tait cloue sur des chevrons.
La fixation se faisait autrefois par des chevilles en bois. Les clous que forgeaient eux-mmes les couvreurs les ont parfois remplacs rduisant du mme coup la dure de l’ouvrage.

La fixation des lauzes sur la douelle de schiste et de phonolite tait assure par un systme d’assemblage impressionnant dont on mesure toute l’ampleur en observant la charpente de l’intrieur car le chevillage dpasse lgrement sous la douelle.

La cheville pour lauze est tronconique, polygonale, refendue dans du chne, du chtaignier ou encore du frne. Sur le toit elle est arrase la scie. Pour permettre son recouvrement par les lauzes du rang suprieur. Elle passait dans la lauze soit par un trou, soit le plus souvent par une encoche latrale de chaque ct, notamment pour la phonolite. Elles taient enfonces «  la force ».



EXTRACTION LOCALE
La carrire de lauze du bois du Cuze (4)
La carrire de lauze du bois du Cuze (4)

Pour la plupart des toitures couvertes en lauzes des villages proches de la valle de la Sianne on se procurait la pierre dans de petites carrires locales, rparties notamment sur les communes de Vze, Laurie, Charmensac...La pierre tait achemine sur les lieux de construction avec des chars boeufs.

Un exemple de carrire Charmensac

Beaucoup de toitures en lauzes des villages autour de Charmensac proviennent de la carrire du Cuze sur la pente de la valle de l’Alagnon. La roche exploite est en gneiss et prsentait une foliation qui permettait un dbit facile en lauzes.



ANTIQUE COUVERTURE
La tuile canal (1)
La tuile canal (1)

La tuile trace une gographie colore des villages des fonds de valle. La plus ancienne que l’on peut encore trouver sur le territoire du nord Cantal et de ses marges, en dehors des parties les plus montagneuses, c’est la tuile canal. Elle a pris la suite de la tuile romaine importe d’Italie lors de la conqute de la Gaule.

La prsence de la tuile comme mode de couverture des habitations est atteste par la dcouverte dans tout le pays de Massiac, Blesle et Allanche de vestiges de tuiles rebord qui couvraient les nombreux tablissements gallo-romains, les « villae ».

C’est partir du XIme sicle que la tuile canal a domin, l o l’on avait les moyens de poser ce type de couverture. Au 19me sicle elle couvrira de nombreuses habitations et reste encore trs prsente sur les plus anciennes toitures.

Caractristiques de la tuile canal

La tuile canal en terre cuite est de forme tronconique avec un diamtre de base plus petit une extrmit qu’ l’autre pour l’embotage. Elle est solide et facile poser sur voliges s’adaptant beaucoup de formes de combles. Son entretien est ais.
Autrefois faite la main, notamment dans le bassin d’Alagnon, l’industrialisation du 19me sicle a entran sa normalisation, notamment ses dimensions. Sur un toit, elle est imbrique l’une dans l’autre, convexe sur concave.. Cet agencement forme des canaux sur lesquels les eaux s’coulent.

Ce type de tuile couvrait des toits en pente douce qui ne dpassait pas 45 degrs, sinon il y avait glissement des tuiles. Son emploi tait donc localis et totalement absent en altitude dans notre rgion.
Une couverture en tuile exigeait toutefois une bonne charpente. Le nombre de tuiles utilis au mtre carr en Auvergne tait en moyenne de 35, ce qui reprsentait un poids d’environ 60 kg au mtre carr pour des tuiles poses sec et un poids bien plus lev pour les tuiles maonnes.

Artiers et fatages

Les artiers et les fatages taient raliss avec des tuiles canal places couvert par-dessus les courbes biaises des deux versants. Elles sont depuis le XXme sicle trs souvent scelles avec du mortier, accentuant ainsi l’tanchit.
Les toitures en tuiles canal se terminaient gnralement soit par une corniche ou le plus souvent par une gnoise ralise avec des tuiles canal poses dans le sens courant.

COHABITATION
La tuile embotement supplante la tuile canal (2)
La tuile  embotement supplante la tuile canal (2)

Au 19me sicle, avec le dveloppement de la vapeur qui permettait la fabrication en srie de pices sur des machines assurant un rendement lev, une prcision dimensionnelle et une standardisation, des nouvelles tuiles sont apparues, notamment les tuiles emboitement. Cette automatisation de la production a amen l’appellation de « tuile mcanique » une tuile qui n’avait rien de mcanique en elle-mme.

 Le bourg d’Auriac-l’Eglise. En fond de valle, rgne la tuile

On doit la tuile embotement aux frres Gilardoni qui l’inventent en 1841. La nouveaut : elle s’embotait l’une dans l’autre, se chevauchant juste de quelques centimtres tout en assurant une parfaite tanchit de la toiture.
Le faible recouvrement rduisait considrablement le poids d’une couverture et le temps de travail de pose, auxquels s’ajoutait l’utilisation moindre de bois sur la charpente.


FERMETURE D’AVANT-TOIT
La gnoise, lment du pays de la tuile canal (3)
La gnoise, lment du pays de la tuile canal (3)

Importe par des maons italiens dans le sud de la France, la gnoise est un lment caractristique de l’architecture dans les zones o dominait la tuile canal, notamment dans certaines parties de l’Auvergne, le Pays de Massiac par exemple.

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La gnoise, c’est un type de fermeture d’avant-toit form de plusieurs rangs de tuiles-canal en encorbellement sur le mur.

Autrefois, le nombre de rangs tait le tmoignage du statut social : les maisons modestes avaient deux rangs, les propritaires les plus aiss en avait souvent trois ou quatre. Ces distinctions reprables encore dans certaines constructions en Auvergne disparu avec la Rvolution franaise. Au 19me sicle on s’est limit partout deux ou trois rangs.

Une technique "la gnoise"

La gnoise est forme de tuiles-canal poses horizontalement comme sur le toit entre deux rangs de tuiles plates appeles filets, et garnies de mortier par le maon pour constituer la frise. La tuile visible est celle qui fait partie de la couverture de toit.

Son rle est la fois d’loigner les eaux de ruissellement de la faade comme une corniche et d’autre part de continuer le pan versant du toit. Bien tanche par le garnissage de mortier, les oiseaux, chauve-souris et autres animaux rampants sont empchs d’entrer sous la couverture.
La gnoise est aussi devenue dans nos rgions un ornement trs courant des constructions rurales modestes.

L’utilisation de la gnoise n’a pas clips pour autant les avant-toits faits des extrmits des chevrons apparents et de planches rustiques.


DEBORD DE TOITURE
Corniches et corbeaux pour carter l’eau de pluie
Corniches et corbeaux pour carter l’eau de pluie

Pour abriter le sommet des murs, plusieurs types traditionnels de bas de charpentes sont utiliss. Ce sont souvent les dbords de toit qui donnent du caractre au bti ancien de notre rgion. Ils sont devenus des lments part entire du dcor sur la faade d’une construction.

Le dbord de toiture se dtache sur le fond du ciel quand notre regard pointe vers le haut des habitations. Il s’avance dans le vide pour carter les eaux de pluie sur la faade. Selon la nature des matriaux de la couverture, la bordure est supporte par diffrents dbords : corniches pleine, chevrons, corbeaux...Tous supportent des planches massives brutes de sciage.

Corniches

Les corniches de couronnement reoivent les sablires sur lesquelles reposent les charpentes. Les plus anciennes rpertories en Auvergne sont en pierre de basalte, matriaux identique aux encadrements des ouvertures de la maison. Certaines sont parfois sur des consoles. Elles peuvent aussi tre travailles en talon, doucine ou quart de rond, et parfois mme sculptes comme sur les glises.

Corbeaux

Sur la maison rurale d’Auvergne, pour supporter le dbord de toiture en chaume, lauze ou tuile, le corbeau en bois ou en pierre taille est l’lment le plus frquemment utilis au sommet du mur.

Hameau de Laussaud (Laurie)

Bourg de Charmensac


COUVERTURE MINERALE D’ADOPTION
19me sicle : l’ardoise s’impose dans le Cantal (1)
19me sicle : l’ardoise s’impose dans le Cantal (1)

Au milieu du 19me sicle, des couvreurs et carriers arrivent avec leurs familles originaires de Travassac (hameau de la commune de Donzenac et Allansac. Ils s’installent dans le nord Cantal (Murat, Allanche, Marcenat, Vze, Moldes…). Aprs avoir travaill la lauze de schiste, ils vont dvelopper leur savoir faire acquis en Corrze en faisant venir de leur dpartement d’origine un matriau qu’ils connaissent bien : l’ardoise

Pays traditionnel de la lauze aprs avoir connu le chaume, le Cantal va adopter l’ardoise progressivement au 19me sicle. Cette transformation radicale des couvertures est due la fois l’arrive massive de couvreurs de la Corrze voisine fuyant la crise conomique et le dveloppement du chemin de fer.


Aujourd’hui l’ardoise est trs prsente sur les toits cantaliens. Les diffrents gisements ardoisiers, les changements de lumire, la patine, les lichens apportent aux toitures en ardoise demultiples nuances au gris bleut d’origine. C’est ce qui confre au paysage et aux villages un charme particulier.

Provenance de l’ardoise

L’ardoise en caille ou en ogive que nous trouvons sur les vieux toits en zone d’altitude partir de 500 mtres provient des carrires d’Allansac et de Trevassac en Corrze deux sites quelques kilomtres de Brive-la-Gaillarde, des gisements exploits depuis le 17me sicle.
Sa taille est petite, ses qualits esthtiques et techniques excellentes. . Autrefois celle taille en arrondie sur le cot provenait plutt de Travassac, celle en pointe d’Allassac Ici et l, surtout dans les grandes villes basse altitude, on peut remarquer des toits en ardoises carres d’Anjou ou de Corrze, diffuses surtout depuis la moiti du 20me sicle.

Du sous-sol aux toitures

L’ardoise est une roche trs rsistante forme il y a 500 200 millions d’annes partir de l’rosion de reliefs tombs dans la mer et travaills de la mme faon que les autres schistes, par la pression et la temprature. Cette roche feuillete, homogne est de teinte bleu-noir due une matire charbonneuse. Elle provient de la transformation d’une boue argileuse et micace, souvent suivie d’un dbut de mtamorphisme lui confrant une surface satine. Une schistosit rgulire se traduit par un dbit ais en plaques millimtriques. Elle avait donc tout pour se retrouver sur le toit des maisons.

Une migration

Au milieu du 19me sicle, des couvreurs et carriers arrivent avec leurs familles originaires de Travassac (hameau de la commune de Donzenac et Allansac. Ils s’installent dans le nord Cantal (Murat, Allanche, Marcenat, Vze, Moldes...). Aprs avoir travaill la lauze de schiste, ils vont dvelopper leur savoir faire acquis en Corrze en faisant venir de leur dpartement d’origine un matriau qu’ils connaissent bien : l’ardoise

Un nouveau mode de transport

Le dveloppement du chemin dans le Cantal qui s’est caractris par trois lignes formant un triangle dans lequel se trouve le Czallier et ses marges va normment contribuer l’arrive de l’ardoise corrzienne, facilit par quelques gares d’importance : Allanche, Massiac, Blesle.

Un gisement de mtiers

Les carrires d’ardoise corrzienne taient ciel ouvert ou en galerie (Travassac). Les blocs extraits taient de dimensions varis, en moyenne un mtre cube, soit trois tonnes. Travassac fournissait des matriaux au fil trs marqu dans le sens de l’ardoise. Allassac produisait une ardoise avec un fil en biais. Les rpartons taient faits la masse et au burin Son paisseur varie de 3 9 mm.

ECAILLE OU OGIVE
Avec l’ardoise, le bti a chang (2)
Avec l’ardoise, le bti a chang (2)

Au 19me sicle la toiture en ardoise a conquis tous les types de btiments paysans, bourgeois, religieux. Une cohabitation plus que centenaire qui perdure encore pour les fermes, les granges, les fours pains, les glises ou encore les mairies avec deux formes : l’ardoise en ogive o caille.

La forme et le mode de pose de l’ardoise en ogive ou caille s’inspirent trs largement de ceux de la lauze de schiste, courante dans le Cantal. D’abord fixe la cheville bois puis au clou forg elle a en fait progressivement remplace les anciennes couvertures en lauze comme le laisse encore paratre certaines toitures mixtes.

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Ardoises de rive

Les rives latrales sur ardoise en ogive de toit sont fragiles, on plaait donc des ardoises plus larges dans le but d’loigner l’eau. Ces pices de rives appeles moraines taient cloutes gnreusement. Les ardoises de rive sont toujours trs grandes et rectangulaire.


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Le ftage

Le fatage d’une toiture en ardoise et les artes taient traits avec des tuiles creuses scelles mais le plus souvent avec du zinc.

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Caractristiques des toitures en ardoise

Dure de vie : 70 ans 300 en fonction de la qualit du gisement, le type d’extraction, l’paisseur, le type de pose (clou ou crochet), le pureau (partie visible de l’ardoise), l’entretien.

Couleur : gris fonc, allant du gris neutre au gris bleut.

La dcoupe : les blocs sont dcoups en blocs en respectant le bon sens qui correspond la direction selon laquelle la roche plisse. Cel donne le sens de la longueur de la future ardoise.

Le fendage : consiste diviser les blocs dans l’paisseur en dsolidarisant les feuillets de la roche l’aide d’un marteau et d’un burin, c’est le rebillage.

La taille : consiste donner l’ardoise sa forme dfinitive. Avec un taillant, le cliveur transforme les morceaux de schiste en feuille d’ardoise et leur donne la forme ronde, ogivale ou carre. Il la perce pour pouvoir la fixer sur un toit. Cette dcoupe finale tait autrefois toujours faite la main, exigeant une grande prcision, une longue exprience et un oeil prcis.

La pose : elle s’effectue avec une pente pouvant aller jusqu’ la verticale

Les outils de l’ardoisier-couvreur

Traditionnellement, les couvreurs d’ardoise travaillent avec peu de matriel et d’outils :
L’enclume : sorte de T en fer dont la branche d’querre se termine en point aigu, on l’enfonce dans le voligeage pour l’utiliser.

Le tranchant : sert couper l’ardoise et lui donner la forme voulue sur le toit.

Le marteau : appel assette, outil de base de taille sur le toit. D’un ct il a une tte pour enfoncer les clous, de l’autre une pointe pour prparer les trous dans l’ardoise sans la casser.

La table : sert appuyer l’ardoise et la poser pendant la confection des trous ou la taille avec le marteau.

Le tire-clous : lame de fer mince recourbe l’une de ses extrmits et munie de dents sur les cts. Permet de passer sous la tte des clous et de les arracher sans dtriorer l’ardoise.

A l’aide des trois types d’ardoises, en caille, en ogive et carre, le couvreur cre un vrai dcor (Vze)

LA POSE
Les deux modes de fixation de l’ardoise (3)
Les deux modes de fixation de l’ardoise (3)

Pour bien fixer les ardoises et assurer une bonne tanchit, rsister au vent, protger de la neige, ont t utiliss deux modes de fixations, le clou fixation traditionnelle en Auvergne et le crochet apparu dans le dernier tiers du 19me sicle. Dans le Czallier c’est surtout le clou qui domine, mieux adapt au clinat de montagne. L’ardoise ayant le plus souvent remplace la lauze la volige se prtait bien a cette nouvelle couverture minrale.

Les clous, la pose l’ancienne
Selon la pose au clou ou au crochet, la zone mouille est diffrente. Les clous devaient imprativement tre situs hors de la zone mouille.
La pose l’ancienne se faisait au clou.L’ardoise pose au clou est sur support de volige elles sont plus serres que celles poses au crochet. Elle ne peut donc bouger. Mais si c’est la volige qui bouge, l’ardoise peut casser.

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Les crochets, la marque du 19me sicle
A la fin du 19me sicle est apparue la pose au crochet. Ils sont faits de fils de fer galvanis cuivre ou acier inoxydable. D’une faon gnrale, le crochet est point ou ressort. En pointe il s’enfonce dans la volige en bois, ressort il s’accroche sur les liteaux.
L’ardoise pos aux crochets bnficie d’une certaine libert mais dans le cas de vent violent, elle peut tre dtruite.

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STYLES ET MATERIAUX
Les charpentes, l’hritage d’un savoir-faire
Les charpentes, l’hritage d’un savoir-faire

Les charpentes donnent la pente du toit et le nombre de ses pans tait conu en fonction du matriau de couverture, de sa nature, vgtale ou minrale, de son poids, d’exigences techniques particulires, mais surtout de traditions locales et des conditions climatiques. La charpente de la maison traditionnelle du Cantal dcline donc plusieurs caractristiques.

Solide charpente pour toiture en lauze Charpente pour toiture en ardoise

La plupart des charpentes sont l’oeuvre d’artisans ; charpentiers, menuisiers, couvreurs ou maons travaillant avec le concours du constructeur, et du voisinage. Les charpentes des maisons traditionnelles du nord Cantal rpondent aussi des modles culturels qui ont ainsi donn un certain nombre de caractristiques au bti rural de notre rgion. Les charpentes constituent un hritage de savoir-faire

Diffrentes sortes de « fermes » constituent les lments principaux des charpentes destines recevoir une couverture de tuiles faible pente ou de lauzes pentes plus forte,pente pouvant aller jusqu’ permettre la suppression de l’entrait avec report sur la sogue.

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Impressionnante charpente dans une grange au hameau Le Vau (Charmensac)

La charpente traditionnelle : un problme de gomtrie

Tout changea pour la maison des hommes lorsqu’on dcouvrit que le triangle tait la seule figure gomtrique qui ft indformable. On l’utilisa pour inventer la charpente en utilisant le bois. Le bois est le matriau commun toutes les charpentes des maisons rurales construites avant le XXme sicle.
La charpente de base est donc compose d’au moins un triangle vertical, la « ferme, forme de deux « arbaltriers » relis leur base par un « entrait » et reposant sur les murs-pignons. Chaque ferme est consolide par un « poinon » qui est en fait l’hypotnuse du triangle, et qui est consolid par des « contre-fiches » places entre les poinons et l’arbaltrier pour empcher celui-ci de flchir.

Les fermes sont relies entre elles par la panne fatire (la poutre dlimitant l’arrte du toit) et les pannes transversales, pices de bois horizontales, espaces de deux mtres environ, portes par les arbaltriers.
Les pannes reoivent les chevrons, parallles aux arbaltriers et disposs intervalles rguliers pour recevoir les petites lattes de bois ou les planches perpendiculaires aux chevrons, destines supporter et fixer les matriaux de couverture.

Plus le toit est important, et lourde la charge de la couverture, plus on utilise de bois de section importante avec chacun sa fonction particulire.
Les « sablires » sont les pices de bois reposant sur les murs. La « noue » se situe au point de rencontre de deux toits dans les constructions en querre ou la base des lucarnes. D’autres pices essentielles existent encore sur les charpentes de nos maisons traditionnelles ’aisseliers, jambettes, « coyaux, « chantignoles »...Elles ont toutes pour fonction de soulager au maximum les pices porteuses.

La tradition du trac de charpente

Les charpentiers traaient et taillaient d’avance l’ensemble des pices qui allaient former la charpente de la construction. Des marques taient apposes qui permettaient de reconnatre les pices et de les poser convenablement.
Sur beaucoup de charpentes des maisons rurales traditionnelles, ces marques tailles au ciseau sont encore visibles.


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La jambette omniprsente sur la charpente auvergnate

La jambette, cette petite pice de bois lgrement incline a pour fonction de soulager le pied de l’arbaltrier d’une ferme ou un chevron. Ce systme est trs employ pour les charpentes de granges notamment aux toitures forte pente.


CONNEXION FOYER-CIEL
La chemine, un lment traditionnel du toit (1)
La chemine, un lment traditionnel du toit (1)

Elment de la toiture traditionnelle et du fait de la hauteur des toits, la chemine du Cantal a pris souvent une grande importance pour devenir un vrai motif architectural participant une sorte d’identification des toits du Massif Central.


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Avec ou sans chapeau, pour bien tirer et viter d’enfumer le logis, la souche d’une chemine devait s’lever au moins jusqu’au fatage du toit. Ainsi expose aux intempries la souche de chemine a toujours t un lment fragile des toitures.

Une souche est la partie visible du conduit de chemine au-dessus-du toit. En Auvergne, les souches sont massives et particulirement bien harmonises avec les matriaux de la couverture. Sur les toits forte pente elles sont hautes et soignes. 

Sur les plus anciennes maisons traditionnelles rurales aux vastes « cantou », les souches retraits comportent une succession de deux ou trois tages de larmiers en pierre plate qui protgent le solin tandis qu’un entablement souvent chanfrein somme la chemine. Lorsque le dernier niveau est ovalis, c’est le signe d’une grande anciennet de la maison (l’oustal). Ce dispositif original semble avoir constitu au temps des toits en chaume une protection contre les flammches, avant de devenir un lment dcoratif.

Emplacement de la souche

La plupart des souches de chemine sont implantes au fate du pignon dans l’axe du fatage l’aplomb du nu extrieur du mur. On en trouve parfois au milieu du toit places la volontairement ou manifestant une extension ultrieure de la maison. Elles sont en pierre apparente ou enduite. Certaines sont en brique notamment sur les constructions au tournant du XXme sicle.

Habituellement en Haute-Auvergne elles se situent sur le pignon de gauche, exposes l’ouest, d’o vient la pluie. Pour les anciens, cet emplacement tait motiv pour s’opposer le plus possible l’humidit des murs.
Dans les anciennes maisons couvertes en chaume la dalle du sommet de pignon en redans forme l’assise du ft de chemine souvent deux niveaux.
Le conduit est parfois abrit grce une dalle en pierre sur pilier court ou par une tle cintre fixe par des pattes mtalliques. La souche est parfois couronne d’un pi de pierre.


TRADITIONS
Types de chemines sur la maison paysanne (2)
Types de chemines sur la maison paysanne (2)

Pour tre efficace une souche de chemine doit dpasser le fatage d’au moins cinquante centimtres. Dans le Czallier elles peuvent largement dpasser cette hauteur. La souche comporte alors une succession de deux ou trois tages de larmiers. Pour toutes les maisons de Haute-Auvergne la chemine reste un lment architectural d’identification rgionale.

Hameau de Chazelou (Vze)

Souches de chemines couvertes

Le conduit de la souche de chemine est parfois abrit grce une dalle en pierre sur pilier court ou par une tle cintre fixe par des pattes mtalliques.

Souches de chemines surmontes d’un pi en pierre

L’pi qui se dresse sur la souche de la chemine avait autrefois une fonction symbolique : loigner le malheur, attirer la prosprit sur la maison.


Types divers de chemines dans le Czallier

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Sur les maisons de matre du dbut du XXme sicle la brique remplac la pierre

UTILITE ET ORNEMENTATION
Les crtes de fatage
Les crtes de fatage

La valle de la Sianne conserve encore de nombreux tmoins de cette pratique qui a concern au fil des sicles tout type de bti. La tradition du fatage aurait t importe en Gaule par les Romains qui couronnaient le toit des villae par des motifs dcoratifs. La tradition s’est conserve et dveloppe travers la priode romane puis durant tout le Moyen-Age et a perdur jusqu’ nos jours.


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Les trois fonctions d’une crte de toit

Une crte de toit a toujours eu plusieurs fonctions : la principale c’est l’tanchit du couronnement d’un comble deux gouts. Elle avait aussi l’avantage d’alourdir le fate du toit pour lui donner de la stabilit. Enfin, trs tt, la crte de toit a particip la personnalisation de la couverture par une perspective dcorative.

Les couvreurs associs diffrents mtiers ont donc plac des lments dcoratifs en pierre, en terre cuite, en mtal. Ces crtes de toit taient pour la plupart ajoures offrant ainsi moins de prise au vent.

Crtes en mtal

Les crtes en mtal s’talent encore gnreusement sur de nombreuses toitures en ardoises des maisons bourgeoises construites la fin du 19me sicle et au dbut du 20me dans le centre de nos bourgs et gros hameaux d’Auvergne.

Les motifs se composent d’ornements rguliers termins par des formes empruntes aux vgtaux. Sur certaine couvertures, la crte est parfois en fonte.

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Crtes en terre cuite
Dans les rgions ou la tuile est utilise,notamment le sud de la France et une partie de l’Auvergne, la crte de fatire en terre cuite est venue rehausser astucieusement les toitures mmes modestes.

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Sur les chaumires, crtes de toit renforces

Sur les toitures en chaume, les paysans formaient un large fatage de boue dans lesquels ils piquaient des plantes pour maintenir la terre et l’empcher de se dissoudre la pluie. Mais le plus souvent on se contentait de renforcer l’paisseur du chaume comme le montre des anciennes photographies dans la valle de la Sianne (Cantal)

Pour bien isoler le fatage des maisons et des btiments agricoles, les paysans s’accommodaient du renforcement de l’paisseur du chaume puis en le fixant par des garlattes, des lattes de bois poses par-dessus le chaume pour le tenir contre le vent.

La grange de Colombine (Moldes, Cantal) aujourd’hui disparue est le type mme de toiture vgtale dont le crte est particulirement renforce par une double paisseur de chaume.

Le fatage tait parfois recouvert de terre dans laquelle on plantait des espces vgtales. En Auvergne c’tait de la Joubarbe, qui tait cense protger de la foudre.

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Grange de Colombine (Moldes) 1960, avec sa crte de chaume renforce

OUVERTURES DE TOIT
Ces tranges lucarnes du Cantal
Ces tranges lucarnes du Cantal

A chevalet, croupe, la capucine, fronton triangulaire, en outeau…les lucarnes font partie intgrante des toits en faible pente d’Auvergne. Gnralement bien intgres dans le bti on a tendance les oublier ces lucarnes qui sont pourtant l’une des parties les plus complexes de la maison rurale.

La fonction originelle de la lucarne tait bien humble. Elle servait engranger foin et crales dans les combles. Elle tait donc dote d’une porte chancre d’un jour pour l’aration.
Autrefois il n’y avait pas lieu qu’elles servent d’clairage. C’est depuis le milieu du XXme sicle qu’on a commenc rendre habitable les combles. Beaucoup de lucarnes sont devenues des fentres de toit.

Un type identifiable d’ouverture de toit

Une lucarne est une ouverture verticale place en saillie sur la pente des toits en lauze, ardoise et tuile. La lucarne est compose d’une faade verticale, de deux cots appels jous et d’une couverture en croupe gnralement deux pans.

La lucarne deux pans dite jacobine

La plus classique reste la lucarne chevalet ou en btire qui accentue l’esthtisme des vieux toits en lauze mais aussi en ardoise. Car en fait, c’est une vritable petite maison en miniature accroche la couverture de l’difice, avec son toit double pente, ses murs, les joues, sa porte en faade, son petit fronton en pierre ou en bois . C’est une lucarne-porte qui perce la fois le toit et le haut du mur gouttereau.Ce type de lucarne deux pans est reprsentatif du bti rural cantalien.

La lucarne croupe dite la capucine

Version sophistique de la lucarne chevalet. On reconnat la lucarne croupe ou la capucine l’ajout du petit pan de toit protgeant la faade des intempries.

La lucarne-porte

La plus utile des lucarnes qui rendait les combles accessibles pour y entreposer le foin et les crales. Elles descendent jusqu’au plancher du grenier et sont souvent quipes d’une poulie.
Dans le Cantal certaines lucarnes-portes sont directement au niveau du sol lorsque la maison est intgre dans la pente.

La lucarne de faade.

Elle repose directement sur le mur gouttereau. Elle peut interrompre l’avant-toit

La lucarne de versant

Elle est pose sur le cours du versant d’un toit. Elle peut alors clairer un deuxime tage de comble.

La lucarne-fentre

Trs frquent en Auvergne sur les maisons bourgeoise du dbut du XXme sicle et les fameuses toitures la Mansard.

Lucarne pendante, dite meunire

Cette ouverture verticale est place l’aplomb de la faade et descend en dessous de la toiture. Gnralement le toit deux pans s’avance au moins de la longueur d’une ardoise de rive. Elle dcoule directement de la fonction agricole des combles. On la trouve sur des toitures lorsque le plancher du comble est situ trs au-dessous du couronnement des murs gouttereaux pour gagner du volume dans le grenier. La gouttire est interrompue avec ncessit de crer une descente d’eaux pluviales sur l’un des cts (ou les deux) de la lucarne.

La lucarne la Mansart

Le comble bris est aussi appel comble la Mansart, du nom du clbre architecte Franois Mansart qui remis au got du jour au 16me sicle l’amnagement des combles pour en faire un tage d’habitation.
Cette toiture particulire que l’on retrouve principalement sur des maisons cossues dans les bourgs et les hameaux comporte de chaque cot deux pans d’inclinaison diffrente. Le terrasson, la partie suprieure, est faible pente. C’est le brisis presque vertical en partie infrieure qui comprend des lucarnes la Mansart assurant aux combles amnags un trs bon clairage.
Ce type de comble supporte en gnral une couverture en ardoise, rarement en lauze.

Modeste outeau

L’outeau est une petite lucarne insre judicieusement dans une toiture pour assurer l’aration ou l’clairage des combles. L’outeau peut tre de diffrentes formes selon les matriaux utiliss pour la couverture : plat, rectangulaire, notamment sur un toit en chaume, triangulaire pour les plus rcents. Cette ouverture tait trs souvent couverte d’une seule lauze en Auvergne..

L’oeil de boeuf

L’oeil de boeuf est une lucarne de forme ovale ou circulaire, une sorte d’oeil. Cette ouverture trs frquente en Auvergne est pratique sur les faades et les toitures. Cette lucarne est gnralement place dans la partie suprieure du mur et le plus souvent dans les combles. Le but de cette ouverture est de laisser entrer la lumire et l’air.
OEil de boeuf en pierre de taille plac au centre d’un fronton triangulaire maonn surmontant la toiture et chapeaut par une corniche quart de rond en pierre. L’ouverture possde un fer corch (ou noeud de sorcire). Pour les habitants de la maison cette protection symbolique visait dresser une barrire contre les forces du mal (mauvais gnies, sorcires, dracs, diable).

PAR DESSUS LES TOITS
Les pis de fatage, un rle calcul (1)
Les pis de fatage, un rle calcul (1)

Les pis de fatage font partie de l’univers des toits et illustrent la diversit des matriaux et des savoir-faire. Ils protgent les charpentes, parent les toits. Fonctionnels et esthtiques, ils tmoignent galement d’une valeur symbolique forte ou tout simplement de l’identit du commanditaire. Beaucoup de toitures de maisons paysannes du Czallier ont gard leurs pis.


L’pi de fatage, appel aussi poinon est une pice forme de plusieurs lments dont la fonction l’origine tait de protger la pointe d’un comble ou d’une charpente, la crte d’un toit, la pointe d’une tourelle. Au cours des sicles, notamment le 19me, il est devenu prtexte ornement.

L’pi comprend une partie infrieure ou embrase, une partie centrale et un couronnement. La partie basse de l’pi se prolonge sur les pans de couverture assurant ainsi l’tanchit de la jonction des pans.

Tous les types de couvertures comportent des spcimens d’pis : lauze, tuile, ardoise, les modles sont nombreux. Il suffit de lever les yeux dans les villages.

Dans les traditions rurales anciennes, le symbole gnral de l’pi tait la croissance et la fertilit, la protection de la maison contre la foudre et l’loignement des malfices.


Les pis de fatage en pierre (2)
Les pis de fatage en pierre (2)

Sur les toits en lauze les pis de fatages sont galement en pierre. Trois type d’pis en pierre se trouvent sur les maisons paysannes du Czallier : la pierre drsse, la quille renverse, la croix pi.

La croix pi en pierre

La croix pi est l’un des grands thmes traditionnels de protection en Auvergne. Trs caractristique de la maison rurale du Cantal, la croix en pierre ou en mtal tait avant tout considre comme un signe fort pour carter le danger et non pas comme on pourrait le croire d’emble l’expression d’une foi affirme des propritaires de la maison.




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L’pi pierre dresse

L’pi de pierre trs prsent dans le Cantal est le plus frustre souvent peine bauch, bloc rocheux informe, il coiffe de nombreuses chemines et pignons des maisons couvertes en lauze ou en chaume. Au pays de la pierre sche, la pierre se rattache la croyance en la dure des choses.

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L’pi quille renverse.



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L’pi boule

Frquent sur les toitures en lauze, l’pi taill en boule est scell l’extrmit du toit ou bien orne la souche d’une chemine. Il est galement prsent sur le fatage en pierre taille. 


ESTHETISME
Les pis de fatage mtalliques (3)
Les pis de fatage mtalliques (3)

L’pi de fatage en mtal, fer, zinc ou fer blanc, plomb, n’est pas antrieur au 19me sicle. Le socle de cet objet utilitaire comprend une pyramide tronque ou un cube surmont d’un balustre sur lequel repose pommeaux et bulbes ctels. L’pi mtallique termime uniquement les toitures en ardoise. Dans le Czallier c’est le zinc qui est le matriau le plus utilis en raison du climat montagnard.

L’usage fonctionnel de l’pi de fatage s’est enrichit avec le temps d’une recherche esthtique qui a transform parfois l’objet utilitaire en oeuvre d’art populaire aux multiples reprsentations selon les dsirs des commanditaires, du savoir-faire des artisans, mais aussi grce l’industrialisation qui ds 1850 propos sur catalogue de nombreux modles prdfinis.

L’pi croix mtallique

L’arrive au 19me sicle d’un nouveau matriau de couverture, l’ardoise de Corrze n’a pas fait disparatre l’pi-croix. La croix mtallique a remplac la croix de pierre utilIse sur les couvertures en lauze. La tradition s’est poursuivie. Les artisans du fer ont alors apport l’ornementation aux croix de fatage. L’pi croix qui succde l’pi croix en pierre est typique du Cantal


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L’pi mtallique floral

Courant au dbut du XXme sicle, l’pi floral se prsente sous la forme d’un axe mtallique d’o divergent des tiges garnies de fleurs stylises, renfles et denteles.
Les pis en forme de bouquet hautes tiges sont systmatiquement ralises en mtal. Avec l’pi floral, la toiture se termine en apothose. Le bouquet de fleur aux calices ouverts ou ferms qui part de l’axe principal surgit du godron de forme ovode...comme pour rappeler la tradition des corporations du btiment qui marquait l’achvement de la maison par la pose du bouquet final sur la charpente.


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EPI POPULAIRE
La girouette mtallique (4)
La girouette mtallique (4)

Popularise au 19me sicle l’pi girouette en mtal orne principalement les btisses bourgeoises du dbut du XXme sicle et s’est durant tout le 20me sicle tendu de nombreuses maisons paysannes du Czallier..


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L’pi girouette fut trs longtemps une marque de distinction et un privilge de la noblesse qui seule avait le droit d’en couronner les tourelles de ses chteaux et maisons-fortes. Il reprsentait le plus souvent un tendard. En 1791 un dcret de la Rvolution abolit ce droit seigneurial. Elle a depuis t adopte pour les toitures de toutes les catgories sociales.

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La girouette enseigne

L’objet devenu populaire, la girouette assure parfois un rle social et prend la forme d’une silhouette dcoupe en tle ou en fer blanc ou zinc. Elle devient enseigne, indiquant la profession du commanditaire de la maison ou une activit particulire : un laboureur et son attelage, le chasseur et son chien, le berger et ses moutons, un oriflamme pour l’aristocrate...


MULTIFONCTIONS
L’pi rose des vents (5)
L’pi rose des vents (5)

L’pi rose des vent arbore toujours un axe pourvu d’une croix directionnelle indiquant les quatre points cardinaux. Gnralement mtallique, la girouette rose des vents est constitue d’un lment rotatif mont sur un axe vertical fixe. Sa fonction d’pi de protection d’un poinon est tendue pour montrer la provenance du vent qui pousse l’arrire de la flche jusqu’ ce qu’elle soit aligne parallle au vent.

DECORS DE TOIT
Les pis de fatage en terre cuite (5)
Les pis de fatage en terre cuite (5)

Beaucoup moins prsent dans le Cantal que dans d’autres rgions de France, l’pi en terre cuite reprend souvent la forme du poinon ou pi tronconique bulbe, forme la plus classique des pis en terre cuite. Il est gnralement constitu d’une base, d’un globe ovode et d’un couronnement en pointe. Ce type d’pi se trouve sur les toitures en tuile mais aussi parfois sur des toitures en ardoise.

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L’pi, symbole de fertilit semble sur cette toiture assurer pleinement la symbolique

ACCESSOIRES DE SECURITE
La barre neige, crochet de service et chane de toit
La barre  neige, crochet de service et chane de toit

La barre neige
En pays de montagne, de nombreuses maisons de village possdent des barres neige en bois ou en mtal fixes sur toute la longueur de la toiture ou parfois uniquement au dessus de la porte d’entre de la maison.. Elles sont destines retenir la neige qui, fondant par-dessous, risque de tomber en gros paquets sur le sol.

Les plus anciennes sont en planches ou ft de sapin et sont tenues par des crochets renforcs.
Depuis le dbut du XXme sicle le mtal remplace frquemment le bois.

Le crochet de service
Situ sur la surface d’un toit en pente, le crochet de service est un ancrage permanent pour scuriser les interventions d’entretien.

L’tanchit autour du crochet est assure par une ardoise en plomb ou en zinc. Il est peu fiable et inesthtique. Pour assurer une circulation sur le toit en pente, les crochets de services sont installs sur une ligne de scurit en haut du rampant, gnralement tous les deux mtres. Le couvreur devait pouvoir passer d’un ancrage l’autre sans se dcrocher. Il pouvait aussi servir au maintien d’une chelle plate.

La chane de toit
On remarque encore sur un certain nombre de maisons d’habitation ou de vastes granges une longue chane souvent rouille filant depuis le fatage jusqu’ la rive du toit et qui se termine par une poigne.

Laisse l en permanence, elle avait pour fonction de permettre un accs rapide sur la toiture pour une rparation urgente ou un entretien. Cette chane de toit et son fixage subissant toutes les intempries pouvaient trs vite devenir dangereuse. Peu utilis ce systme est toujours apparent sur certaines toitures en ardoise des bourgs et des hameaux.

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