Warning: array_shift() expects parameter 1 to be array, boolean given in /htdocs/public/www/config/ecran_securite.php on line 283 Cézallier: le patrimoine de la vallée de la Sianne en Auvergne (Cantal/Haute-Loire)
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METALLURGIE DE L’ANTIMOINE

Emmanuel Basse, industriel de l’antimoine Blesle

Le Babory, ce territoire de la commune de Blesle situ entre le cours de l’Allagnon et la voie de chemin de fer Paris-Bziers avait la particularit d’avoir deux usines de traitement du minerai d’antimoine. Si Emmanuel Chatillon fut le plus connu, un autre industriel a lui aussi marqu les lieux et la production mtallurgique de l’antimoine en Auvergne, Emmanuel Basse. Il ne reste que peu de souvenir de lui sauf sa marque VB pour Vitalis-Basse.

Il y avait donc deux usines d’antimoine au Babory de Blesle situes de part et d’autre du bief et relies par une solide passerelle en bois. Il y avait celle que les gens appelaient « l’usine Basse » et l’autre celle de monsieur Chatillon. Les anciennes cartes postales du dbut du XXme sicle montrent une totale occupation du site du Babory par ces deux usines et leurs hautes chemines.

« Je me souviens raconte Claude Baud, que l’usine Basse occupait les terrains actuels des matriaux Laporte-Bigmat et du garage Roche que mon grand-pre Edouard Chatillon avait obtenu sur adjudication en 1922-1923. Il l’avait rachete avec un industriel de la rcupration monsieur Baurgard un parisien du 20me arrondissement. Celui-ci avait stock trs tt un important tonnage de pneumatiques, chambres air et mme chenilles de vhicules rsidus de la guerre de 14-18. C’tait en prvision d’une grosse pnurie de caoutchouc qui en fait n’a jamais eu lieu. Ce stock norme, compltement dcompos ne sera vacu totalement qu’en 1978.

L’usine Basse idalement situe au confluent de la valle de la Sianne et de l’Allagnon, comprenait des hangars charpente en bois, une chemine en brique d’une quinzaine de mtres de hauteur, une maison d’un tage en bordure de la route nationale avec un logement, des bureaux, un petit laboratoire et le plus tonnant un fenil au premier tage o l’on conservait du foin (le btiment existe toujours).
Par ailleurs, il y avait aussi entre la route nationale et la rivire un norme dpt de mchefer provenant des dchets d’incinration de l’usine sur lequel fut amnag comme souvent un terrain de tennis (aujourd’hui derrire la station de carburant).

Emmanuel Basse est n le 15 mars 1852 Ambert dans le Puy-de-Dme dans une famille de ngociant. Il a fait ses tudes chez les Jsuites Saint-Etienne, puis la facult de Droit de Clermont-Ferrand. Il pouse en 1879 Lontine Vitalis fille de Lon Vitalis, un important fabricant de tissus pour l’arme et les collectivits, bas Lodve. Ils habiteront quatre ans dans une maison de famille Clermont-Ferrand.
Intress comme beaucoup d’hommes de la bourgeoisie  la mtallurgie minire de l’antimoine et ses belles perspectives en Auvergne, il prospecte et met en exploitation des filons dj dcouverts Pressac, la Chireze, Marmeissat et le Cheylat. Il installe une usine de traitement du minerai sur les terrains achets au meunier Antoine Gardy. La premire anne de production de son usine est date selon les archives du BRGM de 1881.
En 1883 il achet au Comte de Mourges le chteau de La Fage sur les hauteurs de la commune de Saint-Etienne-sur-Blesle, au coeur des exploitations du bassin minier Brioude-Massiac. Emmanuel Basse durant cette fin de sicle aura neuf enfants, trois filles et six garons.

Une deuxime usine au Babory

L’Antimoine tait devenu depuis la guerre de 1870 un matriau stratgique car il entrait hauteur de prs de 25% dans les alliages base de cuivre ou de plomb composant les ceintures d’obus et les centaines de billes dans le coeur de ces obus.
En 1886 Emmanuel Chatillon industriel de la mtallurgie de l’Antimoine Brioude la rputation dj bien ancre dans la rgion et au niveau national dcide de s’installer au mme endroit, au Babory de Blesle. Il loue Antoine Gardy ce qui lui reste comme terrain droite du bief, le barrage et le bief lui-mme, l’htel dans lequel il installe des bureaux, un logement et un laboratoire d’analyse. Ces terrains taient ceux non vendus Emmanuel Basse quelques annes plus tt. Emmanuel Chatillon dmarrera donc juste en face l’usine Basse une petite exploitation pour y tester ses inventions et ses brevets. Pendant 20 ans les deux Emmanuel confirmeront en parallle leurs activits propres.
A partir de 1905 les affaires d’Emmanuel Basse connaissent quelques difficults notamment cause de ses clients trangers comme la Russie en pleine Rvolution et d’autres emprunteurs malveillants. Lors de la guerre russo-japonaise de 1904-1905 Emmanuel Basse refuse de revenir sur un contrat de livraison, pour une question de principe, malgr les importantes hausses des cours de l’Antimoine, ce qui accrt les difficults de son entreprise Blesloise face ses concurents.

C’est alors qu’Emmanuel Chatillon dcide de vendre la Socit Franco-Italienne « Miniere e Fonderie d’Antimonio » son usine de Brioude et ses concessions minires d’Ouche, de la Licoune, de la Bessade, de Conche dans la valle de la Sianne, et du Da. Avec cet afflux de capitaux estim 580000 francs or de l’poque l’industriel concurrent de Basse achte l’ancien meunier Gardy tous les terrains dont il tait locataire. Il peut alors agrandir son usine, installer deux centrales lectriques sur le bief et construire un embranchement priv raccord la voie de chemin de fer. Il fait aussi difier par Nol Desfemmes maon sur la commune de Blesle, une chemine de plus de trente mtres de hauteur inaugure en 1907.

Un coup dur pour l’usine Basse qui voit un concurrent beaucoup plus performant au Babory mme. Utilisant comme Emmanuel Basse des minerais pauvres communs en Auvergne, avec souvent 7 8% seulement de sulfure d’Antimoine, Emmanuel Chatillon dispose d’une technique trs performante qu’il a invent et brevet concernant le grillage de ces minerais dans deux fours appels « Cubilots » qui produisent un oxyde trs abondant retenu dans les gaz de la combustion par des filtres. Il installe aussi quatre fours fusion sole. Alors commence pour Emmanuel Basse une dizaine d’annes trs douloureuses pour ses affaires aggraves par ses problmes de sant dus au diabte.

En 1912, il projette de constituer une socit anonyme dite « Commpagnie des Mines d’Antimoine de France », dont le sige social serait Lille, au capital de 2 600 000 francs ralis par 26 actions de 100 francs. Emanuel Basse et son pouse Lontine apporteraient les concessions des mines du Cheylat et de Pressac ainsi que la Fonderie du Babory. En contrepartie ils recevraient part deux 1 000 000 de francs et 6000 actions. Mais la situation conomique est tendue en France et les guerres Balkaniques contribuent entretenir un climat de guerre en Europe. Ce projet n’aboutit pas par manque de souscripteurs. Juste avant la premire guerre mondiale Emmanuel Basse est oblig de cder son concurrent direct son entreprise du Babory.

Survient la dclaration de guerre l’Allemagne en 1914, les fils Basse sont mobiliss. Commence alors pour la famille de l’industriel de terribles preuves. Le soldat Marcel Basse, 22 ans est tu le 24 aot 1914 Oret en Belgique puis le sergent Gabriel Basse, 29 ans le 27 septembre Tracy dans le Val-de-l’Oise.
Marqu par la mort de ses deux fils, les difficults d’exploitation de ses mines et de sa fonderie, le manque de main-d’oeuvre Emmanuel Basse met fin ses jours en 1915 dans son bureau. Il sera inhum Ambert. Un troisime fils, le Sous-lieutenant Lon Basse, observateur, sera tu en combat arien le 19 septembre 1917 au-dessus de Gury dans l’Oise. Joseph Basse, prisonnier sera libr la fin de l’anne 1918.

Le chteau de La Fage et le domaine seront achets sur adjudication en 1937.


Sources : Tmoignage de monsieur Claude Baud, 2014,


Les deux fonderies Basse-Vitalis (gauche) et Chatillon (droite)