Warning: array_shift() expects parameter 1 to be array, boolean given in /htdocs/public/www/config/ecran_securite.php on line 283 Cézallier: le patrimoine de la vallée de la Sianne en Auvergne (Cantal/Haute-Loire)
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LES DERNIERES MISE EN LIGNE

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ESTIVALES 2018

Les thmatiques de l’exposition "La vie d’avant"

Textes de prsentation
des 15 thmatiques de l’exposition 2018

La photographie familiale, mmoire vivante de la vie d’avant

Les photographies anciennes constituent un riche patrimoine qui mrite conservation et valorisation car au-del de leur intrt pour la mmoire, les clichs anciens reprsentent dsormais une relle valeur patrimoniale sur la vie d’autrefois dans le Czallier Cantalien.

Reconstituer des moments de la vie d’avant dans le territoire du Czallier l’aide de photos anciennes participe la dmarche patrimoniale que s’efforce de construire l’association Czallier valle de la Sianne depuis prs de vingt ans.

Ces dernires annes, des familles ont rpondu aux appels de l’association lors de la ralisation de nos 15 expositions thmatiques en nous confiant de trs beaux documents photographiques, par exemple, des photos de classe, la vie agricole, la vie dans les burons, les mines d’antimoine, le bti rural ancien, des activits disparues, des vnements collectifs, des traditions, des instantans sur les villages autrefois...Toutes ces images collectes en grand nombre pouvait faire enfin l’objet d’une restitution au public. C’est pourquoi nous avons souhait prsenter une bonne partie de cet inventaire photographique travers cette exposition.

Ds la fin du 19me sicle et au dbut du 20me, la photographie tait alors dans la campagne auvergnate rare et prcieuse. Il s’agissait alors essentiellement de photographies de professionnels pour des portraits poss de personnes seules ou en famille, souvent l’occasion d’un vnement familial : naissance, communion, mariage, service militaire.

De cette poque date aussi de rares photos de professionnels qui se dplaaient dans les villages pour immortaliser des vnements, des activits locales...parfois restitus en cartes postales ou en cartes-photos spia.
La plupart des familles ont conserv ces vieilles photos et mme des clichs sur plaque de verre provenant des successions familiales.

Autour des annes 1920/1930 c’est le dbut de l’appareil photo chez des particuliers, le plus souvent un membre de la famille « photographe amateur », le cousin de Paris, le cur ou un notable. Ils ont fix des moments qui rythmaient la vie de nos familles et de nos villages. Nous en avons rcupr beaucoup auprs des familles des communes de Charmensac, Auriac-l’Eglise, Laurie, Moldes, Peyrusse, Vze, Blesle et Allanche.

Mais ce sont les annes 1940/1970 qui reprsentent le vrai essor de la photo car pratiquement chaque famille possdait un appareil. Cette priode plus rcente nous offre une grande quantit d’images trs varies. Beaucoup sont l’expression d’une poque que la plupart d’entre-nous ont vcu. Ces souvenirs sont trs prcieux pour l’histoire et la mmoire. Les photos de cette priode sont bien reprsentes dans l’exposition.

Ainsi, pour construire ce voyage dans le temps l’exposition « La vie d’avant dans le Czallier » offre une slection de ce fonds photographique autour de 16 thmatiques qui racontent diffrents aspects de la vie des habitants des bourgs et des hameaux de notre territoire.

L’association Czallier valle de la Sianne est trs heureuse de pouvoir prsenter une slection de plus de 300 photos issues de cette fabuleuse collection.

Le temps des villages anims
Des modes de vie et de travail

Autrefois les villages taient en perptuel mouvement grce une importante population. La vie communautaire tait forte. On se rencontrait presque quotidiennement tout en vaquant ses occupations. On n’hsitait pas s’assoir sur le pas de la porte et faire la causette avec les passants. Chaque bourg avait une structure sociale varie : paysans, artisans, ouvriers ruraux et commerants. Les vaches parcouraient le village et s’abreuvaient la fontaine. L’cole jusqu’au certificat d’tudes, le passage quotidien du facteur, les activits agricoles et religieuses... contribuaient donner une animation permanente. Et les saisons rythmaient out un mode de vie. Les photos anciennes sont autant de tmoignages d’existence et de relations humaines et de travail.

Le temps des villages anims
Des jeux et des ftes

Dans un territoire loign des centres urbains, on ne partait pas bien loin pour se distraire. Foires Massiac, Blesle ou Allanche, jeux de plein air, sports pour les plus jeunes, musique traditionnelle, bals populaires, ftes profanes saisonnires... tous ces rendez-vous trs attendus constituaient des occasions de rjouissances et permettaient d’oublier les soucis du quotidien et la rudesse de la vie. Toutes les occasions taient recherches pour les retrouvailles des groupes de villageois des bourgs et des nombreux hameaux disperss, une faon d’exprimer son unit et son intgration dans un territoire communal.

Le temps des mtiers de voisinage
Des activits locales

On trouvait autrefois dans les villages et les bourgs une grande diversit d’activits et de commerces polyvalents indispensables la vie en milieu rural. Lorsqu’on avait besoin d’aides particulires selon les saisons on n’allait pas bien loin chercher les personnes comptentes comme le bucheron, le conducteur de la locomobile pour les battages, des journaliers pour les moissons et les vendanges, le tondeur de moutons, le couvreur, l’alambic ambulant.... On vivait en autarcie dans un territoire bien connu avec son caf-picerie, parfois la boulangerie, ses mtiers du bois et du fer..
La vie moderne a branl toutes ces assises des villages communautaires. Jusque dans les annes 1960 qui ont marqu une rvolution agricole et socitale par l’ampleur des transformations de toutes les activits traditionnelles, les progrs de la mcanisation, les nouveaux modes de vie, l’exode vers les villes. Seules restent les photos de ce temps des mtiers de voisinage, traces de la mmoire de la vie d’avant.

Le temps des attelages
Avec les boeufs, compagnons de travail

Avant l’arrive des tracteurs agricoles ont utilisait les boeufs pour tirer les charriots, la charrue, les charrettes de foin, le tombereau de fumier, les arbres coups... Les boeufs sont dociles une fois dresss l’attelage et dveloppent une bonne puissance de travail et sont rsistants l’effort. Jusqu’au milieu du 20me sicle notre territoire du Czallier bruissait du trot de ces attelages de boeufs. Gnralement par paire, indissoluble, les boeufs taient relis par un joug pour leur permettre d’avancer de manire synchrone et d’exploiter au mieux leur force de traction. Ils taient la fiert d’une exploitation.

Le temps de l’activit meunire
Des moulins adapts aux demandes locales

Les moulins taient l’un des ples d’activits du territoire, la machine ncessaire la vie de la population et l’approvisionnement des villages. Le meunier tait l’homme de la technique et souvent l’artisan du progrs en utilisant d’abord de grosses meules en pierre « la grisante et la dormante » pour craser les crales, puis les roues aube et cuillres. Au dbut du 20me sicle il dveloppait l’nergie hydraulique pour le broyage du grain mais aussi pour le fonctionnement des pressoirs huile et pommes et pour faire de l’lectricit. Les moulins ont faonn autour d’eux des sites leur service ; rservoirs, vannes, dversoirs, biefs, pilires travers le lit de la Sianne. Seuls aujourd’hui des btiments vids de leurs engrenages rappellent leur prsence. Ils sont les tmoins muets de la pratique d’une activit qui avait su s’adapter aux poques et aux demandes locales.

Le temps des fours communaux
Quand le village cuisait son pain

Le four pain reste dans l’inconscient collectif le tmoin authentique d’une poque quand le boulanger n’existait pas en milieu rural. Dans chaque hameau un four communal, imposant par sa masse, mlait rgulirement les habitants avec une tonnante convivialit les jours de chauffe. Le four avait un rle essentiel dans la vie quotidienne. Et les anciens se souviennent encore de la mobilisation des familles pour « le jour du pain ». Il fallait d’abord faire provision de bois sec et prparer la pte la veille, puis chauffer le four durant plusieurs heures, ensuite faire tomber la braise, balayer le foyer, rassembler les paillassons, puis enfourner les tourtes prpares par les femmes. Aprs le pain le four recevait la fourne de pts de viande, de tartes, de pompes aux pommes...Longtemps laisss l’abandon, les fours pain du territoire sont progressivement restaurs. Certains sont remis en marche occasionnellement. Par leur prsence ils marquent l’espace et rappellent la vie d’avant

Le temps de l’cole
La photo de classe tmoin de l’enfance

Chaque gnration a accompli le mme parcours : plusieurs annes d’cole. Toutes les communes possdaient leur cole publique et parfois jusque dans les hameaux loigns du bourg. Jusque dans les annes 1960 la population en ge d’tre scolarise tait encore importante dans le Czallier mais aujourd’hui plus de cris et de rires d’enfants dans les villages, les coles ont ferm leurs portes.
Reste la photo de classe pour se rappeler son temps scolaire. Apprcie des enfants, attendue par les familles, la photo de classe constitue l’un des rares rendez-vous communs toutes les coles, la ville comme la campagne depuis la fin du 19me sicle. Toutes les images montrent une cole faite de srieux, mais rvlent aussi des dtails caractristiques des poques : comme les sabots de bois, la tenue vestimentaire avec notamment la fameuse blouse noire puis grise, le short pour les garons, le gilet des filles, les lieux de prise de vue ( l’intrieur souvent dans les annes 1960), mixit permanente des petites classes rurales faute de moyens pour une ducation spare avant qu’elle ne devienne la norme.
La photo de classe restitue des souvenirs pour toutes les gnrations et l’occasion de se rappeler les noms des autres enfants du village, du matre ou de la matresse...
Avec les diffrentes photos de classe qui suivent les annes, toujours conserves dans les familles, c’est bien la nostalgie de la vie d’avant.

Le temps de la conscription
La « classe » et le rituel des conscrits

Les jeunes hommes ayant atteint 20 ans dans l’anne coule devaient se faire recenser la mairie. Au printemps suivant ils taient convoqus au chef-lieu de Canton (Massiac ou Allanche) pour le Conseil de rvision. La plupart du temps ils taient dclars « bons pour le service arm ». Durant des annes il tait de bon ton d’arborer des cocardes, des rubans tricolores, un haut-de-forme... En gnral un photographe tait l pour immortaliser ce moment solennel dans la vie des jeunes hommes de la commune par une photo officielle. Cette tradition qui vient de la loi du 21 mars 1905 qui supprimait le tirage au sort pour instaurer un service militaire obligatoire et universel a rapproch des gnrations d’hommes et pour certains cre de relles et longues amitis.

Le temps des rendez-vous religieux
Des pratiques religieuses intergnrationnelles

Les messe hebdomadaires, les crmonies et ftes ritualises, les processions dans un espace christianis depuis des sicles affirmaient une identit collective des villages. Inscrites dans le territoire de chaque commune les pratiques religieuses donnaient du sens la vie et reprsentaient les principales rencontres collectives intergnrationnelles.

Le temps du gardiennage des troupeaux
Chvres, moutons, vaches surveiller

C’est la course l’herbe qui guidait le berger pour conduire son troupeau d’un pacage un autre notamment aux abords des estives prs des Brches de Giniol, sur le plateau de Lair de Laurie ou encore sur celui du plateau du Bru de Charmensac.. Qu’on gardait des chvres, des moutons ou des vaches, il fallait en permanence tirer profit de la diversit d’une offre fourragre sur son territoire afin d’assurer une alimentation suffisante ses btes pour avoir une bonne production laitire. Garder les vaches la belle saison tait souvent le travail des enfants qui partaient pour la journe. Le gardiennage des chvres pouvait tre confi aux vieux. La garde des moutons et des chvres demandait un certain savoir-faire car il ne suffisait pas d’emmener le troupeau, il fallait tre autonome, connatre les varits fourragres, guider les btes, les empcher souvent de dpasser les limites des communaux ou des montagnes l’estive. Le gardiennage collectif fut aussi pratiqu dans la plupart des hameaux du Czallier. Le recul du pastoralisme induit une profonde modification des pratiques dans des pturages clos.

Le temps des bidons de lait
Avec l’ne en route vers la laiterie

C’est l’tablissement des premires laiteries dans le Czallier ds la fin du 19me sicle qui a incit les petites fermes se pourvoir d’un ne. A la belle saison, comme la traite avait lieu dans les prs, pour transporter les bidons de lait (d’abord en fer puis en aluminium) l’ne fut utilis comme animal de traction, les chemins tant souvent peu carrossable. Brave bte et de bon service, patiente, peu exigeante en nourriture, sa prsence est devenue une ncessit pour la commercialisation du lait aux laiteries avant que ne soit instaur le ramassage par camion citerne. Pour ramener le lait de la traite cette corve quotidienne tait donc dvolue l’ne qui portait les bidons de chaque ct sur un bt en bois ou tirait un « charretou ». L’ne transportait sa cargaison jusqu’ la laiterie la plus proche et souvent rapportait dans ses bidons du petit-lait pour les porcs. Une relle proximit existait avec l’animal qui l’on donnait des noms sympathiques comme Pompon, Baptistou... On l’attelait aussi parfois une voiturette pour aller faire les commissions au bourg.

Le temps de la chasse
Une saison pour chasser seul ou en groupe

Pratique fortement intgre la ruralit, la chasse est un hritage d’une longue tradition historique conquise la Rvolution Franaise pour tout citoyen sans discrimination sociale. Chasser a fait partie pour beaucoup de passionns du Czallier un art de vivre transmis de gnration en gnration et d’un moyen d’obtention de gibier pour sa consommation. Seuls avec un chien ou en groupes, que se soit l’approche ou en battue, le temps de la chasse a imprgn durablement la socit rurale de pratiques, de rites et de croyances. Certains chasseurs ont prfr la chasse individuelle qui donne la primaut de l’acte. D’autres ont particip la chasse collective qui mettait en avant une pratique codifie et mise en scne ou la convivialit du groupe tait autant recherche que l’acte de prise lui-mme.
La pratique de la naturalisation, trs rpandue avant la loi de 1976, a reprsent aussi une vraie tradition locale de mise en scne dans les maisons de ttes d’animaux mais aussi de corps entiers.

Le temps de l’levage familial des cochons
Le jour du cochon

Tuer le cochon la ferme pour sa consommation fut une tradition autant qu’une ncessit pour les familles paysannes. Aprs des mois d’engraissement dans les soues, parfois de vraies petites maisons, le sacrifice du cochon tait un vnement rituel dans l’anne agricole. Au jour du cochon on s’entourait de multiples prcautions pour viter les souffrances l’animal et ne rien perdre de sa chair. On devait donc tre plusieurs pour l’abattage, l’gorgement, le grattage des poils, le dpeage, le nettoyage, le vidage, le dpeage, la dcoupe et l’utilisation de tous les morceaux. Le jour du cochon tait vcu comme une journe importante pour l’alimentation de la famille, un temps fort d’entraide aussi. Avec l’volution des modes de vie et les nouvelles rgles sanitaires cette pratique aujourd’hui quasiment disparu.

Le temps de l’exploitation du sous-sol
Paysans et mineurs de l’antimoine

La richesse du sous-sol de la valle de la Sianne et du Czallier a suscit de nombreuses recherches minires d’antimoine et d’argent au 19me et au 20me sicle dont on trouve encore de nombreuses traces de mines exploites et de galeries de recherches.
Ces petites mines locales ont permis un bref dveloppement conomique du territoire. De nombreux journaliers et paysans ont travaill rgulirement ou occasionnellement dans l’une des mines la grande poque de l’antimoine et argentifre Fournial (Moldes), Conche (Feydit), Pont de Vze, Bosberty (Anzat-le-Luguet), Terret (Blesle). D’autres jusqu’en 1967 travailleront dans les usines de traitement de l’antimoine de Blesle et de Massiac. Une histoire minire et humaine de plus de 60 ans

Le temps des hommes des burons
La dure vie des buronniers l’estive

Durant l’estive sur les montagnes du Czallier, plusieurs centaines d’hommes travaillaient dans les burons de mai octobre, isols et plongs dans un espace naturel rude et un travail d’quipe indissociable par tous les temps.
La surveillance des troupeaux de vaches Salers et la production de l’un des plus gros fromages du monde, la fourme de Cantal (35 45kg), rythmaient les journes de travail de trois ou quatre buronniers par montagne. La fromagerie du buron avait la double particularit d’tre  la fois le lieu de fabrication du fromage et la salle commune pour les repas et souvent la chambre coucher, un inconfort et une promiscuit qui rendait la vie quotidienne peu agrable.
Aprs la traite au parc mobile matin et soir, le lait mis dans une gerle de 150 litres tait transport au buron l’aide d’une perche ou d’un attelage. Commenait alors dans la fromagerie un travail bien rgl selon des techniques prouves : le caillage du lait, la coupe du caill, sa sparation, l’enlvement du petit lait, l’miettement, le passage la presse tome, la mise en moule. Le placement des fourmes dans la cave reprsentait la dernire tape. Restait prendre bien soin des fourmes durant toute l’estive par un affinage rigoureux.

Le temps de la moisson
Faire les foins

La moisson constituait l’un des temps forts de l’anne pour les paysans et s’tendait sur plusieurs semaines au mois de juillet. Traditionnellement la moisson se faisait au rythme des boeufs ou des chevaux. La faucheuse-lieuse a vite remplac le fauchage la main. La pause sur place tait toujours un moment de rpit pour avaler le casse-crote apport dans des paniers par la matresse de maison. Durant quelques jours en plein champs, les gerbes finissaient de scher en tas, moyettes ou encore dans le Czallier en meule, « le plangeou ». Le foin fauch tait ensuite entass sur les charrettes ridelles avec un vrai savoir-faire pour viter de perdre la « charrete » au moindre cahot sur le chemin vers la ferme. C’est au dbut des annes 1960 que les tracteurs ont chang radicalement le travail de la fenaison et de la moisson.

Le temps du battage collectif
Le jour de la batteuse

Commune dans les campagnes franaises vers 1890-1900 la batteuse tait alors mue par une locomobile vapeur ambulante dveloppant gnralement une force de 6 CV. La locomobile tait lourde dplacer. Il fallait un fort attelage pour la transporter d’une ferme l’autre avant l’arrive des tracteurs.
Ce moment important des travaux agricoles d’t qui demandait beaucoup de bras, donnait lieu un travail solidaire entre voisins qui s’aidaient rciproquement pour louer une batteuse avec sa locomobile un entrepreneur de battage. La batteuse tait actionne au moyen de poulies et de courroies par une machine vapeur fixe. Ce systme imposait de rassembler la rcolte en un seul endroit gnralement proche des btiments de la ferme.
La batteuse qui servait battre les crales pour sparer le grain et la paille a permis un norme progrs dans l’agriculture. Les grains sortaient de la batteuse et un homme veillait au remplissage des sacs en toile de jute. Les plus costauds se retrouvaient porteurs de sacs sur leur dos en montant les escaliers jusqu’au grenier grain. Dur travail collectif, la journe de battage se terminait autour d’un copieux repas festif prpar par les femmes.
La moissonneuse-batteuse automotrice en associant simultanment les deux oprations a permis un gain de temps et de productivit mais a mis fin une pratique de travail collectif dans le monde paysan.